Insolite

Les insectes, aliments de demain ?

Par Faustine Mauerhan, France Bleu Bourgogne jeudi 17 septembre 2015 à 17:15

Des vers de soi ail et fines herbes produits par un entomoculteur de l'Yonne.
Des vers de soi ail et fines herbes produits par un entomoculteur de l'Yonne. - Faustine Mauerhan

Nous sommes plus de 7 milliards d’êtres humains sur la planète. Et bientôt, il sera difficile de nourrir tout ce monde là. Alors à Dijon, au sein de l’université de Bourgogne, des étudiants en master nutrition santé cherchent de nouvelles solutions. Et les insectes sont une piste sérieuse.

Grillons mozzarella en entrée, poêlé de vers à soi au citron en plat principal et glace de criquet en dessert. Cela vous tente ? Figurez vous que ça ne sera peut-être bientôt plus un menu exotique mais celui de la ménagère de base… En tout cas, à l’université de Bourgogne, à Dijon, les étudiants en Master 2 nutrition santé travaillent sur la question. Et leur conclusion est claire : les insectes marquent beaucoup de points. Plus écologiques, plus nutritifs, plus simples à élever. Reste plus qu’à réussir à les manger !

Plus de protéines qu’un steak de bœuf

Un petit grillon entre votre tartine et le café ? Ça vous tente ? Non ? Vraiment ? Pourtant, les insectes sont parfaits pour le petit-déjeuner. Pleins de protéines, c’est de l’énergie pour toute la matinée. "Ils sont hyper protéinés, explique Nicolas Lesur, entomoculteur dans l’Yonne, c’est-à-dire producteur d’insectes. Il y a 60% de protéines dans 100 g de grillons contre 20% dans le bœuf par exemple. Ils sont aussi riches en fer, en vitamines B1, B2, B3. Les insectes contiennent également très peu de matière grasse et elle est non saturée surtout", appuie l’éleveur.

Des grillons à la tomate séchée élevés dans l'Yonne. - Radio France
Des grillons à la tomate séchée élevés dans l'Yonne. © Radio France - Faustine Mauerhan

Un pas psychologique à faire franchir aux Français

Les grillons et autres vers de soi sont aussi bien plus écologiques à produire. Il consomme par exemple peu d’eau. "Il faut quinze mètres cube d’eau pour produire un kilo de bœuf, continue Nicolas Lesur, contre un demi-litre pour un kilo d’insectes."  Ils prennent également peu de place et peuvent s’élever en hauteur, dans des bacs. On est loin de l’immense "Ferme des milles vaches"... Mais, il reste un pas culturel et psychologique à franchir. A une dégustation organisée par les étudiants bourguignons, les goûteurs grimacent, hésitent puis se lancent parfois en se bouchant le nez. "Finalement, c’est plutôt bon, c’est assez farineux mais c’est tout", décrit Louis, un camarade.

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