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Les Vikings ont laissé des traces dans le Cotentin

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Par , France Bleu Cotentin
Valognes, France

Des chercheurs de l'université de Leicester (Angleterre) viennent de publier les résultats d'une enquête portant sur 89 échantillons ADN prélevés sur des Manchois en juin dernier. L'objectif était de montrer l'héritage génétique laissé par les Vikings dans le Nord-Cotentin.

On a trouvé des marqueurs génétiques plus répandus en Europe scandinave
On a trouvé des marqueurs génétiques plus répandus en Europe scandinave © Maxppp - Salvador SAS

Un influence viking qui se voit d'abord dans un certain nombre de noms de famille, très répandus dans le Nord-Cotentin : Anquetil, Equilbec, Ingouf, Osouf... Et de lieux (Bricquebec, par exemple). Le Cotentin, une région colonisée à partir de la seconde moitié du IXe siècle. Notamment lors de l'hiver 889-890 avec le massacre de Saint-Lô par les troupes vikings.

Cette étude, c'était donc le moyen de voir si au-delà des lieux, quelle a été la contribution réelle des Vikings au patrimoine génétique des hommes du Cotentin. En juin dernier, des prélèvements ADN ont été effectués sur un panel d'hommes. Il fallait  remplir plusieurs critères : avoir un patronyme scandinave et avoir ses quatre grands-parents nés et ayant vécus (ou vivant encore) dans un rayon de 50 km de leur lieu de vie actuel. Une telle stabilité dans la localisation géographique, et sur une période de trois générations en arrière, est un moyen très efficace d’utiliser l’ADN pour remonter dans le temps, et ce même sur de très longues périodes.

L'héritage viking du Cotentin

Ainsi, 89 prélèvements ont été réalisés les 15 et 16 juin à Valognes (Manche). "C'est une démarche novatrice, permettant d'approfondir des connaissances avec nos collègues anglais", explique Julien Deshayes, le directeur du Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin, partenaire de l'opération.

L'obstacle de la loi

Des résultats qui ne resteront que globaux, car la législation française - à l'inverse du Royaume-Uni - empêche toute individualisation. Ainsi, impossible pour chaque participant de savoir s'il descend bel et bien d'un Viking. On en restera pour l'instant à des statistiques totales issus des 89 prélèvements. "La génétique historique est pleine d’ambiguïté", commente Richard Jones, historien.

"La donnée scientifique vaut d'abord comme donnée statistique"

"C'est vrai que c'est un petit peu décevant. C'est une réglementation propre à notre pays, qui a aussi ses fondements et ses raisons d'être. Il faut quand même se rappeler que la France a eu un comportement un peu trouble sur la question, notamment lors de la Seconde guerre mondiale. Donc c'est normal qu'on ait aujourd'hui une certaine précaution. Je ne souhaite pas porter la polémique", énonce Julien Deshayes.

"Une réglementation qui a aussi ses fondements"

Conséquence : dans la salle, certains restent sur leur faim. "C'est un résultat mi-figue, mi-raisin. mais c'est vrai que ces enquêtes sont coûteuses, longues et difficiles", commente Noël. "J'aurais bien aimé avoir plus de précisions personnelles sur ma famille, ajoute Bruno. Peut-être aurai-je la réponse plus tard."

Alexandre aurait souhaité savoir si du sang de Viking coule dans ses veines, lui le passionné d'histoire et du monde scandinave. "J'aime bien savoir d'où je viens", explique-t-il. Son nom ? Esnouf. "Un nom d'abord germanique, puis scandinave". Le jeune Glacérien de 23 ans fait des reconstitutions historiques. L'occasion de briser quelques clichés sur les "barbares" Vikings. "Par exemple, ils n'ont jamais eu de casques à cornes. C'était pas des grands barbares comme on pouvait l'entendre. C'était des marchands, des fermiers qui partaient en expédition l'été pour essayer d'avoir plus de richesses", ajoute-t-il.

Mixité des origines

"Ce qui est surtout important, c'est l'intérêt général", confie pour sa part, Yves-Marie. "Le résultat individuel pur n'a pas vraiment de signification pour l'historien. La donnée scientifique vaut d'abord comme donnée statistique, explique Julien Deshayes. Le résultat individuel, c'est un peu plus de l'astrologie que d'autre chose. On a accès qu'à 2% de l'héritage ADN. Là, on avait 89 individus, ça commence à donner de vrais résultats. Et ça confirme surtout une appartenance à un espace de l'Europe du Nord".

Réactions de "cobayes"

Principal enseignement de cette étude : la mixité des origines. Angleterre, Irlande, et même bassin méditerranéen. "On vient tous d'origine très différentes", note Michel.

Une étude qui demande donc d'aller plus loin, d'affiner, de comparer. D'ailleurs, des travaux du même types devraient être menés dans d'autres secteurs de la Normandie.

"Cette étude confirme une appartenance à l'Europe du Nord" (Julien Deshayes)
"Cette étude confirme une appartenance à l'Europe du Nord" (Julien Deshayes) © Radio France - Pierre Coquelin
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