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Insolite

Malvoyant, il marche 213 km en autonomie

lundi 4 mars 2019 à 6:01 Par Julien Corbière, France Bleu Occitanie et France Bleu

Parti le 22 février de Carcassonne, David Labarre marche en direction d'Aspet au sud de Saint-Gaudens. Cet ancien champion de cécifoot s'est lancé dans un trek avec pour seule aide des feuilles écrites en braille qui lui indiquent son chemin. Il devrait terminer ses 213 km samedi prochain.

David Labarre relit sa direction le soir, à son campement au Mas d'Azil, le 28 février.
David Labarre relit sa direction le soir, à son campement au Mas d'Azil, le 28 février. © Radio France - Valentin Belleville

Le Mas-d'Azil, France

David Labarre multiplie les exploits sportifs. Le Toulousain, vice-champion de cécifoot aux jeux paralympiques de 2012, est parti le 22 février de Carcassonne avec son sac de 20 kg sur le dos pour un trek de 213 km. Habitué à l'alpinisme en équipe, c'est seul qu'il part à l'aventure cette fois. Le trentenaire est en autonomie totale, sans GPS. Seules des feuilles écrites en braille lui indiquent le chemin à emprunter.

Avancer en braille

"Laisser un pont sur la droite et continuer sur la route avant le hameau de la Plagne", lit David avec ses mains. Quelques dizaines de feuilles sont soigneusement rangées dans son sac à dos. Remplies de petits points, elles le guident chaque jour vers son objectif. Mais avec moins d'un dixième d'acuité visuelle, tout devient compliqué. 

Souvent je marche des kilomètres dans la mauvaise direction, c'est très frustrant et très dur."

Des dizaines de feuilles écrites en braille permettent à David de se guider dans son aventure - Radio France
Des dizaines de feuilles écrites en braille permettent à David de se guider dans son aventure © Radio France - Valentin Belleville

A chaque pas, l'ancien capitaine de l'équipe de France de cécifoot doit redoubler de concentration. D'une main, il tient son bâton, de l'autre sa feuille du jour. Lui qui a grandi dans les montagnes a développé des techniques pour se repérer et ne pas tomber :"mes pieds me servent énormément, quand c'est dur ça veut dire que je marche sur la route. Quand c'est mou, c'est que je suis sur l'herbe ou la mousse en bord de chemin."

Tout dans la tête

Parfois ça ne suffit pas, David se perd régulièrement. Comme ce jour-là, près de Pamiers où il décide d'attendre que quelqu'un passe après avoir tourné pendant deux heures :"Il y a des chemins qui partent partout, je ne m'en sors pas. Et là, un jeune arrive, je lui demande de me guider jusqu'en haut de la montée. Il me dit qu'il courre et qu'il ne veut pas marcher. Alors je lui dis que je vais courir avec lui ! _J'ai couru avec mon sac de 20kg sur le dos sur une piste très inclinée_, c'était terrible. Mais je n'avais pas le choix, il y a des moments où il faut juste avancer, tu n'as pas d'autre option".

David s'est équipé d'un sous-matelas gonflable pour l'isoler complètement des sols humide et froid. - Radio France
David s'est équipé d'un sous-matelas gonflable pour l'isoler complètement des sols humide et froid. © Radio France - Valentin Belleville

Le soir quand il se pose enfin, le travail n'est pas fini, loin de là. Il faut qu'il monte sa tente et qu'il fasse bouillir son eau avant que la nuit ne tombe. Un sachet de nourriture lyophilisée dans lequel il verse de l'eau bouillante. Et puis c'est l'heure de se glisser dans son duvet, avant de repartir tôt le matin. Pour lui tout est dans la tête, s'il marche seul c'est pour se prouver qu'il peut le faire et parce que sa fille et ses proches comptent sur lui. Il a déjà hâte de les retrouver à Aspet, samedi 9 mars.