Insolite

Naruto, le singe qui a pris un selfie, va-t-il toucher des droits d'auteur ?

Par Julien Baldacchino, France Bleu mercredi 23 septembre 2015 à 14:23

L'une des photos réalisées par le singe Naruto en 2011
L'une des photos réalisées par le singe Naruto en 2011 © Max PPP

La célèbre association de défense des animaux PETA a déposé lundi une plainte aux Etats-Unis au nom de Naruto, un macaque qui s'est fait connaitre en prenant des "selfies", en 2011. L'association assure que c'est le singe, qui a appuyé sur le déclencheur, qui est le propriétaire de la photo.

Un singe peut-il être propriétaire d'une photo ? Et plus globalement, un animal peut-il être propriétaire de quelque chose ? C'est cette épineuse question que va devoir trancher le tribunal fédéral de San Francisco. L'association américaine de défense des animaux Peta, connue notamment pour ses actions contre la fourrure, a porté plainte lundi contre le photographe David Slater et son éditeur, au nom de Naruto... un macaque de six ans.

"Ruineux" pour le photographe

Le conflit qui oppose le photographe au singe ? Une affaire de selfie qui date de 2011. Lors d'un voyage en Indonésie, David Slater pose son trépied en forêt, avant de s'absenter quelques minutes. En revenant, il découvre que le macaque s'est emparé de l'appareil photo et a appuyé sur le déclencheur, capturant ces deux amusants "selfies".

Le propriétaire de l'appareil photo affirme donc qu'il est l'auteur de ce cliché, et que les droits d'auteur lui reviennent. "Tout ça est ruineux pour moi", a-t-il déclaré par rapport au fait que la photo à très largement circulé sur Internet, notamment sur la base de données Wikimedia Commons qui l'a mentionnée comme photo "libre de droits".

Un animal propriétaire ?

Pour PETA, "il est plus que temps" d'engager une procédure de ce type. L'association compte s'appuyer sur un vide juridique : "La loi américaine sur les droits d'auteur n'interdit pas à un animal de détenir de la propriété intellectuelle, et puisque Naruto a pris la photo, les droits lui en reviennent, comme ce serait le cas pour un humain", explique l'association dans le document de plainte. 

Si le tribunal donne raison à l'association, "ce sera la première fois qu'un animal est déclaré propriétaire plutôt que propriété", souligne PETA. Ce sera également la première fois au monde qu'un droit, autre que les droits naturels à la nourriture, à un toit ou aux soins, est reconnu à un animal