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Nouveau virus de la tomate : qu'en pensent les spécialistes de l'Yonne ?

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Par , France Bleu Auxerre

Angoisse au potager. Un nouveau virus menace les tomates, les piments et les poivrons... L'Agence nationale de sécurité alimentaire (Anses) vient de lancer une alerte. Deux spécialistes icaunais nous donnent des conseils pour protéger nos jardins.

Les tomates ont beaucoup souffert de la canicule
Les tomates ont beaucoup souffert de la canicule © Radio France - Sébastien Cabrita dos Santos

On l'appelle "le nouveau virus de la tomate" ou le "tomato virus". Son vrai nom : ToBRFV pour "Tomato Brown rugose fruit virus" ou "Virus du fruit rugueux de tomate brune" en français. Cette maladie est apparue en Jordanie et en Israël en 2014. Elle n'a pas encore été observée en France mais on la trouve déjà chez nos voisins européens, notamment au Portugal, en Italie, en Espagne et en Allemagne, mais aussi au Royaume Uni et aux Pays Bas. 

Totalement inoffensif pour l'homme

Le risque d'une apparition en France est donc imminent et c'est pour cela que l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) et le ministère de l'agriculture invitent les particuliers et les professionnels à surveiller leurs plantes, pour repérer celles qui pourraient être infectées et éviter une propagation de ce virus, totalement inoffensif pour l'homme mais très destructeur pour les plantes. Il n'y a aujourd'hui aucun traitement ni aucune variété résistante à ce nouveau virus, et il peut se répandre très vite.

Conseil numéro un : faire attention à la provenance des semences

"La première chose à faire, c'est d'être très vigilant quand on achète des graines", explique Michel Frimour, jardinier, membre de la société horticole de l'Yonne et collectionneur de tomates. Selon ce grand amoureux de la tomate, qui possède 135 variétés, cultive à peu près 40 à 45 variétés par an et fait ses graines lui-même, le risque principal : "c'est d'acheter des graines sur Internet, sans savoir si elles sont indemnes du virus ou pas". Il conseille donc "de privilégier les échanges avec des gens qu'on connait, en qui on a confiance, où on sait qu'il n'y aura pas de virus dans les graines. Mais ça, ça marche à condition de bien connaître les gens", ajoute Michel Frimour.

Tomates attaquée par un virus en 2004
Tomates attaquée par un virus en 2004 © AFP - Philippe Giraud / Biosphoto

Conseil numéro 2 : inspecter régulièrement les plantes

Mais si le virus s'installe, à quoi ressemble une tomate infectée ? "Le virus attaque la plante par le haut de la tige, redescend jusqu'aux racines et dessine des mosaïques sur les feuilles avec des zébrures vertes et jaunes. Dans la fleur, il y a des zones brunes et marrons. Ensuite, les fruits qui en découlent sont plus ou moins déformés. Ils ont des couleurs bizarres, des formes bizarres, une peau plus ou moins rugueuse. Et ça ne ressemble pas à une tomate, en fait", explique Michel Frimour.

D'ici deux semaines, le jardinier va commencer à planter les variétés de tomates les plus précoces. D'abord en serre, puis, "après les saints de glace", en pleine terre. C'est là qu'il faudra être particulièrement vigilant. Il faudra éviter le passage dans les jardins, bien observer les plantes et ne pas hésiter à détruire immédiatement celles qui paraissent malades. "La seule chose à faire quand on a une plante qui est infectée, c'est de l'arracher tout de suite et de la brûler", poursuit le spécialiste.

Conseil numéro 3 : nettoyer et désinfecter les outils

Car ce virus peut infecter rapidement jusqu'à 100% des plantes sur un même site de production. D'où la vigilance des professionnels, comme Xavier Chavey, des jardins de Laborde. Il produit 40 tonnes de tomates par an. Face à ce nouveau virus, lui et son équipe vont être plus attentifs au quotidien, mais sans inquiétude excessive : "On va continuer à travailler comme on le fait déjà depuis longtemps. Cela fait des années qu'on désinfecte nos matériels, couteaux ou sécateurs, dans l'eau de javel plusieurs fois par jour. Donc ça ne va pas changer grand chose à notre façon de produire. Si ce n'est qu'on fera plus attention, certainement, à nos fruits", explique-t-il. 

Xavier Chavey a aussi une confiance totale en ses partenaires : "On s'est toujours assuré d'avoir un producteur qui nous fournisse des plans sains. Cela fait 15 ans que nous avons les mêmes producteurs de plants, donc on a confiance", poursuit le responsable.

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