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Insolite

Diabétique, ce Haut-Garonnais va courir 250 km dans le désert marocain

dimanche 22 avril 2018 à 5:09 Par Clémence Fulleda, France Bleu Occitanie

Jean-Michel Tavernier, habitant d'Aigrefeuille, en Haute-Garonne, a découvert qu'il était diabétique en 2011. Après avoir complètement arrêté le sport, cet ancien judoka a décidé de se remettre à courir avec un objectif : le Marathon des sables. Une course de six jours et 250 km prévue pour 2019.

Jean-Michel Tavernier s'entraîne pour 6 étapes de 30 à 90 kilomètres chacune en autonomie.
Jean-Michel Tavernier s'entraîne pour 6 étapes de 30 à 90 kilomètres chacune en autonomie.

Occitanie, France

C'est une course mythique à laquelle se prépare Jean-Michel Tavernier. Cet habitant d'Aigrefeuille, au sud-est de Toulouse, veut faire le Marathon des sables l'année prochaine. En soi le défi est grand, il l'est d'autant plus lorsque l'on sait que ce Haut-Garonnais est diabétique.

250 kilomètres dans le désert ? "C'est génial!"

Qui a déjà fait un marathon tout court sait que les coureurs du Marathon des sables jouent dans une autre catégorie. 

Imaginez : 250 kilomètres dans le désert marocain, en six étapes. Trois d'une trentaine de kilomètres, une de 90 km, une de 42 km et enfin une dernière d'une vingtaine de kilomètres. Le tout en portant sa nourriture et son matériel, puisque l'organisation ne fournit que l'eau et les tentes. 

Jean-Michel Tavernier a découvert cette épreuve par hasard, en lisant un article. "J'ai regardé ensuite des vidéos sur youtube et j'ai trouvé ça extraordinaire ! J'aime le défi et c'est l'occasion de me mettre un coup de pieds aux fesses", raconte-t-il. Et le voilà inscrit pour l'édition 2019. 

La force du mental ...

"Un coup de pied aux fesses" car en 2011, cet ancien judoka (ceinture noire tout de même!) a complètement arrêté le sport quand il a découvert qu'il était diabétique de type 1.  

Il faut dire que les traitements sont lourds, Jean-Michel Tavernier doit avoir quatre piqûres d'insuline par jour car son pancréas ne fonctionne pas correctement et ne secrète pas assez d'insuline qui permet normalement au sucre de passer du sang vers les organes.  En France, sur les 3,7 millions de personnes atteintes de diabète, 10% sont de type 1. 

Jean-Michel Tavernier garde le sourire à l'entraînement.  - Aucun(e)
Jean-Michel Tavernier garde le sourire à l'entraînement.

Jean-Michel Tavernier "perd pied", comme il le confie. Puis se ressaisit donc pour s'entraîner pour ce marathon des sables ; mais avec le manque d'entraînement et la fatigue du diabète, il faut un sacré mental. 

Mon premier footing j'ai du faire 5 ou 6 kilomètres maximum et j'étais épuisé. Mais je me suis dit "ce n'est pas grave demain je ferai 500 mètres de plus et après demain un quart d'heure de plus". Actuellement, je fais entre trois et cinq entraînements par semaine, de 15 à 20 km chacun. — Jean-Michel Tavernier

Il a aussi fait le marathon de Toulouse cette année et prévoit de faire le trail du Barétous ce dimanche 22 avril (25 km dans le Béarn avec 1300 mètres de dénivelé), ainsi que le trail de Toulouse Métropole en novembre. 

... mais un nécessaire accompagnement médical 

S'il n'y a aucune contre-indication à faire du sport en étant diabétique, se lancer dans des défis aussi extrêmes, est très rare et nécessite d'être bien accompagné par des médecins.

Dans son sac à dos, outre son duvet, des plats lyophilisés, des barres de céréales et des vêtements, il devra en effet avoir des doses d'insuline et du matériel pour contrôler son diabète. 

Pierre Gourdy, diabétologue au CHU de Rangueil à Toulouse lui a fourni un capteur, disponible sur le marché et remboursé depuis l'an dernier mais peu connu. 

Ce capteur a la taille d'une petite pièce de 2 euros. On le pose sur la peau, on passe un lecteur ou un smartphone et ça donne l'estimation de la glycémie, une flèche de tendance qui dit si ça monte ou ça descend et ce qui s'est passé dans les huit dernières heures. — Dr Pierre Gourdy

Voilà à quoi ressemblent les capteurs et le lecteur pour contrôler le diabète. - Aucun(e)
Voilà à quoi ressemblent les capteurs et le lecteur pour contrôler le diabète.

Le médecin assure par ailleurs que les doses d'insuline pourront être stockées dans des sacs isothermes. Mais il préférerait que Jean-Michel Tavernier ait une assistance qui puisse lui apporter des doses d'insuline en cas de problème. 

Le Haut-Garonnais est par ailleurs en contact avec un professionnel diabétologue du CHU de Chartres, qui a déjà suivi un groupe de diabétiques ayant réussi à finir le Marathon des sables il y a quelques années. Son ami, François Crampes, ancien maître de conférences en physiologie à l'université Paul Sabatier de Toulouse l'accompagne également. 

A la recherche de sponsors

Jean-Michel Tavernier espère aussi pouvoir partager son expérience avec des associations afin de montrer que l"'on n'arrête pas de vivre quand on est diabétique".

Il est également à la recherche de sponsors car la course va lui coûter environ 6 000 euros. _"_Mais cela peut être une aide logistique, du prêt de matériel, un don de chaussures ou de vêtements, de la nourriture etc.", précise-t-il.

Pour contacter Jean-Michel Tavernier : jean-micheltavernier@orange.fr