Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Insolite

Ceux qui font vivre les îles 2/4 : les religieuses quittent définitivement Ouessant

mardi 31 juillet 2018 à 7:06 Par Annaïg Haute et Benjamin Bourgine, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu

Il n'y aura plus de bonne sœur à Ouessant à partir du mois de septembre. Faute de vocation, les Filles de la sagesse quittent l'île. Une petite révolution puisqu'elles participent à la vie locale depuis près de 160 ans à travers l'école, la maternité ou encore la pharmacie.

Dans un mois, Sœur Ginette prendra le bateau avec son homologue Sœur Marie-Thérèse. Ce sera la fin de la communauté à Ouessant.
Dans un mois, Sœur Ginette prendra le bateau avec son homologue Sœur Marie-Thérèse. Ce sera la fin de la communauté à Ouessant. © Radio France - Annaïg Haute

Bretagne, France

C'est une petite révolution, pour les Ouessantins. En 158 ans, la congrégation religieuse a participé à la vie de l'île bien au delà de l'animation des offices religieux. Les Filles de la sagesse quittent ce bout du monde avec regret, faute de vocation pour prendre leur suite. 

L'école en hiver... Les colos en été!

Les Filles de la sagesse sont très implantées dans la vie insulaire. L'une des deux religieuses toujours en poste, sœur Marie-Thérèse, a passé près de 30 ans de sa vie sur l'île. De retour depuis un an à Ouessant, elle se souvient : "J'avais une quarantaine d'élèves dans ma classe, des CM1 et des CM2. Je trouvais que les enfants étaient faciles, on n'avait pas de problème, jamais. Les parents aussi étaient faciles, ils étaient toujours d'accord."

"Avec les sœurs, on se tutoyait!"

Yvonne, dont les enfants étaient à l'école avec les sœurs, se souvient : "Avec les sœurs, on se tutoyait, on était copines ! J'avais une enfant handicapée, ajoute-t-elle, émue. Sœur Michèle s'est occupée de ma fille, elle m'a aidé, c'était formidable !" Au passage elle salue aussi : "toutes les autres, sœur Jean-Louis, sœur Marie Thérèse... Toutes ces sœurs qu'on a beaucoup aimé !"

Reportage à Ouessant d'Annaïg Haute

Cours, colo... les sœurs organisaient un peu la vie de l'île

La communauté est aussi à l'origine de la mise en place du cours ménager, pour éviter aux adolescentes de partir en pension sur le continent. Les religieuses organisaient même des colonies de vacances, l'été, à la montagne pour occuper les petits Ouessantins.

Les fidèles de Ouessant avaient l'habitude de voir les religieuses participer à la messe. - Radio France
Les fidèles de Ouessant avaient l'habitude de voir les religieuses participer à la messe. © Radio France - Annaïg Haute

La pharmacie et la maternité 

Les sœurs ont été jusqu'à une dizaine sur l'île, elles s'investissaient dans de nombreux domaines. Elles avaient par exemple monté une petite officine, à l'époque où il n'y avait pas de pharmacie. "On avait une petite réserve de médicaments, le médecin disait de venir chercher de l'aspirine, ou du sirop chez nous, explique sœur Marie-Thérèse. Et quand la pharmacienne qui voulait s'installer s'est présentée, on a tout de suite arrêté."  

La pharmacie se trouvait dans la clinique-maternité (dans les locaux de l'actuelle auberge de jeunesse), et les sœurs ont accompagné de nombreux accouchements à Ouessant. Aujourd'hui, cette structure a fermé et la religieuse qui assurait les soins a arrêté de le faire quand une infirmière est venue assurer les soins sur l'île. "Petit à petit, les choses ont changé", ajoute soeur Marie-Thérèse.

Quelques tensions avec l'école publique

Le maire Denis Palluel, affirme que c'est surtout la société qui a évolué. "La société, c'est heureux, s'est laïcisée. On est dans un contexte beaucoup plus apaisé que ça a pu l'être. J'ai beaucoup de respect pour les sœurs mais, à l'époque, la religion avait un rôle très pesant sur l'île. Ceci dit, les sœurs ont toujours été là, elles ont un rôle avant tout social, c'est pour ça que les gens regrettent leur départ." D'ailleurs Yvette, qui a connu l'école des sœurs, est très attristée par ce départ : "Les personnes âgées vont trouver bizarre qu'elles partent, ça va leur changer la vie. Elles faisaient des jeux de société avec les personnes âgées, elles visitaient les malades... On a toujours connu les sœurs ici !"

Les congrégations religieuses ont du mal à maintenir une présence sur les îles, les religieuses de l'île de Sein ont également quitté leur île il y a deux ans.  Ce sera également le cas à Ouessant dans un mois. 

Les autres épisodes de cette série de France Bleu Breizh Izel :

1/4 - Embarquement vers l'île de Sein - Léo Rozé

3/4 - L'avitaillement des îles des Glénan - Benjamin Bourgine

4/4 - Ti Beudeff, l'institution de Groix - Léa Duperrin