Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Insolite

Paris : des œuvres de street art dérobées par de faux agents municipaux

vendredi 4 août 2017 à 20:32 Par Denis Souilla, France Bleu Paris et France Bleu

La Ville de Paris va déposer plainte contre X au titre d'usurpation de fonction et de préjudice pour l'image de la ville contre un groupe de voleurs qui s'en prend actuellement à des fresques de street art dans les rues de la capitale. Ils se font passer pour des agents municipaux.

Les voleurs pris sur le fait dans les rues parisiennes
Les voleurs pris sur le fait dans les rues parisiennes - © Bastien Lopez (Capture d'écran Twitter @BastienLopez_)

Paris, France

La Ville de Paris a décidé de déposer plainte contre X au titre d'usurpation de fonction et de préjudice pour l'image de la ville contre un groupe de voleurs qui s'en prend actuellement à des fresques de street art dans les rues de la capitale. Ces fresques appellées "invader", du nom de l'artiste qui les pose, font désormais partie du patrimoine parisien. Ce sont des petites bestioles réalisées à partir de carreaux de mosaïque ou de carrelage. Croisées dans les recoins, à l'angle des boulevards et avenues ou cachées dans les ruelles, elles sont multicolores ou en noir et blanc.

  - Aucun(e)

En gilet jaune, équipés d'une échelle

Alors que l'artiste Invader est un habitué de la discrétion -il pose ses fresques la nuit et souvent masqué-, les voleurs qui sévissent actuellement ne prennent pas autant de précaution. Ils agissent en plein jour, avec sur le dos un gilet jaune fluo réfléchissant, au sommet d'une échelle, avec des plots orange autour de la scène, pour donner d'impression qu'un intervention technique est en cours. Et pour cause, ils n'hésitent pas à expliquer à qui veut qu'ils interviennent au nom de la mairie de Paris.

"Un des deux hommes vient vers moi et m'explique qu'ils sont envoyés par la mairie de Paris, que l'artiste Invader a été condamné pour avoir posé une des ses œuvres sur Notre-Dame-de-Paris, et donc que la Mairie de Paris a décidé de faire retirer toutes ses œuvres" — Pierre Ropert, témoin de vols d'Invader, amateur de street art

Pierre Ropert, amateur de street art, témoin des vols dans la rue

Des vandales menaçants avec les passants dans la rue

Les voleurs ont déjà dérobé une dizaine de fresques. Pour passer inaperçu dans la rue, les voleurs n'hésitent pas à inventer un scenario bien rôdé et, disons-le, assez culotté. Pierre Ropert qui a rencontré deux hommes en gilet jaune, explique : "un des deux hommes vient vers moi et m'explique qu'ils sont envoyés par la mairie de Paris, que l'artiste Invader a été condamné pour avoir posé une des ses œuvres sur Notre-Dame-de-Paris, et donc que la Mairie de Paris a décidé de faire retirer toutes ses œuvres". C'est bien sûr totalement faux. L'artiste Invader lui-même a démenti sur Instagram, comme la Mairie de Paris.

De plus, quand certains témoins prennent en photos les voleurs de façon un peu insistante, à visage découvert, ceux-ci n'ont pas hésité à les menacer. Néanmoins, les photos circulent de plus en plus sur les réseaux sociaux, comme le numéro d'immatriculation de leur voiture Mercedes de couleur noire.

Qui sont ces voleurs ?

Les vols de fresques d'Invader se sont faites plus nombreuses ces dernières années. Ils sont mêmes beaucoup plus fréquents l'été à en croire David, un ancien policier, fan absolu des petites mosaïques. "L'été, comme beaucoup de propriétaires sont absents, il y a beaucoup plus de touristes dans Paris, donc ils profitent que les Parisiens ne soient pas là, qu'il y ait moins de monde dans les rues pour voler". Les pièces volées se retrouvent très fréquemment sur les plates formes eBay ou Le Bon Coin. Parmi les annonces, trouvées sur les deux sites, les prix varient aux alentours d'une cinquantaine d'euros.

David, un ancien policier, fan absolu des fresques d'Invader

"Il y a deux groupes (...). Un qui agit sur commande et qui travaille beaucoup avec l'étranger avec des personnes qui sont amatrices de street art avec une clientèle asiatique et américaine. Par ailleurs, il y a un groupe plus local qui veut plus les écouler sur un marché noir et un marché internet" — David, ancien policier, fan des fresques d'Invader.

Avant / après : l'exemple de cette fresque

Il n'y a pas que les fresques d'Invader qui sont pillées. Celles d'autres artistes comme Mr Djoul sont également décollées des murs. Ci-dessous, deux photos prises à quelques jours d'écart : celle de gauche date du 31 juillet, l'autre du 4 août.

Ces deux photos : prises dimanche 31 juillet (à gauche) et vendredi 4 août (à droite). - Radio France
Ces deux photos : prises dimanche 31 juillet (à gauche) et vendredi 4 août (à droite). © Radio France - Denis Souilla

Sur les réseaux sociaux, la liste des œuvres disparues

  - Aucun(e)
  - Aucun(e)
-
  - Aucun(e)