Insolite

A Péchabou, près de Toulouse, les sangliers s'invitent en ville et causent de gros dégâts

Par Rémi Vallez, France Bleu Toulouse et France Bleu jeudi 29 décembre 2016 à 6:00

Depuis l'assaut d'un sanglier dans son jardin il y a quelques semaines, certains semis plantés par Charles ont pu repousser, mais pas en quantité espérée...
Depuis l'assaut d'un sanglier dans son jardin il y a quelques semaines, certains semis plantés par Charles ont pu repousser, mais pas en quantité espérée... © Radio France - Rémi Vallez

Depuis plusieurs semaines, la petite commune de 2.000 habitants est la cible d'une harde d'une trentaine de sangliers qui provoquent d'importants dommages dans les jardins des particuliers comme sur les terres agricoles.

"Ce n'est pas une affaire d'Etat, mais c'est quand même très préoccupant ! ". François Guyraud, le président de l'association communale de chasse agrée de Péchabou (ACCA) pèse ses mots. Depuis plusieurs semaines, les journées de ce retraité sont presque toutes dédiées à une activité : la chasse au sanglier envahisseur, qui a élu domicile dans les environs de Péchabou, près de Castanet. On en compterait pas moins d'une trentaine, du jamais vu selon lui.

La présence de cette harde de sangliers, un phénomène exceptionnel pour François Guyraud président de l'ACCA de Péchabou

Les dégâts causés par les sangliers, laies et autres marcassins sont bien visibles. Parterres de fleurs ravagés, potagers saccagés, gazons et verdoyantes pelouses retournés, parsemés de trous... Les péchaboliens comme Charles ne cachent pas leur agacement, lui qui a été victime de l'oeuvre d'un ou plusieurs sangliers dans son potager. "J'ai du dire adieu aux radis, aux salades, aux épinards, à la mâche... à tout ce que je voulais faire pousser pour l'hiver. Ce n'est ni dramatique ni traumatisant, mais tout de même bien embêtant !".

Dans le petit bois en contre-bas de son jardin, Charles repère de fraîches empreintes de sanglier. - Radio France
Dans le petit bois en contre-bas de son jardin, Charles repère de fraîches empreintes de sanglier. © Radio France - Rémi Vallez

Sur les hauteurs de Péchabou, Raymond, un agriculteur installé sur la commune depuis 40 ans, est lui nettement plus ennuyé : les bêtes s'en sont prises à ses champs de blé et de tournesol. S'il n'a pas encore chiffré l'étendue des dégâts, il estime qu'entre 1 et 2 hectares de sa terre agricole est très endommagée... Alors, pour lutter contre l'invasion du gênant gibier, François Guyraud et certains chasseurs de l'ACCA ont organisé, avec l'accord de la Préfecture, plusieurs battues administratives, et de nombreuses sorties nocturnes.

Mais pour l'heure, et malgré une dizaine de bêtes abattues, le sanglier court toujours et continue de semer la zizanie dans les jardins péchaboliens. Car la seule parade véritablement efficace aux yeux du président de l'ACCA locale, ce n'est pas tant le recours aux armes (le sanglier étant particulièrement vif et doué pour se cacher) que l'installation de clôtures électriques autour des habitations. Un dispositif qui a un coût : il faut compter entre 300 et 400 euros.