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CARTE - Canicule : 15 départements toujours en vigilance rouge, 54 désormais en orange

Perpétuée en Limousin, la tradition des mais pour honorer les élus n'a pas encore eu lieu en 2020

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Par , France Bleu Limousin

Planter un arbre et mettre un panneau pour honorer un nouvel élu : c'est la tradition des mais. Historiquement répandue dans le grand Sud-Ouest et jusqu'en Limousin, elle sera cette année perpétuée plus tard que d'habitude à cause de la crise sanitaire.

A Saint Bazile de Meyssac, en Corrèze, la tradition se perpétue comme ici en 2014... en attendant la cérémonie de 2020
A Saint Bazile de Meyssac, en Corrèze, la tradition se perpétue comme ici en 2014... en attendant la cérémonie de 2020 - DR

C'est un rendez-vous immuable tous les six ans à Saint-Bazile-de-Meyssac, petite commune de 140 habitants, dans le midi corrézien. " Il y a toujours eu des mais " aussi loin que se souvient Eric Ciscard, élu pour la quatrième fois au conseil municipal et pour la deuxième fois comme maire. Ici, la tradition des mais est perpétuée depuis toujours, avec apposition d'un écusson ou d'une pancarte " honneur à notre élu.e, honneur à notre adjoint.e, ou honneur à notre maire, chez chaque élu.e en fonction de son rôle " continue l'édile. Un arbre est aussi planté sur un terrain communal en présence de tous les habitants.

Tradition occitane aux origines très lointaines

Cette tradition, historiquement répandue dans le grand Sud Ouest, existe donc toujours en Limousin. Mais, avec le coronavirus, la modification du calendrier électoral (report du second tour des municipales) et l'incertitude liée à l'évolution de la situation sanitaire, elle n'a pas encore pu avoir lieu dans les communes qui tiennent à la maintenir. Alors qu'en général, elle se tient peu de temps après l'élection des maires au mois de mai. Cette fois, il faudra attendre le courant de l'été ou plus sûrement le mois de septembre.

A la Révolution, c'est devenu le symbole de la prise de pouvoir par les paysans

" Cette tradition a des origines mythiques " indique l'ethnologue corrézienne Marie-France Houdart, " elle symbolisait, tous les ans, le renouveau de la végétation et le retour du cycle de la nature. On fête la végétation revenue, le mariage des filles et le renouvellement du pouvoir " détaille celle qui a dédié l'ouvrage 'Arbres de Mai, mai de l'élu(e)' à cette tradition. Une tradition qui a évolué avec le temps et à travers les époques. " A la Révolution, l'arbre de mai est devenu un symbole de la prise de pouvoir par les paysans ", précise-t-elle. " Quand les Révolutionnaires ont vu que les privilèges n'étaient pas abolis, ils sont allés couper des arbres dans les forêts seigneuriales et les ont plantés devant les maisons des Seigneurs et des ecclésiastiques. Ils ont dit : 'le pouvoir maintenant, c'est nous' ! ". Désormais, " par ce geste, on dit à l'élu : on t'a donné nos voix, toi tu dois nous rendre service. En échange, l'élu doit recevoir et régaler généreusement la population. En général, ça finit bien arrosé ! ".

A Saint Bazile de Meyssac, une plaque est installé chez les onze élus du conseil municipal. Comme ici chez le maire en 2014
A Saint Bazile de Meyssac, une plaque est installé chez les onze élus du conseil municipal. Comme ici chez le maire en 2014 - DR

Ca renforce la cohésion de la commune

A Saint-Bazile-de-Meyssac, une journée entière est dédiée à cela, elle prend la tournure d'un marathon dès 9 heures du matin. " On passe chez tous les élus ", ils sont onze, " pour déposer une plaque en son honneur, avec deux drapeaux tricolores. Chacun invite ses voisins, sa famille et ses amis et paye à boire et à manger " avant un repas collectif en début d'après-midi. Cette fois, c'est le maire qui régale tout son conseil. Puis, en fin d'après-midi, tous les habitants sont conviés sur un terrain communal " pour planter un arbre. En général, un tilleul ou un arbre qui pousse assez vite et qui fait de l'ombre ". Sous cet arbre, parés aux couleurs tricolores, on présente les élus aux habitants, on les remercie pour leur confiance et on échange avec eux. En soirée, un repas est servi à la salle polyvalente pour mettre du liant et maintenir le lien. " Ca renforce la cohésion de la commune " résume le maire.

Les regroupements communaux et communautaires font du mal

A sa manière, un entrepreneur contribue, lui, à maintenir cette tradition. " Je suis assez attaché à notre ruralité " explique Frédéric Paret, gérant d'ABnaprint, à Beynat. Il commercialise une gamme d'écussons et de plaques à cet effet. " Il y a six ans, on avait eu pas mal de demandes d'élus pour faire ce type de produit ". Un peu pris de court à l'époque, il a cette fois anticiper les choses.

Un entrepreneur corrézien propose des écussons et plaques pour perpétuer la tradition des mais
Un entrepreneur corrézien propose des écussons et plaques pour perpétuer la tradition des mais - ABnaprint

Reste que la tradition est mise à mal au fil du temps, " car les maires perdent du pouvoir " constate Marie-France Houdart, " tout est regroupé en communauté de communes, alors ça perd de sa vitalité ". Désormais, la tradition est souvent perpétuée dans les petites communes, bien sûr aux frais des élus et pas sur le budget communal.

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