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Insolite

Pont-à-Mousson : une incroyable histoire d'amitié entre un photographe et Fifine, une renarde sauvage

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Par , France Bleu Sud Lorraine

Bruno-Gilles Liebgott est photographe animalier. Un jour de juillet 2018, il fait la rencontre d'une renarde sauvage. Depuis, ils se revoient tous les soirs, au même endroit, à la même heure. Un livre est en préparation pour partager cette extraordinaire histoire d'amitié.

Bruno-Gilles Liebgott a sélectionné près de 15.000 photos de la renarde : une exposition photos et un livre sont en préparation.
Bruno-Gilles Liebgott a sélectionné près de 15.000 photos de la renarde : une exposition photos et un livre sont en préparation. - Bruno-Gilles Liebgott

Pont-à-Mousson, France

Le Petit Prince habite en Meurthe-et-Moselle : il est Mussipontain. C'est une grande histoire d'amitié qui se noue aujourd'hui entre un photographe animalier et l'un de ses sujets d'étude : le renard sauvage. Ou plutôt une renarde.

Lors d'une séance photo dans la forêt mussipontaine, Bruno-Gilles Liebgott, 49 ans, s'est retrouvé face à l'animal. Ils se sont aussitôt liés d'amitié. Désormais, la renarde a un nom : Fifine. Et Monsieur Liebgott la retrouve tous les soirs depuis un an et demi.

"Intriguée par le clic-clac"

Un soir d'été 2018, Bruno-Gilles Liebgott s'installe avec son appareil au milieu de la prairie. Soudain, Fifine la renarde et son frère Goupillon sortent du terrier. Le duo s'arrête à 15 mètres de l'objectif.

"La petite renarde, comparativement à son frère qui a toujours gardé ses distances, était très intriguée par le clic-clac, le bruit du déclenchement, raconte Bruno-Gilles Liebgott. Elle a commencé à s'approcher, tout doucement, par curiosité. Et je me suis dit, là, il y a quelque chose qui se passe."

Monsieur Liebgott a trouvé un accord avec les chasseurs du secteur "pour laisser Fifine tranquille". - Radio France
Monsieur Liebgott a trouvé un accord avec les chasseurs du secteur "pour laisser Fifine tranquille". © Radio France - Lucas Valdenaire

Un mois plus tard, une nouvelle étape est franchie. "Le 15 août, elle a décidé de contourner la haie pour venir me retrouver. J'étais camouflé, j'avais ma cagoule. J'ai décidé de l'enlever, de me montrer à visage découvert. Je lui ai tendu la main et elle est venue la renfiler."

"Ce jour-là, je me suis dit que j'étais en train de vivre quelque-chose hors du commun. C'était une grande émotion parce que je réalisais mon rêve de gosse." 

"Quand j'étais gamin, j'ai lu le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, poursuit Monsieur Liebgott. Un conte absolument magnifique : une amitié entre un homme et un renard qui dure un certain temps. Mais là, pour moi, elle dure dans le temps. C'est ça qui est extraordinaire."

15.000 photos de Fifine

Et cette histoire dure depuis plus d'un an et demi maintenant. En tout, le photographe a sélectionné près de 15.000 clichés de Fifine. Désormais, ils se retrouvent chaque soir au même endroit : un lieu tenu secret dans la forêt mussipontaine. Le père de famille a également toujours cette idée en tête : éviter un nouveau drame. "Bella, la mère de Fifine, a été abattue par un chasseur, déplore-t-il. Sur le coup, je ne dis pas que j'avais la rage mais je me suis dit : encore une fois, un renard a été abattu en France. Il y en a 600.000 en France chaque année, c'est énorme."

"Cette renarde était absolument splendide et elle a été abattue en plein élevage des jeunes. Cela, il faut que cela s'arrête, ce n'est pas tolérable."

Bruno-Gilles Liebgott milite aujourd'hui pour sortir le renard de la liste des espèces nuisibles. En attendant, un accord a été trouvé avec les chasseurs du secteur pour laisser Fifine tranquille dans les fourrés de Pont-à-Mousson. "J'estime que le message est passé, j'espère qu'ils tiendront parole."

"C'est elle qui m'a apprivoisé"

Aujourd'hui, Bruno-Gilles Liebgott assure en profiter pleinement, "avec intensité" dit-il. "C'est un réel plaisir de la retrouver tous les jours. Est-ce qu'elle pense à moi pendant la journée ? Je ne sais pas. En tout cas, moi, je pense à elle. Quand elle me regarde, il n'y a pas de peur dans ses yeux. Il y a une confiance absolue. C'est elle qui m'a apprivoisée."

"Il y a eu cette attirance sans que je puisse donner d'explication plausible. Rien ne pouvait la dissuader de venir à ma rencontre. Peu importe l'endroit où je me trouvais au cœur de sa forêt natale, elle finissait toujours par me retrouver. Ce lien d'attachement est devenu tellement puissant qu'il nous invite l'un comme l'autre à une longue fidélité."

"C'est elle qui m'a apprivoisé", confie le photographe animalier

Se basant sur l'ensemble des textes rassemblés dans plusieurs carnets de note, le photographe animalier prépare un livre pour partager son plaisir mais aussi ses connaissances sur la renarde sauvage.  

"C'est un formidable sujet d'étude, explique-t-il. Cela peut aider à faire avancer la connaissance. Par exemple, j'ai pu assister en direct à une chasse : je voyais la position de ses pattes, toute son attitude en détail." 

"L'avantage de ce contact privilégié, c'est qu'il m'a permis d'avoir des connaissances précises sur la vie du renard."

Fifine la renarde, "un sujet d'étude fantastique" selon Bruno-Gilles Liebgott

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