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Insolite

PORTRAIT | "Les enterrements ne sont pas tous très tristes" raconte le gardien du cimetière parc de Nantes

lundi 29 octobre 2018 à 11:51 Par Faustine Mauerhan, France Bleu Loire Océan

C'est lui qui vous accueille au cimetière parc de Nantes : Frédéric Girard est gardien de cimetière depuis une dizaine d'année. « Agent d’accueil » très exactement et il adore son métier. Pour la Toussaint, Frédéric raconte ses plus belles anecdotes à France Bleu Loire Océan.

Au cimetière parc de Nantes, 1 500 visiteurs sont attendus pour la Toussaint.
Au cimetière parc de Nantes, 1 500 visiteurs sont attendus pour la Toussaint. © Maxppp - Guillaume BONNEFONT

Nantes, France

Il va accueillir près de 1 500 personnes dans les prochains jours à l’occasion de la Toussaint. Frédéric Girard est gardien de cimetière mais il préfère qu’on dise "agent d’accueil" tant il aime son métier si varié. "On est là pour accueillir et informer le public, mais on surveille aussi les entreprises, tient à expliquer Frédéric Girard. On gère également les registres d’inhumation, on fait les dépôts d’urnes en columbarium ou en cave-urne et on supervise les exhumations."

"On a nos petits habitués, on s’appelle par nos prénoms"

Mais c’est surtout le contact humain qui lui plaît et qui l’a fait rester dans ce métier, dégoté par hasard, après quelques années dans la publicité. "On est là pour rendre un service au famille, _faire en sorte que tout se passe bien dans leur cérémonie_." Alors la Toussaint, c’est un peu "la kermesse" de Frédéric. "C’est l’occasion de voir toutes les familles, y compris celles qui viennent de loin. La plupart sont plus que des usagers, des relations se sont tissées au fur et à mesure. On a nos petits habitués, on s’appelle par nos prénoms, on connait leurs enfants, leurs petits-enfants."

Frédéric Girard : "À la Toussaint, on revoit toutes les familles."

Frédéric Girard est agent d'accueil depuis une dizaine d'années dans les cimetières de Nantes. - Radio France
Frédéric Girard est agent d'accueil depuis une dizaine d'années dans les cimetières de Nantes. © Radio France - Faustine Mauerhan

"Les affaires de cimetière restent au cimetière"

Et pour le reste de toute façon, "les affaires de cimetière restent au cimetière", confirme Frédéric. Certes, certaines cérémonies sont plus pénibles que d’autres, "quand on enterre un enfant ou un jeune c’est forcément plus triste qu’une personne très âgée pour qui c’est l’ordre des choses", reconnait-il. Mais pas question d’être une éponge à émotions dans ce métier, "il faut garder la tête froide, les familles n’attendent pas de nous qu’on compatisse mais qu’on mène leur rende le service qu’elles ont demandé." Pour cela, les agents d’accueil de cimetière sont formés. Ils apprennent par exemple aussi, à ne pas répondre à la colère de certaines familles, cela fait partie du processus de deuil, "il ne faut pas le prendre pour soi."

Des enterrements très beaux

Et puis contrairement à ce qu’on pense, « les enterrements ne sont pas tous très tristes ». Frédéric se souvient de quelques cérémonies très belles, où "le corbillard est entré sous une haie d’honneur de motards qui faisaient vrombir leur pot d’échappement", d’un DJ que ses copains n’ont pas laissé seul, "ils ont mis toute sa collection de vinyles dans son caveau". Mais son meilleur souvenir reste peut-être celui de funérailles en musique. "Un monsieur était venu avec un immense piano, sur une planche à roulettes, tractée par un camion, se souvient-il. Il jouait très bien, il faisait un grand soleil, on a enterré la personne sur un air de jazz, c’était très chouette."

Le portrait de Frédéric Girard par Faustine Mauerhan

Et enfin, parfois, c’est un peu drôle aussi. Frédéric Girard se souvient d’une inhumation, un jour de Noël, "une femme qui visiblement enterrait son ex-mari nous a lâché qu’il l’aura bien fait chier jusqu’au bout", en rigole encore le gardien. "On a eu aussi des enfants qui avaient rendez-vous chez le notaire après la cérémonie et qui étaient un peu pressés… d’aller toucher l’héritage."