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Insolite

Quand la série Plus belle la vie évoque l'affaire Jon Anza

jeudi 9 novembre 2017 à 5:36 Par Théo Hetsch, France Bleu Pays Basque

Attention spoiler : si vous regardez l'épisode de ce soir de la série de France 3, le début va vous interpeller. Plusieurs minutes sont consacrées à l'affaire Jon Anza, ce militant basque parti de Bayonne à Toulouse en 2009 et retrouvé mort un an plus tard.

La série de France 3 évoque souvent des sujets d'actualité. Moins souvent des "cold cases"
La série de France 3 évoque souvent des sujets d'actualité. Moins souvent des "cold cases" - .France 3

Bayonne, France

C'est un gros coup de projecteur sur cette affaire. La scène, diffusé dans l'épisode 3404 de la série, commence de manière anodine, à la machine à café. Un commandant de police discute avec un journaliste : "j'ai été très impressionné par vos articles sur les GAL" lui dit-il. Les GAL ? Des Groupes Antiterroristes de Libération, des commandos para-policiers accusés d'exactions et de violences envers les militants basques, notamment en France. "Si j'ai bien compris, poursuit le policier, les GAL ont cessé leurs actions sur le territoire français à partir de janvier 1986 ?". "Officiellement", lui répond le journaliste.

Ecoutez un extrait et la réaction de Graxi Etchebehere, membre d'Euskal Memoria, association qui recueille des témoignages sur les victimes du conflit basque :

"C'est surprenant que quelqu'un ait eu le courage de dire ça"

Rapidement, le ton se libère et l'affaire Jon Anza arrive sur le tapis, ainsi que les hypothèses de meurtre et même... de complicité de l'Etat français. "Vous ne croyez pas à la mort naturelle ?" lui demande le commandant de police. "Je n'ai pas de preuve formelle", répond le journaliste. "C'est quoi le rôle de la France dans tout ça ?", questionne encore le policier, "on couvre ce genre d'agissement ?". "On entre là dans une zone grise, des coups tordus, des petits arrangements entre services de renseignements" assène le journaliste. La thèse d'une complicité politique, policière et juridique est donc évoquée sur une chaîne publique et sur une heure de grande écoute. Plus belle la vie est, de loin, la première série française avec plus de 4 millions de téléspectateurs et près de 20% de part d'audience. Elle est plus regardée en streaming en France que Game of Thrones.

Alors cela fait très plaisir à Graxi Etchebehere, membre d'Euskal Memoria, association qui recueille des témoignages sur les victimes du conflit basque : "je dis chapeau à celui qui a fait passer ça", lance-t-elle avec enthousiasme, "c'est une histoire qui a été étouffée en long et en large et elle ressort là, je ne m'y attendais pas, j'ai été très surprise". "Cette émission va peut-être permettre de montrer un visage que les gens du reste de la France ne connaissent pas sur notre histoire", rajoute-elle.

Capture d'écran de l'extrait dans l'épisode 3 404 de cette saison de Plus belle la vie - Aucun(e)
Capture d'écran de l'extrait dans l'épisode 3 404 de cette saison de Plus belle la vie - .

Comment justement la chaîne a-t-elle pu passer ça ? Y a-t-il eu des blocages ? Non. Dans les bureaux parisiens où les auteurs écrivent le scénario, il y a eu tout simplement moins d'émotion que dans le Pays Basque. En fait, la question ne s'est pas posé raconte Olivier Szulzynger, un des créateurs de la série : "On a une grande liberté de ton dans Plus belle la vie", explique-t-il, "cette histoire a été écrite au moment où le désarmement de l'ETA faisait l'actualité". "Il y a eu un cafouillage car personne ne voulait récupérer les armes et ça nous a rappelé qu'il y avait beaucoup d'histoires cachées, de complicités, de drames", raconte le scénariste, "la fiction permet de faire ressortir des sujets comme cela plus facilement que des journalistes".

Pas sûr que cela ait beaucoup d'influence sur l'audience de la série dans la région, même si les Aquitains regardent davantage la série que la moyenne des téléspectateurs. Depuis septembre, elle capte 18,6% de part d'audience dans la région, contre 17,7% en moyenne nationale.