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Insolite

Qui en veut aux panneaux bretons de Rezé ?

Depuis le mois de février, la ville de Rezé au sud de Nantes a installé des panneaux bilingues à l'entrée de la commune. Mais certains de ces panneaux sont la cible de tags, et à chaque fois c'est "Reudied", le nom breton de la ville, qui est barré d'un trait noir. Qui est ce mystérieux tagueur ?

Plusieurs panneaux sont systématiquement tagués, comme celui-ci situé entre Rezé et Nantes
Plusieurs panneaux sont systématiquement tagués, comme celui-ci situé entre Rezé et Nantes © Radio France - Nolwenn Quioc

Rezé, France

C'est une des conséquences de la signature de la charte "Ya d'ar brezhoneg", qui engage les collectivités à promouvoir des actions en faveur de la langue bretonne : aux mois de février et de mars, de nouveaux panneaux d'entrée de ville, bilingues, ont fait leur apparition. Rezé, en français, Reudied en breton. 

Quatre opérations de nettoyage, en vain

Mais leur installation semble ne pas faire consensus : sur plusieurs d'entre eux, l'inscription en breton est barrée d'un trait noir. Les services techniques de Nantes Métropole, en charge de la signalétique dans les communes, ont à quatre reprises nettoyé ces panneaux, en vain : à chaque fois, ils ont été de nouveau tagués. Et ça commence à devenir de plus en plus compliqué à nettoyer explique Nicolas Piédeleu, responsable de la signalisation sur cette zone : "On a fait faire ces panneaux avec un revêtement anti-graffiti, qui est bien pour un premier nettoyage, mais dès qu'on les nettoie une première fois l'anti-graff perd de sa qualité, la deuxième fois c'est plus compliqué et ainsi de suite".

"C'est un problème, on a de plus en plus de mal à nettoyer ces panneaux" - Nicolas Piédeleu, responsable de l'équipe signalétique pour la région de Rezé à Nantes Métropole

Rezé, en Bretagne ou pas ?

Tous ces nettoyages abîment également les panneaux. Du gâchis pour Yann Quéméneur, élu de la majorité, membre de l'UDB, qui a porté le projet des panneaux bilingues. "C'est un vrai problème. C'est une dégradation d'un bien public, ça coûte des sous à la collectivité, c'est dommage". 

Certains panneaux ont échappés aux tags - Radio France
Certains panneaux ont échappés aux tags © Radio France - Nolwenn Quioc

Mais ces tags ne surprennent pas Michel Kervarec, historien rezéen, membre de l'association les amis de Rezé, et farouchement opposé à l'installation de ces panneaux. Pour lui, le breton n'a rien à faire à Rezé : "C'est une ineptie, ici on n'a jamais parlé breton ! Ici le parlé, le parlange comme on disait, c'est le Poitevin saintongeais. Mais ça n'a rien à voir avec le breton !". Pour l'historien, le nom "Reudied" n'a en plus aucun sens éthymologique.

"Ici, non pas qu'on ne soit pas en Bretagne, historiquement si. Mais pour le sentiment d'appartenance, on est du pays de Retz. On n'est ni bretons, ni poitevins" - Michel Kervarec, historien

Les Rezéens plutôt favorables au breton

Dans les rues de la commune, ces panneaux ne semblent pas déranger les Rezéens. "C'est de l'anglais non ? ah du breton ? c'est une très bonne idée" estime Fred. "Moi j'aime beaucoup les panneaux français-breton, c'est bien qu'ils en aient mis à Rezé. Pour moi c'est la Bretagne !" affirme Soizig, relançant le débat.

"Nous sommes au XXIe siècle, et il y a à Rezé des gens qui parlent breton, renchérit Yann Quéméneur. Il y a beaucoup de personnes qui souhaitent soutenir le breton. Sur l'agglomération nantaise, 30% de la population aimerait, s'il y avait une possibilité, mettre leurs enfants dans une école bilingue" affirme-t-il, s'appuyant sur les chiffres d'une enquête commandée par la région Bretagne et publiée au mois d'octobre. "C'est quelque chose de très important, et on est au XXIe siècle, on n'est plus dans le passé".

Mais qui est cet opposant au breton ?

Tout cela ne nous dit pas qui est le mystérieux tagueur qui s'obstine à barrer "Reudied" sur les panneaux. "Non non, ce n'est pas moi, non non ! s'exclame Michel Kervarec. Mais ça me fait rigoler. parce que ça montre que c'est absurde. Ça paraît complètement déplacé". Yann Quéméneur lui a déjà un indice : "Le tag est tout le temps le même, c'est un trait assez homogène. Donc c'est la même personne, enfin je suppose. On peut se tromper, je ne suis pas enquêteur, mais ça semble assez clair". 

Pour l'instant la mairie n'a pas porté plainte. Elle espère qu'avec le temps, ces panneaux "Reudied" entreront dans le paysage, comme ça s'est passé avec les panneaux "Naoned" lors de leur installation.