Insolite

Bretagne : un agriculteur se lance dans la culture du riz près de Dinan

Par Hajera Mohammad, France Bleu Armorique dimanche 2 juillet 2017 à 15:42

Alexandre Reis, habitant d'Évran, veut produire un riz 100% breton.
Alexandre Reis, habitant d'Évran, veut produire un riz 100% breton. © Radio France - Hajera Mohammad

À Évran, dans les Côtes d'Armor, Alexandre Reis s'est lancé dans un pari fou : produire du riz 100% breton sur ses parcelles de terre. Et il compte bien vendre son riz d'ici quelques années.

Vous connaissez le riz indien, vietnamien, celui de Camargue... mais pas le riz breton ? C'est normal, ça n'existe pas. En tout cas, pas pour le moment. Mais les choses pourraient bien changer grâce à Alexandre Reis. Cet habitant d'Évran, près de Dinan, dans les Côtes d'Armor a décidé de cultiver du riz sur ses terres.

De la haute couture à la culture du riz

Il y a trois ans, Alexandre Reis plaque tout : Paris, la ville où il habite. Mais aussi son métier de styliste dans des grandes maisons de mode, pour venir s'installer en Bretagne, dans la petite commune d'Évran. Il y achète une ancienne bâtisse et les cinq hectares de terrain qui vont avec. "Je suis passé de la haute-couture à la haute-culture du riz", dit-il en souriant. "Je suis arrivé ici et je me suis dit, qu'est-ce que je vais faire de mes zones humides qui sont protégées et réglementées ? Et bien pourquoi pas du riz ?" Pourtant, les débuts sont difficiles, car Alexandre Reis plante son riz directement dans ses points d'eau, comme on le fait à l'étranger avant de réaliser son erreur. "Un ami m'a dit que ça ne poussera jamais dans l'eau, ici en Bretagne, car elle est trop froide, elle ne dépasse pas les 14 degrés".

Alexandre Laverty, l'associé d'Alexandre Reis, en pleine plantation de riz à Évran, en juin 2017. - Radio France
Alexandre Laverty, l'associé d'Alexandre Reis, en pleine plantation de riz à Évran, en juin 2017. © Radio France - Hajera Mohammad

L'agriculteur novice, opte alors pour une autre méthode. Il fait pousser le riz sous serre, avant de replanter les micro-mottes dans la terre argileuse. "La racine va chercher l'eau qui est à 25-30 cm de profondeur en dessous et se gorge de cette eau et puisse le reste se fait tout seul...elle pousse", explique-t-il. Pour l'aider, il peut compter sur son associé, Alexandre Laverty. Ensemble, ils plantent et récoltent, grain par grain, le riz "car on n'a pas encore de machine à écosser, ça coûte environ 4.000 euros et on n'en pas les moyens pour le moment", avoue le propriétaire des lieux.

Un label 100% breton ?

Pour le moment, les deux hommes n'en sont qu'au stade de l'expérimentation. Ils testent diverses semences venues du monde entier et de toutes les régions de France pour parvenir au résultat idéal qui donnera au final, le riz breton. "Un riz 100% breton et 100% bio", répète Alexandre Reis qui espère bien pouvoir commercialiser son produit d'ici quelques années, avec pourquoi pas ensuite "un label, une sorte d'AOP (appellation d'origine contrôlée) bretonne ?"" Reste à savoir, si les consommateurs seront au rendez-vous pour déguster ce riz "aux saveurs de noisette, quinoa et vanille", et de couleur verte qui vire à l'émeraude "comme les côtes de notre Bretagne", conclut en souriant Alexandre Reis.

Alexandre Reis nous dévoile ses grains de riz bretons de couleur verte. Le 5 juin 2017, à Évran. - Radio France
Alexandre Reis nous dévoile ses grains de riz bretons de couleur verte. Le 5 juin 2017, à Évran. © Radio France - Hajera Mohammad

Bientôt du riz 100% breton à Évran ? - Le reportage d'Hajera Mohammad