Insolite

Sevrier : 220 ans d’histoire de la cloche à la fonderie Paccard

Par Richard Vivion, France Bleu Pays de Savoie dimanche 27 mars 2016 à 23:31

Au coeur de la fonderie Paccard à Sevrier.
Au coeur de la fonderie Paccard à Sevrier. © Radio France - Richard Vivion

En un peu plus de deux siècles, plus de 120.000 cloches sont sorties des ateliers de la fonderie Paccard. Aujourd’hui située sur les bords du lac d’Annecy à Sevrier, cette institution vend ses cloches partout dans le monde.

Si vous vous rendez aujourd’hui à la fonderie Paccard (elle accueille le public en ce lundi de Pâques), vous aurez la chance d’entendre Cécile. Qui est-elle ? "Elle pèse 3,5 tonnes et c’est un Si bémol", répond la directrice du musée de la cloche de la fonderie. "Cécile est l’une des plus grosses cloches de la cathédrale de Rouen", précise Anne Paccard . Actuellement, la fonderie installée à Sevrier restaure ou refait 63 des 64 cloches du carillon de la cathédrale normande. "Pour nous c’est un énorme marché", ajoute la directrice du musée de la cloche qui jouxte les ateliers.

Les coulisses de la fonderie Paccard. Reportage de Richard Vivion.

Le paradis du fondeur

Depuis 1796, la fonderie Paccard fait donc des cloches. "On estime que plus de 120.000 pièces sont sorties d’ici", indique Anne Paccard. Un savoir faire transmis de génération en génération. Si quelques éléments techniques ont évolué (comme l’utilisation de la fibre de carbone pour la transmission entre le clavier du carillonneur et le battant de la cloche ou l’invention d’horloge gérant les sonneries) le métal utilisé est toujours le même. "On a rien trouvé de mieux que le bronze, raconte Anne Paccard. C’est un alliage de 78% de cuivre et de 22% d’étain que l’on chauffe à 1.200°C. » Et c’est aussi ce bronze qui donne le son musicale de la cloche. "Chaque cloche donne une note. Et c’est aussi le seul instrument de musique qui s’accorde en baissant la note car pour l’accorder on enlève de la matière." Mais si la cloche ne donne pas la bonne note lors du démoulage, il n’y a rien à faire.

Au fond de l’atelier, en face des fours, Anne Paccard tient à nous montrer une petite pièce. "Ici, on est dans le paradis du fondeur car on y entrepose toutes les matrices en buis qui servent à faire les décors sur les futurs cloches. Et la plus part du temps elles portent des décors religieux donc on a tous les Saints Patrons et Saintes Patronnes." La fonderie en possède plus deux mille. "On a ici tous les Saints du paradis", sourit Anne Paccard.

"Bienvenue chez les Ch'tis" leur a fait de la pub

Aujourd’hui, la fonderie Paccard emploie une vingtaine de salariés et réalise 80% de son chiffre d’affaire à l’export. Elle est connue dans le monde entier. Et pour l’anecdote, le film 3Bienvenue chez les Ch’tis" (2008) a démocratisé et fait la pub du carillon. "Il nous a rendu service d’un point de vue pédagogique car maintenant tout le monde à en tête l’image de Dany Boon jouant sur ce clavier à coup de poing."

Pour la petite histoire, il raconte (le film "Bienvenue chez les Ch’tis") l’histoire du carillon de Bergues qui est un carillon Paccard." (Anne Paccard)

Interview de Richard Vivion

Trois des cloches de la cathédrale de Rouen restaurées à la fonderie Paccard. - Radio France
Trois des cloches de la cathédrale de Rouen restaurées à la fonderie Paccard. © Radio France - Richard Vivion

La société bi centenaire propose aujourd’hui des carillons pouvant s’intégrer à des sculptures monumentales. Elles peuvent être installées en cœur de ville et surtout "on peut jouer des cloches avec d’autres instruments de musique".

Aujourd’hui, en ce lundi de Pâques, la fonderie Paccard ouvrira ses portes au public. L’occasion pour les visiteurs de découvrir les cloches de la cathédrale de Rouen et les deux claviers qui d’ici la fin de la semaine repartiront vers la Normandie. "Deux claviers, car le deuxième sert pour l’entrainement du carillonneur, explique Anne Paccard. On a enregistré le son de toutes les cloches et il peut ainsi répéter avec un casque sur les oreilles, sans réveiller tout Rouen."

Le deuxième clavier est un clavier d’étude." (Anne Paccard)

Interview de Richard Vivion