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Dossier : Tour de France 2020

EN IMAGES - Tour de France : on a testé pour vous l'étape Lure – La Planche des Belles Filles

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Besançon, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu

Une semaine avant la 20e étape du Tour de France, entre Lure et La Planche des Belles Filles (samedi 19 septembre), l’équipe de France Bleu a reconnu le parcours. Nous étions six, dont quatre sur des vélos électriques. Et même avec l'assistance électrique, le final est impressionnant.

L'équipe au complet au départ du camping des Ballastières à Champagney
L'équipe au complet au départ du camping des Ballastières à Champagney © Radio France - Emmanuel Peyret

Samedi 19 septembre, les coureurs du Tour de France graviront la désormais célèbre côte de La Planche des Belles Filles. Ce sera la cinquième arrivée au sommet haut-saônois en huit éditions, mais un contre-la-montre inédit, au départ de Lure. Une équipe de France Bleu Besançon et France Bleu Belfort, avec six courageux, a testé le parcours, une semaine avant le peloton. Les uns à la force des mollets, les autres sur des vélos électriques. Même avec assistance électrique, le final est impressionnant. On vous raconte l'aventure.

Sur la route de la 20e étape du Tour 2020

Faire l’étape Lure – La Planche des Belles Filles en vélo à assistance électrique est une idée qui a germé il y a un an. Initialement, cette montée nous devions la faire en juin, mais, à cause de la crise sanitaire, l'ascension a eu lieu le 12 septembre. En fonction des impératifs professionnels de chacun, nous avons scindé en deux l'épreuve. Il y a une équipe du matin et une de l'après-midi, avec passage de relais au camping des Ballastières, à Champagney, où nous avons loué trois vélos à assistance électrique pour le parcours de l’après-midi. 

Lure – La Chevestraye – Champagney

Le rendez-vous du matin est fixé à Lure, place du Général de Gaulle, à l’endroit même où les coureurs du Tour de France s’élanceront, l’un après l’autre, pour le contre-la-montre ce samedi.

Selfie réalisé par Nicolas Bonne, avec de gauche à droite Emmanuel Peyret et JF Fernandez
Selfie réalisé par Nicolas Bonne, avec de gauche à droite Emmanuel Peyret et JF Fernandez - Nicolas Bonne

Emmanuel Peyret est le seul véritable cycliste de l’équipe France Bleu. Il rejoint Lure depuis le Pays sous-vosgien à vélo, un vélo normal, uniquement à la force des mollets. 

Jean-François Fernandez est d’abord passé chez Matthieu Converset à Melisey où le patron des Cycles des Mille Etangs lui prête, pour cette montée, un vélo de course à assistance électrique. Il s’agit d’un Bianchi ARIA e-road. Ce vélo, qui a l’allure d’un vélo de route classique, dispose d’un moteur dans l’essieu et d’une batterie dans le cadre. Il procure une assistance électrique, mais nécessite du pédalage, ce qui permet de garder la sensation du vélo tout en montant des dénivelés qui seraient impossibles ou très difficiles à la seule force des mollets

Enfin le troisième cycliste pour cette première partie, c’est Nicolas Bonne, qui ne fait pas partie de l’équipe France Bleu. Nicolas est animateur à l’office de tourisme de Melisey. Vous l’avez certainement déjà entendu sur l'antenne de France Bleu dans un reportage, lorsqu’il accompagne des groupes de non-sportifs qui veulent s’attaquer à la Planche des Belles Filles en vélo électrique, ou tout simplement découvrir le Pays des Mille Etangs par ses petits chemins. Cycliste depuis l’adolescence, il va effectuer la première partie de notre reconnaissance avec son vélo classique, sans aucune assistance.

Sur la route de Melisey, Nicolas Bonne en tête, suivi par Emmanuel Peyret
Sur la route de Melisey, Nicolas Bonne en tête, suivi par Emmanuel Peyret © Radio France - Jean-François Fernandez

C’est parti, premier dénivelé : le Mortard

Nous voilà partis de Lure, première mise en jambe : la montée du Mortard. Alors qu’Emmanuel et Nicolas, en cyclistes aguerris qui connaissent bien leur monture, filent tout droit, Jean-François, qui roule habituellement en Gravel, découvre le Bianchi et le mode assistance électrique. Un mode un peu déroutant au début. Matthieu Converset conseille de laisser en permanence le mode électrique avec l’assistance au niveau le plus bas (sur trois niveaux). En effet, le temps de trouver le bon mode, Jean-François commence déjà à fermer la marche.  

Nous voilà sortis de Lure, direction Melisey. Cette fois-ci le groupe est homogène et roule à bonne allure.  L’assistance électrique permet à Jean-François de suivre Emmanuel et Nicolas qui ont un bien meilleur niveau à vélo.

Parcours du matin Lure - Champagney par la Chevestraye. 36,88km, 419m de dénivelé positif
Parcours du matin Lure - Champagney par la Chevestraye. 36,88km, 419m de dénivelé positif - Strava

Melisey aux couleurs de Thibaut Pinot

Arrivés à Melisey, nous découvrons la ville décorée pour Thibaut Pinot, l'enfant du pays. Son père, Régis Pinot, est même le maire de la petite commune. Il y a du "Pinot" partout : sur les vitrines des commerces, sur les trottoirs, dans le jardin des particuliers. Devant l’école primaire où sera installée, dès vendredi, la fan zone, les fanions de toutes les couleurs enjambent la rue de part et d’autre.

Décorations à Melisey
Décorations à Melisey © Radio France - Jean-François Fernandez

Quelques minutes seulement après avoir quitté Melisey, nous tournons sur la droite. Le pont enjambe l’Ognon qui est quasi à sec. Face à nous, la forêt, qui recouvre les hauteurs de Fresse, nous laisse entrevoir la difficulté à venir : le col de la Chevestraye. En enfant du pays, Nicolas Bonne nous explique qu’il ne faut pas prononcer le "s", mais dire "Chevétré", c’est noté.

Le col de la Chevestraye

Cette première difficulté dans le contre-la-montre donne le ton de l’épreuve : nous montons pendant environ cinq kilomètres avec une pente à 5,4%. Les deux sportifs du groupe avancent à bonne allure, environ 21 km/h, tandis que l’assistance électrique permet à Jean-François de suivre, mais le pédalage devient un peu plus intensif.

Le profil de la 20e étape du Tour de France 2020.
Le profil de la 20e étape du Tour de France 2020. - ASO

La descente de la Chevestraye est un véritable régal. Arrivés à Planche-Bas (au niveau de l’usine Kibross), au lieu de filer à gauche, direction de Plancher-les-Mines, nous prenons à droite, vers Champagney, toujours en descente. 

Interview d'Emmanuel Peyret en roulant dans la montée du col de la Chevestraye.
Interview d'Emmanuel Peyret en roulant dans la montée du col de la Chevestraye. - Nicolas Bonne

Arrivés au camping des Ballastières changement d’équipe. Nicolas Bonne retourne chez lui (à vélo bien entendu) et nous retrouvons nos amis belfortains : Nicolas Wilhelm, Jonathan Landais et Thomas Vichard. Thomas est encore frais alors qu’il est debout depuis 3h du matin. A peine terminée la présentation du journal de midi, il a sauté dans la voiture pour cette aventure.

Champagney – La Planche des Belles Filles

Nicolas, Jonathan et Thomas découvrent le maniement du vélo à assistance électrique de location. Ce vélo est un VTT. Au niveau du pédalier, un gros boitier noir indique qu’il y a un moteur, et sur le cadre, une batterie amovible imposante. L’utilisation est impressionnante : en mode turbo, un simple coup de pédale et le vélo avance tout seul. "On dirait une mobylette" dit Nicolas Wilhelm.

L'entré à Plancher-les-Mines
L'entré à Plancher-les-Mines © Radio France - Jean-François Fernandez

Le groupe s’élance donc direction Plancher-les-Mines. Chacun découvre sa monture et teste les différentes modes pour voir ce que ça donne. Nicolas s’est donné comme objectif de ne pas mettre en service l’assistance électrique avant Plancher-les-Mines. Il a du mérite car, contrairement à Jean-François dont le vélo dispose d’un cadre carbone qui lui confère un peu plus de 10 kilos, celui de Nicolas, avec sa fourche suspendue, son gros moteur et sa grosse batterie s’apparente plus à un Vélib, avec ses 23 kilos. Dans l’entrée de Plancher-Les-Mines Nicolas finit par mettre en service l’assistance électrique, ce qui qui lui change radicalement la vie.     

Photo souvenir devant la mairie de Plancher-les-Mines avant d'attaquer le sérieux.
Photo souvenir devant la mairie de Plancher-les-Mines avant d'attaquer le sérieux. © Radio France - Jean-Francois Fernandez

La montée de la Planche-des-Belles-Filles

Cette fois-ci, nous voilà dans le sérieux, impossible de faire demi-tour, nous nous attaquons à la montée de La Planche. Depuis Champagney, il n’y a que du dénivelé positif, seulement sept mètres de dénivelé négatif, qui passent inaperçus dans un faux plat interminable depuis Champagney jusqu’à Plancher-les-Mines. 

Nous avons tous vu à la télévision les cyclistes monter la Planche, nous avons tous entendu les difficultés que cela représente, mais il faut la gravir à vélo pour prendre la mesure de l’épreuve.

Parcours de l'après-midi, Champagney La Planche. 20,05km, 700m de dénivelé positif.
Parcours de l'après-midi, Champagney La Planche. 20,05km, 700m de dénivelé positif. - Strava

Dès le premier kilomètre de montée, les trois vélos à assistance électrique prennent l’avantage et finissent par disparaître. Juste derrière, Emmanuel, avec son vélo classique, monte à une bonne cadence même si ce n’est pas celle d’un maillot jaune. Jean-François, qui voulait un vélo de course à assistance électrique pour sentir la montée, commence à déchanter. Il faut donner des coups de pédales pour bénéficier de l’assistance et très vite, cela commence à tirer sérieusement sur les muscles des jambes.   

Dernière difficulté avant la ligne d'arrivée
Dernière difficulté avant la ligne d'arrivée © Radio France - Jonathan Landais

Les difficultés arrivent

Alors que les vélos électriques ont en vue le fameux mur à 20% de la ligne d’arrivée, un peu plus bas, dans les virages, deux kilomètres avant le sommet, Emmanuel décroche et met pied à terre. "C’est la première fois que je mets pied à terre dans la montée de la Planche", explique-t-il. Une récente blessure se réveille à chaque effort prononcé sur les pédales. 

L'arrivée de la 20e étape à La Planche des Belles filles.
L'arrivée de la 20e étape à La Planche des Belles filles. - ASO

Jean-François a un peu honte de doubler son camarade, mais, quelques centaines de mètres, plus loin il déchante. Le vélo présente une résistance soudaine, comme un grand coup de frein en pleine montée, le voyant de batterie qui clignote au rouge lui fait comprendre que, progressivement, de vélo à assistance électrique, il va finir la montée avec un vélo sans plus aucune assistance. 

Jean-François, qui s’est mis au vélo il y a moins d’un an, n’a pas du tout l’entrainement pour cette ascension. Le dernier kilomètre est mortel, au rythme d’un homme à pied. Le plat du parking, au sommet, requinque légèrement, avec son petit dénivelé négatif, mais, dans le premier tiers du final à 20% il met pied à terre, et peine à pousser le vélo jusqu’à la ligne d’arrivée.

Jean-François Fernandez raconte sa montée de La Planche des Belles Filles :

Emmanuel Peyret, qui a fait trois arrêts pour boire et reprendre des forces, termine l’ascension finale sur son vélo.

La super Planche

Quasi frais comme des gardons, Thomas Nicolas et Jonathan veulent essayer la Super Planche. La Super Planche, c'est La Planche des Belles Filles, plus un kilomètre, ajouté au parcours lors de l'édition 2019. Une dernière partie caillouteuse et une ultime montée à 24%. qui avait fait grincer des dents l'an dernier.

Plus de batterie pour Jean-François qui jette l’éponge, tout comme Emmanuel qui ne veut pas réveiller sa blessure.

Comme le lapin Duracell qui joue du tambour indéfiniment dans la publicité, Nicolas ouvre la route : il veut filmer l’arrivée de ses collègues. C’est Thomas qui prend l’avantage, il arrive presque sans effort apparent. En revanche, comme Jean-François plus bas, c’est au tour de Jonathan de renoncer dans la montée et de terminer à pied.

Comme tous les cyclistes qui effectuent la montée de la Planche-des-Belles-Filles, nous immortalisons notre petit exploit, en demandant à une randonneuse de nous prendre en photo devant le panneau qui porte le nom des vainqueurs de chaque arrivée du Tour à La Planche.

Photo souvenir de la "Team" France Bleu à l'arrivée
Photo souvenir de la "Team" France Bleu à l'arrivée © Radio France - Jean-François Fernandez

Même avec assistance électrique, on mesure la difficulté de cette montée. Lorsque l’on est scotché au macadam dans la pente, on imagine se faire doubler par ces cyclistes professionnels qui montent cette même Planche à des vitesses phénoménales.

La descente

La récompense, après l’effort de cette montée, c’est une descente quasi sans pédaler jusqu’à Champagney. Il faut être prudent et ne pas prendre trop de vitesse : la moindre chute peut être très grave. L’application Strava, qui enregistre le parcours, indiquera que nous avons descendu avec une vitesse maximale de 74,9 km/h.

Arrivés au camping des Ballastières à Champagney, nous rendons les vélos. A la terrasse de la buvette, nous prenons un rafraîchissement bien mérité alors que, sur l’écran télé, les vrais cyclistes du Tour de France terminent l’étape du jour.

Pour suivre la 20e étape du Tour de France 2020 avec France Bleu :

La carte interactive de l'étape

Tous les horaires de l'étape 

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