Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Insolite

Toulouse : un atelier répare tout spécialement vos chères baskets

lundi 28 décembre 2015 à 18:21 Par Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie et France Bleu

Ils sont deux étudiants ivoiriens, David et Mickaël, arrivés à Toulouse en 2009 et installés dans le quartier des Minimes. Depuis avril, ils gèrent "Docteur Sneaker", un atelier qui restaure et personnalise uniquement les baskets de ville, une niche prospère jusque-là inexplorée.

David Mensah restaure et personnalise les "sneakers".
David Mensah restaure et personnalise les "sneakers". © Radio France - Bénédicte Dupont

Toulouse, France

Au départ, David Mensah réparait ses propres baskets, des "sneakers" comme on dit dans le jargon, ces chaussures de sport vintage portées par des citadins branchés. Ces chaussures ont été conçues pour la pratique du sport et réapparaissent aujourd’hui comme un phénomène de mode rétro.

Cet Ivoirien de 24 ans, arrivé à Toulouse pour ses études en 2009, a aménagé son atelier chez lui, avenue des Minimes à Toulouse. Et Docteur Sneaker est officiellement né en avril dernier. Avec l'aide de son compatriote, Michael Ajavon, ils créent un logo, un site Internet, une page Facebook. Et très vite, le succès est au rendez-vous. Une centaine de paires sont passées entre les mains de David en huit mois.

Les baskets c'est comme les chansons. Elles marquent une période, un moment dans la vie, auquel on tient. Il y a une part d'affect que personne n'avait cerné avant qu'on se penche sur le marché. Certains collectionnent des timbres, d'autres des sneakers, voilà tout.

Reportage chez Docteur Sneaker, signé Bénédicte Dupont

Le modèle économique se base sur une conviction simple : celle que les propriétaires de baskets tiennent beaucoup à leurs chaussures, et qu'ils préfèrent les restaurer plutôt que s'en débarrasser ou en acheter une autre paire. Comptez entre 20 et 50 euros selon le degré de réparation contre 180 euros pour le prix moyen d'une sneaker. Élément important : dans ce secteur-là, les marques lancent en permanence de nouveaux modèles sans renouveler les anciens, certaines sneakers sont donc parfois collectors. Impossible de les retrouver sur le marché. Les clients de Docteur Sneaker sont donc d'abord essentiellement des collectionneurs, des usagers "vintage" attachés à la période que représentent leurs Air Jordans et autre Nike. Cœur de cible : les 18-34 ans.

Un cordonnier pourra réparer des trous ou recoller des semelles. Mais aucun ne repeint la chaussure ou la personnalise comme nous le proposons — David Mensah, fondateur de Docteur Sneaker

Une centaine de paires ont été réparées depuis avril. - Radio France
Une centaine de paires ont été réparées depuis avril. © Radio France - Bénédicte Dupont

Marseille, Montpellier, Paris, les colis remplis de chaussures abîmées arrivent de toute la France. 83% de la clientèle est masculine, et David fait surtout de la restauration et du nettoyage. Il lui arrive aussi de customiser, personnaliser des baskets en les peignant de différentes couleurs ou en y ajoutant des motifs.

Moi j'ai près de quarante paires de baskets, dont une vingtaine de sneakers. Elles s'abîment vite, alors j'en ai refait faire une paire. Franchement à 20 euros le nettoyage, c'est rentable. — Franck, un client 

Il suffit de peu de matériel pour réparer des baskets. - Radio France
Il suffit de peu de matériel pour réparer des baskets. © Radio France - Bénédicte Dupont

L'activité coûte assez peu cher : des pinceaux, de la peinture, de la glu, quelques instruments, un aérographe (pour sécher plus vite la peinture). David et Michael ont surtout misé sur le marketing pour que leur marque soit facilement repérable. Au bout de huit mois d'activité, Docteur Sneaker rapporte un peu plus d'un millier d'euros nets mensuels à l'équipe. En mars, David intègrera l'Istef, une école de commerce située à Jean-Jaurès, pour terminer ses études. Cette même année 2016, le duo espère lancer un nouveau site Internet avec cette fois-ci des accessoires en vente ( mugs, lacets, porte-clés), toujours à la gloire des sneakers.

Avant/Après réparation - Aucun(e)
Avant/Après réparation - Docteur Sneaker