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Insolite

Tour de France cycliste : "Il y a chaque année une compétition discrète mais réelle pour être dernier"

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Par , France Bleu Maine

Dans son livre "Les lanternes rouges du Tour de France dans tout leur éclat", le Manceau Didier Béoutis aborde l'histoire de la Grande boucle sous un angle rarement traité, mais passionnant : celui des derniers du Tour. Un classement bien plus médiatique qu'on ne le pense.

En 2014, c'est le coureur chinois Cheng Ji qui termine dernier, donc "lanterne rouge", du Tour de France
En 2014, c'est le coureur chinois Cheng Ji qui termine dernier, donc "lanterne rouge", du Tour de France © Maxppp - Alexandre Marchi

Le Mans, France

C'est un lot de consolation qui n'a rien d'officiel mais qui offre chaque année une certaine exposition médiatique à son détenteur : le classement de "lanterne rouge" du Tour de France fait l'objet d'une compétition "discrète mais réelle" selon le Manceau Didier Béoutis, auteur de plusieurs ouvrages sur le cyclisme. Son livre "Les lanternes rouges du Tour de France... dans tout leur éclat", paru en juin 2019, offre une plongée passionnante dans l'histoire des derniers de la Grande boucle.

Une création journalistique

C'est la presse qui a inventé l'expression "lanterne rouge", jamais reconnue officiellement par l'organisation du Tour : "Les organisateurs ne peuvent pas valoriser une course de lenteur qui serait à l'arrière du peloton", explique Didier Béoutis. "Mais pour les journalistes, s'intéresser au dernier, surtout quand on est proche de la conclusion et que tout a été dit sur le maillot jaune, c'est un moyen de raconter une bonne histoire". 

L'expression "lanterne rouge" aurait été utilisé pour la première fois lors de l'édition 1909, pour Georges Devilly ; mais ce n'est que dix ans plus tard que Jules Nempon, dernier du classement mais seul "rescapé" (et donc leader) de la catégorie B, suscitera un peu d'intérêt de la part de la presse locale. Les journalistes commencent à réellement se pencher sur le dernier du Tour à partir des années 1950, avec Abdelkader Zaaf.

Dernier, mais pas loser

"Chaque année, il y a une compétition discrète mais réelle pour être dernier", assure Didier Béoutis. "Et c'est souvent le plus fin, celui a le plus  d'expérience, qui y parvient. A dix kilomètres, on simule une roue voilée : changement de roue, on perd dix minutes. Arrêt-pipi ? On perd encore dix minutes ! Mais il faut faire attention à ne pas arriver hors délai, sous peine d'être éliminé. Ce n'est pas si facile de terminer dernier".

Et le public ne s'y trompe pas, selon Didier Béoutis : "Si le public aime les lanternes rouges, c'est parce qu'il se rend bien compte que le dernier n'est pas un cancre : c'est au contraire un coureur courageux, qui a résisté à l'abandon, a parfois été blessé et surtout s'est sacrifié pour son chef de file. Donc ce n'est pas un tocard".

En 1969, la lanterne rouge s'impose au Puy de Dôme

Parmi les dizaines d'anecdotes qui émaillent son livre, Didier Béoutis nous livre sa préférée : "Lors du Tour 1969, André Wilhelm et Pierre Matignon, deux "petits" coureurs, s'étaient vus demander par leurs directeurs sportifs respectifs de terminer dernier, afin de donner un peu de publicité à leur équipe. Et puis voilà que dans l'étape difficile du Puy de Dôme, Matignon s'échappe ! Au pied du Puy de Dôme, il avait huit minutes d'avance sur Eddy Merckx et le peloton, et il a réussi à gagner l'étape. A partir de ce moment-là, c'était impossible pour Pierre Matignon de rester dans la course pour la lanterne rouge.Il a donc laissé la dernière place au Lorrain André Wilhelm".

Les lanternes rouges du Tour de France... dans tout leur éclat - Editions du Cercle Alexis de Tocqueville - 160 pages. Disponible dans les librairies du Mans (Thuard, Doucet) ou en envoyant un chèque de 25 euros à l'auteur : Didier Béoutis 11 rue Pierre Belon 72 000 Le Mans

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