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Insolite

Traversée de l'Atlantique en tonneau : "Je ne réalise pas encore"

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Jean-Jacques Savin, qui a réussi sa traversée de l'Atlantique en tonneau après être entré en mer des Caraïbes ce week-end, n'a toujours pas mis pied à terre ce lundi. Contacté par France Bleu Gironde, il confesse n'avoir pas vraiment envie de voir sa belle aventure prendre fin.

Jean-Jacques Savin à l'intérieur de son tonneau, avant son départ.
Jean-Jacques Savin à l'intérieur de son tonneau, avant son départ. © AFP - GEORGES GOBET

Bordeaux, France

122 jours et quelques heures après son départ de l'île d'El Hierro dans les Canaries, Jean-Jacques Savin a annoncé, sur son Facebook, avoir réussi son défi : traverser l'Atlantique en solitaire, à la seule force des courants, à bord d'un grand tonneau. Inspiré par le navigateur Alain Bombard, qui avait traversé l'Atlantique sur un canot pneumatique en 1952, l'aventurier de 72 ans, habitant d'Arès, s'est fait quelques frayeurs. Mal embarquée, sa traversée a été plus longue que prévu. Mais il en garde de très beaux souvenirs et n'a pas vraiment envie de revenir sur terre...contacté par France Bleu Gironde, il raconte sa traversée et évoque, sur une liaison téléphonique grésillante, son prochain défi. 

France Bleu Gironde : comment allez-vous, après plus de 120 jours en mer ?

Jean-Jacques Savin : Je vais très, très bien ! Je ne réalise pas encore ma traversée, parce que je suis en pleine préparation de l'embarquement sur un cargo, pour être dirigé sur la Martinique où tout le staff logistique m'attend (...) Cela se présente bien. Hier, à la sieste, j'ai croisé un voilier, le premier depuis 125 jours ! Il a pu transmettre au CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) que j'allais bien et que je souhaitais être récupéré.

Vous dites ne pas encore réaliser, mais quand vous avez franchi le fameux méridien qui validait le défi, vous faisant entrer en Mer des Caraïbes, qu'avez-vous ressenti ?

Je suis d'abord venu contre (le méridien), puis le vent a tourné, m'a fait repartir vers l'Est... Je suis revenu trois jours après, je l'ai franchi, petit à petit... Je suis content, parce qu'après quinze jours de navigation, j'avais la crainte de partir sur les Açores, et ça aurait été un échec. J'aurais été obligé de remettre le couvert en fin d'année. Après j'ai eu l'impression de partir vers les Bermudes... Là non plus, la mission n'aurait pas été accomplie. Mais je suis aussi très bien dans mon tonneau,en osmose avec l'environnement. C'est une aventure accomplie, terminée, plus longue que prévu mais ça n'a pas été un handicap. Je ne suis pas pressé de retrouver des gens pressés !

Il y a tout de même des gens qui vous attendent à terre ?

Bien sûr, revoir mes amis sera un grand plaisir. Hier, quand j'ai croisé le voilier, j'étais aussi content de parler aux trois personnes, très sympas. Ils m'ont rempli la cambuse, j'ai de quoi manger pendant un mois ! (...) J'ai demandé à être récupéré lundi prochain, parce que j'ai envie de continuer à naviguer sur les flots. Mais je dépends du navire qui va venir me récupérer, je ne sais pas exactement quand.

Quel est votre plus beau souvenir ?

La rencontre avec le ravitailleur américain, ça me donne encore des frissons, des émotions. Je savais huit jours avant qu'il arrivait et souhaitait me ravitailler, j'étais sur son parcours (...) Je l'ai aperçu sur l'horizon vers quatre, cinq heures du matin, avant le lever du jour. Puis il est arrivé auprès de moi quand il faisait jour. C'était un grand moment. Il est resté une heure, j'étais à court de vivres, (les marins) ont rempli ma cambuse. Cela restera un grand moment. Ils m'ont associé à une opération scientifique, en relevant des données sur ma balise, ça m'a fait plaisir.

Sa plus grosse frayeur : une collision évitée de justesse grâce à un fumigène

A deux reprises, un navire est venu sur moi. Le pétrolier, je l'ai eu à la radio quand il se trouvait à 500 mètres, tout de suite il a viré de bord. L'autre, le cargo, je n'ai pas pu l'avoir en radio. J'ai dû déclencher un fumigène. Il a pivoté à 100 mètres de moi, j'avais l'impression qu'il m'arrivait droit dessus. Il est passé à 20 mètres ! J'ai même pu parler de vive voix avec le capitaine... C'était comme être en panne sur une voie ferrée entre deux barrières, avec le train qui arrive. S'il n'avait pas vu mon fumigène, j'aurais été percuté. C'est impressionnant de voir arriver un monstre comme ça, sur vous.

Quel est votre prochain défi, vous n'allez pas vous arrêter là ?

Très bonne question.... Je viens de traverser l'Atlantique à la seule force des courants, l'année prochaine, je traverse la Manche à la nage !