Infos

Traversée de la Manche dans un sous-marin à pédales : l'expédition reportée à 2017

Par Jean Saint-Marc et Bénédicte Dupont, France Bleu Armorique, France Bleu Béarn, France Bleu Toulouse et France Bleu dimanche 7 août 2016 à 14:41 Mis à jour le lundi 8 août 2016 à 12:27

La traversée devait durer environ une semaine
La traversée devait durer environ une semaine - Projet Poisson Pilote

Les deux ingénieurs qui devaient traverser la Manche dans un sous-marin à pédales ont interrompu leur expédition ce week-end après des soucis techniques. Ils ont décidé de reporter leur aventure à l'année prochaine.

Le Toulousain Michaël de Lagarde, PDG de Delair-Tech, et son acolyte Antoine Delafargue (originaire de Pau) devaient être au fond de la Manche ce dimanche après-midi... Finalement, ils sont toujours coincés à la marina de Plymouth, après une avarie technique. Après deux jours d'investigation, le problème a été identifié : l'hydrogène émis par les batteries, mais l'aventure s'arrête là, pour cette fois.

La fenêtre des marées pour rejoindre Saint-Malo s'est fermée. Mais désormais, on sait que ce sous-marin est navigable, on va continuer les tests. Et on se retrouve l'an prochain pour retenter la Grande Traversée. — Michaël de Lagarde

Dimanche, Michaël de Lagarde se confiait sur France Bleu Toulouse :

France Bleu : Donc vous n'avez passé que quelques heures au fond de l'eau finalement ?

Michaël de Lagarde _: "_vendredi on part en plongée normalement, tout se passe très bien. On devait faire contact avec les bateaux suiveurs : on a un émetteur sur chacun des bateaux qui permet de repérer le sous-marin. On s'aperçoit alors que ce récepteur fonctionne mal. C'est du matériel qu'on a loué, qu'on avait supposé être fonctionnel : en fait il était défectueux. On décide alors faire surface au bout de quelques heures seulement, et de temporiser un peu."

Du monoxyde de carbone dans l'habitacle

C'est déjà la fin de la tentative ?

"Non non, le sous-marin était toujours fermé, on peut dire qu'on était toujours en plongée. Du coup on retourne au mouillage et on débriefe un peu la situation... Et vers 22 heures on se rend compte qu'on a un deuxième problème : le taux de monoxyde de carbone est anormalement élevé. Il faut savoir que le corps humain en émet une petite quantité, on s’attendait à en avoir un peu au bout de plusieurs jours... Mais là au bout de 12 heures on a déjà un taux pas catastrophique mais anormal."

LIRE AUSSI | Un entrepreneur toulousain traverse la Manche en pédalant

C'est trop dangereux de partir ?

"C'est une situation grave ! On ne peut pas s'engager dans la traversée de la Manche avec ce problème là. Ça aurait atteint rapidement des niveaux élevés de toxicité. Et comme on ne comprend pas le problème, on décide, samedi au matin, d'interrompre l'opération."

"La fenêtre marée se referme..." – Michaël de Lagarde

Depuis est-ce que vous avez trouvé l'origine du problème ?

"Non depuis hier (samedi) matin on est au port de Plymouth, on investigue ce problème de monoxyde et on essaye aussi de réparer l'appareil pour repérer le sous-marin."

Ça veut dire que le projet est abandonné ?

"Petit à petit, la fenêtre de marée se referme. Là aujourd'hui (dimanche) on peut dire qu'il est trop tard pour partir vers Saint-Malo. Il y a encore l'option de faire route vers Guernesey, si on trouve la cause rapidement : il faut partir demain (lundi) ou mardi. Guernesey c'est à peu près les deux tiers du voyage, ce serait une énorme performance également. Mais pour l'instant ce n'est pas possible."

"Les grands exploits ne se réussissent pas toujours du premier coup!" – Michaël de Lagarde

Vous ne pouvez pas décaler d'un mois l'expédition ?

"Il faudrait attendre la prochaine fenêtre de marée mais concrètement ce serait compliqué. On a réuni une équipe d'une quinzaine de personnes, dans un mois ils ne seront plus disponibles.. Donc si jamais on ne part pas dans les prochains jours il faudra re-planifier à plus longue échéance, plutôt dans un an donc !"

C'est une grosse déception ?

"Oui c'est une déception... C'est une décision difficile à prendre mais c'est une décision naturelle : on n'est pas là pour se mettre dans des conditions périlleuses, on fait les choses correctement. La traversée de la Manche c'est un peu le point d'orgue mais le très gros du projet c'est d'avoir fabriqué ce sous-marin. Aujourd'hui il est fonctionnel, moyennant quelques petits ajustements, et ça déjà en soit c'est une très grande réussite !"

"L'aspect un peu médiatique ou spectaculaire de la traversée de la Manche est compromis mais, à la limite, si on n'y arrive pas tant pis ! Les grands exploits ne se réussissent pas toujours du premier coup !"

"On a hâte de résoudre tous nos petits soucis de gaz et puis de repartir !" – Antoine Delafargue

Donc vous n'abandonnez pas l'idée ?

"Là aujourd'hui j'ai du mal à vous répondre, je sais pas de quoi demain sera fait. D'ici les prochains jours on essaye au maximum de repartir. Après ça il faudra faire le point et réfléchir !"

A ECOUTER | Antoine Delafargue, l''aventurier palois, s'est confié au micro de Margaux Stive pour France Bleu Béarn :

"Ce n'est que partie remise !"

Partager sur :