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Tsering, la bergère des glaces, en visite dans le Trièves

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Le film "La bergère des glaces" qui raconte la vie à 5000 mètres d'altitude de l'une des dernières bergères de l'Himalaya a été primé trois fois au dernier festival du film de montagne d’Autrans. Tséring, l’héroïne du documentaire, est restée en Isère pour découvrir le travail des bergers du Trièves

Tséring, à gauche sur la photo, le film qui lui est consacré a été primé trois fois au festival d'Autrans
Tséring, à gauche sur la photo, le film qui lui est consacré a été primé trois fois au festival d'Autrans © Radio France - Véronique Pueyo

Elle s'appelle Tsering. Depuis ses 10 ans, elle est bergère sur les hauts plateaux du Ladakh, aux confins de l'Himalaya indien. Elle en a aujourd’hui presque 50 et son frère, cinéaste, a mis longtemps à la convaincre d'accepter d'être filmée dans sa vie quotidienne, une vie simple et rude, à 5000 mètres d'altitude, été comme hiver. Elle a finalement dit oui, pour que sa culture ne disparaisse pas, elle qui mène 300 chèvres et moutons pashmina, à la voix, marchant par tous les temps, dans le vent et la neige, armée d'un seul bâton, chaussée de bottes sans âge, avec dans le dos, un panier, pour y transporter les agneaux nouveaux-nés !

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Son bien le plus précieux, une radio pour écouter le soir de la musique et des voix humaines, sinon, elle ne parle qu'à ses bêtes. Tséring n'a peur de rien, pas même du loup ou du léopard. Elle irradie le film par sa sagesse bouddhiste et son sourire plein de bienveillance.

Découvrez le palmarès du 33e Festival International du Film de Montagne à Autrans

Le film, La bergère des glaces, dont Tsering est l'héroïne, cartonne dans les festivals de montagne

Pas étonnant que le film qui lui est consacré, La bergère des glaces, cartonne dans les festivals. Il a reçu trois prix, dont celui du public, au dernier festival du film de montagne d'Autrans, dans le Vercors. La salle était debout pour l'applaudir ! Tsering, qui ne parle que ladakhi, est gênée d'être ainsi mise dans la lumière mais elle est heureuse de voyager en France depuis deux mois pour faire des rencontres comme en ce moment, dans le Trièves, à Mens, où elle est accueillie par Hélène Vincent, une agricultrice, qui élève 40 chèvres.

"J'ai vu le film et c'est très fort humainement de rencontrer Tsering, en vrai !"explique Hélène Vincent, dans un petit restaurant de Mens, à l'heure du déjeuner. "Ce n'est pas grave si on ne parle pas la même langue, on se comprend sans mot quand il s'agit de parler métier!" Cécile Tonnelier, une autre habitante de Mens qui s'occupe de Tsering, prend la parole : "Je suis frappée par sa capacité d'adaptation, tout en restant zen ! On a plus à apprendre d'elle que le contraire. De toutes façons, les liens se tissent naturellement d'une montagne à l'autre, de l'Himalaya au Trièves"

Ma rencontre avec Tsering, humainement, c'est très fort -Hélène Vincent, agricultrice à Mens

Jeannot, Tsering et Chamba, sa belle-soeur, devant l'alambic de Monestier du Percy © Radio France - Véronique Pueyo
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Tsering a rencontré aussi des paysans qui lui ont expliqué comment ils cultivaient sous serre. Elle s'est également rendue, dans la voiture de Jeannot, un retraité qui a vécu en Inde dans les années 70 et qui parle un peu l'Indi, à Monestier du Percy, chez Françoise Dupont. Françoise cultive des plantes aromatiques et les transforme en produits cosmétiques ou en sirop. Devant le vieil alambic, elle explique, avec les mains et l'aide de Jeannot, qui s'improvise traducteur, comment elle distille des racines de guimauve. "Je suis très honorée de recevoir Tsering" s'enthousiasme Françoise, très impressionnée par ce petit bout de femme, aux yeux rieurs, à la longue tresse noire et aux pommettes brunies par le vent et le froid du Ladakh.

Tsering, elle aussi, connaît les plantes de la montagne et en ramasse pour son Amchi, le médecin-chamane de son village. La visite touche à sa fin et pour remercier de l'accueil, Tsering entonne une vieille mélodie ladakhi, tandis que le Mont-Aiguille se profile à l'horizon. Mi-décembre, elle rentrera dans ses montagnes lointaines, elle a hâte de retrouver ses bêtes. Mais elle va essayer de mettre en pratique quelques idées et astuces, glanées çà et là, chez ses amis français.

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Dégustation d'hydrolat de guimauve, chez Françoise Dupont, à Monestier du Percy © Radio France - Véronique Pueyo

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