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Insolite

Un couple d'Isérois relance l'élevage de porcs Mangalitza, une espèce en voie de disparition

jeudi 4 octobre 2018 à 11:32 Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu

Michel et Sylvie Guidet une centaine de porcs hongrois à La Chapelle-du-Bard (Isère), dans le massif de Belledonne. Cette race a pratiquement disparue mais est réputée pour son lard. Ces cochons Mangalitza, dont certains portent des noms comme Gérard ou Atila, sont très sociables.

Michel et Sylvie Guidet élèvent une centaine de cochons Mangalitza, à la Chapelle du Bard
Michel et Sylvie Guidet élèvent une centaine de cochons Mangalitza, à la Chapelle du Bard © Radio France - Véronique Pueyo

La Chapelle-du-Bard, France

Michel et Sylvie Guidet gèrent un élevage pas comme les autres, sur les 3 hectares qui entourent leur maison de la Chapelle-du-Bard (Isère), dans le massif de Belledonne, à 600 mètres d'altitude. 

Immersion chez les cochons Mangalitza, à La Chapelle du Bard

Une race en voie de disparition

Ils se sont pris de passion pour une race de porcs hongrois, pratiquement disparue mais réputée pour son lard, les cochons Mangalitza. Issus d'un croisement entre des cochons et des sangliers, au début du XVIIIe siècle, dans l'empire austro-hongrois, c'est une race très résistante. Le troupeau vit donc toute l'année en plein air, se gavant de glands et d'un mélange de céréales et de pois. La belle vie, sans stress,  pour Gérard, Atila, Ganja et leurs copains, qui la terminent, quand même, pour certains à l'abattoir de Chambéry .

Michel Guidet, docteur en biochimie, était devenu restaurateur mais ne trouvant pas de charcuterie à son goût,  il avait décidé d’élever ses propres cochons. Il découvre alors l'existence des Mangalitza, une race en voie de disparition et se lance en 2008.

Michel Guidet donne des petits noms à ses cochons. Il pose ici avec Gérard. - Radio France
Michel Guidet donne des petits noms à ses cochons. Il pose ici avec Gérard. © Radio France - Véronique Pueyo

Michel Guidet, qui travaille à côté pour compléter ses revenus, adore son métier : "Regardez-les !" nous lance-t-il au milieu de l'enclos. "Ils sont trop marrants, un peu rasta, un peu laineux, avec leurs soies blondes, rousses ou hirondelle, c'est-à-dire noires sur le corps et blanches sur le ventre. Et puis, ils sont drôlement attachants. Tiens, là-bas, il y a Gérard, qui roupille !

Et il siffle Gérard qui relève la tête et s'approche de Michel, à petits pas tranquilles. "Cette race de porc a failli disparaître après la Seconde Guerre Mondiale, car il a une croissance trop lente. Il faut 18 mois pour faire une bête de 100 kilos, cinq mois pour un porc industriel. Mais la chair n'a rien à voir ! Elle est tellement juteuse, qu'elle ne se dessèche pas à la cuisson. "

Sylvie adore câliner ses cochons - Radio France
Sylvie adore câliner ses cochons © Radio France - Véronique Pueyo

Sylvie, l’épouse végétarienne de Michel, adore, elle aussi, ses cochons :"Ils sont incroyables et très attachants ! Ils adorent qu'on les papouille, un peu comme notre chien ! Ils reconnaissent notre voix et même le bruit de notre voiture. On prend bien soin d'eux et on est toujours triste de les emmener à l'abattoir!"

Chez les gendarmes, parce qu'un de ses cochons avait mangé des croquettes pour chien

Mais parfois, ils leur en font voir de toutes les couleurs, comme Boulette, la mascotte de l'élevage : "Pas plus tard qu'hier, j'étais chez les gendarmes" explique Michel. "Boulotte s'était échappée et elle était rentrée dans la cave de la sœur du maire. Elle a mangé des croquettes pour chien et on m'a convoqué pour violation de domicile !" rigole Michel, qui est bien conscient que, dans le village, certains n'aiment pas trop ses cochons.

Commencé en 2008, l'élevage de Michel Guidet compte aujourd'hui une centaine de cochons Mangalitza - Radio France
Commencé en 2008, l'élevage de Michel Guidet compte aujourd'hui une centaine de cochons Mangalitza © Radio France - Véronique Pueyo

Michel et Sylvie vendent leur viande dans un groupement de producteurs à la Terrasse, mais depuis quelques mois, ils travaillent aussi pour la célèbre charcuterie lyonnaise Sibilia, aux halles Paul Bocuse, à qui ils vendent un ou deux cochons par semaine.

Composée à plus de 60 % de graisse, riche en acide gras oméga 3 et pauvre en cholestérol, la viande du cochon Mangalitza est bon pour la santé, mais oui ! "C'est du bon lard, qui en Europe de l'Est sert même à lutter contre les maladies cardio-vasculaires" explique Michel Guidet. 

Dans le cochon Mangalitza tout est bon, surtout le lard !

Des propriétés que vante également Bruno Bluntzer, le patron de la charcuterie Sibelia : "On le prépare en jambon blanc, en gambette -c'est une épaule désossée et roulée- en échine rôtie. Le jambon crû, également, est à tomber! Aussi bon, voire meilleur, que le fameux jambon d’Espagne, le Patanégra !"

"C'est un produit d'exception !" — Bruno Bluntzer, patron de la célèbre charcuterie Sibilia à Lyon

Un produit d'exception, donc, pour Bruno Blantzer qui, dans sa boutique, vend le cochon Mangalitza presque le double qu'un porc classique :"Il faut compter entre 23 et 32 euros le kilo pour le porc cuisiné, et entre 18 et 23 euros le kilo, pour le jambon cru" précise-t-il.

Et pendant ce temps-là, Gérard et sa bande s'ébrouent, tranquillement, dans leur parc, en émettant quelques grognements de satisfaction...

La Chapelle-du-Bard, en Isère - Radio France
La Chapelle-du-Bard, en Isère © Radio France - Denis Souilla