Insolite

Un habitant de Montreux-Château revient d'un an en Antarctique

Par Hugo Flotat-Talon, France Bleu Belfort-Montbéliard mardi 31 janvier 2017 à 6:00

La base où Alexis Garriga a passé un an est celle où s'étaient installées les équipes du film "La Marche de l'empereur".
La base où Alexis Garriga a passé un an est celle où s'étaient installées les équipes du film "La Marche de l'empereur". © Radio France - Photo personnelle Alexis Garriga

Mécanicien de précision, un habitant de Montreux-Château dans le Territoire de Belfort vient de passer un an sur la base scientifique Dumont-d'Urville en Antarctique. Récit d'une expérience inoubliable.

En 2015, alors étudiant de BTS conception et mutualisation en micro-technique à Besançon, Alexis Garriga apprend que la base Dumont-d'Urville d'Antarctique recherche des volontaires. Un poste de mécanicien de précision au milieu de l'Antarctique ! Alexis postule et après quelques semaines d'attente, deux jours d'avion et une semaine de bateau, le voilà au pôle Sud de la terre. "On est pas très amariné en Franche-Comté, c'était un peu compliqué le trajet", se marre-t-il aujourd'hui. "Quand je suis arrivé, ça faisait 3 ans que ça avait pas débaclé, c'est à dire que la glace ne s'était pas cassée. C'est arrivé cet été là et on s'est retrouvé sur une île d'un km2 de glace pendant 3 mois !".

Sur la base scientifique où vivent vingt-deux personnes le jeune homme fait partie de l'équipe technique. Il doit réaliser des pièces à la demande des scientifiques ou d'autres collègues, le chauffagiste par exemple. "C'est du rustique à l'ancienne, il y a assez peu d'informatique, ça supporte mal le froid et ça serait impossible de se faire livre les pièces de rechange", explique-t-il. Une première expérience professionnelle très intéressante évidemment.

"Les aurores australes sont vraiment impressionnantes, il faut le voir pour le croire", raconte Alexis Garriga. - Radio France
"Les aurores australes sont vraiment impressionnantes, il faut le voir pour le croire", raconte Alexis Garriga. © Radio France - Photo personnelle Alexis Garriga

"Les manchots viennent vous voir"

Le jeune homme à les yeux qui pétillent en racontant certains souvenirs. Comme lorsqu'il voit arriver une petite équipe de ... 8000 manchots ! "L'homme n'est pas un prédateur pour eux, alors ils viennent tout prêt de vous avant de repartir tranquillement", raconte-t-il. Ça sera un peu plus compliqué avec les oiseaux, qui n'hésitent pas à attaquer de peur qu'on s'en prennent à leurs nids. Si un bateau ravitaille la base cinq fois en été, la base est ensuite inaccessible pendant six à huit mois. "On reçoit quelques nouvelles du monde par Internet mais on vit vraiment loin de tout, tous ensemble, comme une famille", raconte Alexis.

Le manchot empereur mesure jusqu'à 1m20. - Radio France
Le manchot empereur mesure jusqu'à 1m20. © Radio France - Photo personnelle Alexis Garriga
Le manchot Adélie pèse entre 3,2 et 3,5 kg.  - Radio France
Le manchot Adélie pèse entre 3,2 et 3,5 kg. © Radio France - Photo personnelle Alexis Garriga

Un Camembert de 1986 !

La vie en équipe, le jeune homme en retient les meilleurs moments. "C'est la première fois que je faisais une partie de foot sur la glace où que je me baignais dans de l'eau à -1,8 degré le jour de noël !". Il raconte aussi les longues soirées à table. "Le cuisinier était au top, on se serait cru à la maison !". Avec même des surprises parfois. "On a mangé un Camembert de 1986 qu'on avait retrouvé. Il était bon, il n'y a pas de microbe là bas", plaisante-t-il. Bientôt Alexis retrouvera ses "amis" de l'Antarctique, ils se le sont promis. En attendant le jeune homme va reprendre ses activités de pompier volontaire à Montreux-Château, réfléchir à son avenir professionnel et se réhabituer à la vie en Occident. "Ça fait bizarre d'avoir à nouveau un téléphone ou la télévision. C'est un peu dur d'avoir une vie normale au retour", confie-t-il.

Alexis Garriga se confie sur un an en Antarctique au micro d'Hugo Flotat-Talon