Insolite

VIDÉO - Une famille de sangliers apprivoisée par des habitants de Cerbère

Par Marion Paquet, France Bleu Roussillon et France Bleu lundi 12 octobre 2015 à 19:43

La femelle a donné naissance à deux marcassins dans un quartier de Cerbère.
La femelle a donné naissance à deux marcassins dans un quartier de Cerbère. - Jean-Claude Portella

Depuis cet été, une femelle sanglier, accompagnée de ses deux marcassins, s'est invitée dans la commune de Cerbère (Pyrénées-Orientales). Les habitants lui ont donné à manger et elle s'est approprié les lieux. Depuis, la petite famille n'est plus repartie.

La commune de Cerbère (Pyrénées-Orientales) a une nouvelle mascotte ! Une laie (femelle du sanglier), que les habitants ont baptisée Caroline. Elle est arrivée, blessée à une patte, l'été dernier sur la côte Vermeille et n'est plus repartie.

Lorsqu'elle est arrivée, des habitants l'ont nourrie, lui ont donné des bouts de pain, de l'eau et puisqu'il faisait très sec, elle est revenue pour trouver de la nourriture en ville. Elle a mis bas dans son quartier d'adoption, sur les hauts de Cerbère, et depuis elle se ballade un peu partout. Dans le jardin du maire par exemple, elle mange... les croquettes du chat !

Au camping, c'était l'attraction de l'été. C'est ce que  raconte Danièle, qui y loue une caravane depuis 30 ans. Certains touristes n'avaient jamais vu de bébés sangliers alors c'était l'euphorie quand ils voyaient passer les deux marcassins, avec leurs petites rayures.

Danièle a même découvert le péché mignon de Caroline : des pâtes crues. Mais la laie reste un animal sauvage, qui a fait quelques dégâts. Les sangliers ont labouré certains jardins, ont cassé des tuyaux d'eau au camping pour boire et se rouler dans la boue, d'où des plaintes recueillies par les élus.

Des mesures ont donc été prises: la première idée a été de capturer maman sanglier dans une grande cage et de l'éloigner de trois kilomètres de la commune. Ce qu'ont fait les chasseurs, sur ordre de la mairie. Mais Caroline a réussi à retrouver le chemin du retour vers Cerbère. 

Deuxième solution : l'abattre. Mais les chasseurs de la commune eux aussi se sont attachées à cette grosse bête d'environ 80 kilos. C'est trop dur pour eux d'appuyer sur la gâchette.

Il a donc fallu faire appel à un lieutenant de louvèterie : un officier habituellement chargé de tuer des loups. Il est passé il y a trois semaines mais la femelle sanglier et ses petits courent toujours. Tant qu'ils ne présentent aucun danger pour la population, le maire ne veut pas qu'on les tue.

Toutefois, certaines personnes ne sont pas rassurées. Au centre de rééducation Bouffard-Vercelli par exemple, la direction est quand même inquiète : un sanglier peut renverser un personne en fauteuil roulant. Elle espère donc que des mesures seront prises pour éviter les accidents.

Le reportage à Cerbère de Marion Paquet