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Insolite

A Dampierre en Burly, une compétition qui envoie du bois

dimanche 3 septembre 2017 à 10:41 Par Anne Oger, France Bleu Orléans

Non ce n'est pas un mauvais film, mais une première à Dampierre en Burly, à l'occasion de la Fête du Bois tout ce week-end : les championnats de France de découpe sportive, c'est le nom officiel de cette compétition.

Dampierre en Burly accueille les championnats de France pour la première fois
Dampierre en Burly accueille les championnats de France pour la première fois © Radio France - Anne Oger

Dampierre-en-Burly, France

Très implantée dans les pays scandinaves ou en l'Allemagne, la Slovénie, la Suisse, la "découpe sportive" s'est développée en France dans les années 90. "Le principe c'est de mettre en lumière le travail des bûcherons, de montrer que c'est un métier de précision, de rapidité... " explique Daniel Valette, membre de la Fédération Nationale de Sport en Milieu Rural, qui organise ces championnats de France. "Et puis d'insister sur la sécurité, c'est un de nos critères de notation : un concurrent pourra réussir une épreuve de bout en bout, s'il a oublié sa visière de sécurité, on va lui enlever des points".

Moi j'ai découvert les compétitions de découpe sportive quand j'étais bûcheron en Haute-Savoie. Aujourd'hui sur le circuit il y a des gens qui ne font que ça, ils ne travaillent plus à côté

Au programme de ces championnats de France, cinq épreuves qui reflètent les particularités du métier de bûcheron : l'abattage, qui consiste à faire tomber un arbre ou un tronc au millimètre près à l'endroit décidé. Difficile à mettre en place en conditions réelles sur le site de Dampierre en Burly, l'épreuve se joue en simulation, les concurrents tronçonnent la base d'un tronc d'arbre et les juges calculent au laser l'endroit où il serait tombé. Il y a aussi l'épreuve combinée : scier un tronc en commençant par le bas, puis pas le haut, et faire en sorte que la découpe soit la moins décalée possible. L'épreuve de précision : il s'agit de couper à terre en stoppant la tronçonneuse au plus près du sol, sans le toucher. "Dans le métier, quand on coupe un tronc et qu'on touche le sol on endommage la chaîne de la tronçonneuse, ça coûte cher et on perd du temps" explique Jean-Michel Petitqueux, sextuple champion de France et vice-champion du monde.

Quand ça a l'air simple, mais qu'en fait c'est compliqué

Autre épreuve, basée sur la rapidité : le changement de chaîne. Il s'agit de changer la chaîne de la tronçonneuse en un temps record. Le champion du monde est français, il s'appelle Yoan Caparros, il fait ça en moins de huit secondes. "Ca aussi c'est comme dans la vraie vie, il faut aller vite pour changer une chaîne quand on est en forêt, ça permet de gagner du temps" raconte Didier Polanowsky, le directeur du Centre de Formation des Apprentis de Bellegarde, spécialisé dans les métiers agricoles. Lui-même concurrent sur cette compétition, il a aussi envoyé quelques uns de ses apprentis, comme Kevin Michaud. "Moi mon épreuve préférée, c'est celle de précision".

Les tronçonneuses, de vrais Formule 1

Et puis l'épreuve sans doute la plus spectaculaire, ce dimanche après-midi. Elle est réservée aux concurrents les mieux classés, pour les départager : l'ébranchage. On reconstitue un tronc d'arbre avec des branches, et il s'agit de les couper le plus vite et le plus proprement possible. Et ne vous y trompez pas, tout cela est très sérieux : les meilleurs au monde travaillent avec des tronçonneuses que Daniel Valette, de la Fédération, assimile à des voitures de Formule 1. "Certains travaillent même sur la qualité du carburant et le font venir des Etats-Unis". Et quand on demande à Daniel Valette s'il envisage une catégorie "massacre", en hommage à Tobe Hooper, le réalisateur du célèbre film d'horreur décédé le 26 août dernier, ça ne le fait pas vraiment rire. "Les gens ne nous parlent pas du tout de ça, ils ont sans doute l'esprit moins tordu que vous" !