Insolite

Une expérience scientifique inédite dans la rue la plus pentue du Mans

Par Anne-Charlotte Costabadie et Julie Le Duff, France Bleu Maine jeudi 5 mars 2015 à 16:46

La rue de Gazonfier au Mans, 340 mètres à 18% de moyenne
La rue de Gazonfier au Mans, 340 mètres à 18% de moyenne © Radio France (Anne-Charlotte Costabadie)

Ce jeudi, 200 volontaires montent et descendent à pied la rue de Gazonfier, sous l’œil des étudiants de l’ISMANS et de chercheurs anglais. L’étude servira à affiner les modèles d'évacuation de certains bâtiments, notamment en cas d'incendie, et c'est une première mondiale.

C’est une rue que tous les Manceaux connaissent et que tous les cyclistes redoutent : avec sa pente de 15 à 20% , la rue de Gazonfier a usé pas mal de mollets sarthois. Des marches sont mêmes creusées dans les trottoirs pour faciliter l’ascension .

Un terrain de jeu fantastique pour les étudiants de l’Ismans, l'école d'ingénieurs du Mans, et l'université anglaise de Greenwich. A l’aide de 10 caméras installées tout au long du parcours, ils ont mesuré toute la journée la vitesse de déplacement des quelques 200 cobayes volontaires inscrits pour l’expérience. Chacun doit effectuer deux montées et deux descentes.

L'interminable montée de la rue de Gazonfier, pour des mollets d'acier - Radio France
L'interminable montée de la rue de Gazonfier, pour des mollets d'acier © Radio France

Parmi ces marcheurs, il y a Xavier, 86 ans (et 3 mois !) : « Ça s'est passé mais la remontée est beaucoup plus difficile que la descente ! J'avais eu un prospectus dans la boîte aux lettres. Et je suis venu surtout pour l'ambiance  ». Claude, lui, n’a pas trop souffert : « J'ai l'habitude de faire des footings dans cette côte alors ça s'est bien passé, je viens 10 - 11 fois par mois  ».

Collaboration franco-anglaise

 

Les chercheurs mesurent la vitesse de déplacement des cobayes de la rue de Gazonfier - Radio France
Les chercheurs mesurent la vitesse de déplacement des cobayes de la rue de Gazonfier © Radio France

Mais cette expérience n'est pas un test d'effort, explique Jean-Charles Craveur, enseignant-chercheur à l'Ismans : « Le but, c'est d'avoir des données pour alimenter les modèles de simulation et de savoir si les bâtiments sont sûrs en terme de sécurité et d'évacuation pour les personnes qui sont dedans  ». A l’origine de ce scénario scientifique, on trouve l'université anglaise de Greenwich. C’est elle qui va analyser les 8000 points de données recueillis au Mans. Lazaros Filippidis a fait le déplacement depuis Londres : « Cette route est très importante car elle est pentue sur une longue distance. On doit avoir ça à Londres mais c'était l'occasion de collaborer avec nos partenaires de l'Ismans  ».