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Dossier : Coronavirus

Savoie : une gardienne de refuge en montagne est confinée avec ses deux enfants, à 2500 mètres d'altitude

Il s'agit d'un confinement hors norme dans le parc naturel de la Vanoise, au refuge du Fond des Fours, au-dessus de Val d'Isère, en Savoie. Claire y est confinée avec ses deux jeunes enfants. La gardienne n'a pas voulu abandonner son refuge.

Claire se considère comme une privilégiée
Claire se considère comme une privilégiée - Claire

Définition de confiner : "Forcer à rester dans un espace limité". Bon là, au refuge du Fond des Fours, ce n'est pas vraiment la même définition ainsi que le décrit la gardienne Claire : "Je vous téléphone dehors. Mon fils est en train de manger un peu de neige. Je vois des chamois. Le ciel bleu est magnifique. La montagne est belle. Et le silence est total, incroyable. D'habitude, on entend passer des avions et le bruit des remontées mécaniques. Là, c'est vraiment très surprenant, très reposant. Nous sommes des privilégiés."

Le coronavirus vu de 2537 mètres de hauteur, au-dessus de Val d'Isère, cela se traduit par un peu de recul pour la jeune Savoyarde de 33 ans : "On ne voit personne. On ne sait pas tout ce qui se passe en bas, dans la vallée. On se tient éloignés des médias et du stress." Un cadre de rêve, mais son activité est mise à mal par le coronavirus.

Travaux d'entretien en plein confinement
Travaux d'entretien en plein confinement - Claire

Rester au refuge par nécessité 

Claire, native de Chambéry, est une amoureuse des Alpes, et plus particulièrement du parc naturel de la Vanoise où elle est gardienne de refuge depuis neuf ans. Cela fait quatre ans que la jeune femme assume le fonctionnement d'un refuge qui appartient au parc, mais qu'elle gère en tant qu'entreprise individuelle. Claire est gardienne du refuge du Fond des Fours cinq mois dans l'année. Cinq mois où elle se démène 7 jours sur 7 quasiment 24 heures sur 24 ! 

"Le cadre est magnifique. Nous sommes des privilégiés. Mais, économiquement, ça va être très dur" - Claire, confinée dans son refuge

15 mars. Quand le couperet de la fermeture obligatoire tombe pour cause de lutte contre le coronavirus, l'activité saisonnière vient de débuter, depuis dix jours. Et si elle a choisi de rester avec ses deux bambins de 18 mois et quatre ans, c’est d’abord pour surveiller les canalisations menacées par le gel - "Une fois qu'on a mis en eau, on ne peut pas abandonner le bâtiment sous peine de voir les réseaux détruits" - et surtout sauver ses congélateurs en cas de panne de courant. 

Claire a fait monter là-haut des victuailles pour toute sa saison. "À la différence des restaurants en bas, on achète tout d'un coup, au début de la saison. Et on l'achemine par hélicoptère. On a de quoi nourrir 600 personnes. C'est un coût énorme pour nous. On a transformé tout ce qu'on pouvait. On a pas mal de produits secs. On aura de la nourriture fichue. Si le gouvernement tient ses promesses pour les aides et si ça reprend en juin, peut-être qu'on limitera la casse."

Une nuit de confinement à 2.537 m d'altitude
Une nuit de confinement à 2.537 m d'altitude - Claire

Solidarité montagnarde

Le confinement est un gros coup dur financier. La gardienne a eu une bonne surprise. "Quand c'est arrivé, j'ai demandé à ceux qui avaient réservé des nuitées s'ils pouvaient faire preuve de solidarité avec nous. Ils nous ont laissé les arrhes. Je suis marquée par la solidarité montagnarde".

Ces montagnards semblent respecter le confinement selon notre vigie. "On voit une ou deux traces nouvelles de randonneurs, pas plus. J'ai conscience que la frustration doit être énorme pour ceux qui sont obligés de rester en bas, dans la vallée. Globalement, le confinement est respecté. En tout cas, vu de mon refuge."

L'heure des devoirs
L'heure des devoirs - Claire

Un confinement de "privilégiés"

Celle qui est aussi accompagnatrice en montagne a bien conscience d'être une privilégiée, malgré le coup de bambou économique. "Nous sommes en bonne santé. Les enfants viennent au refuge depuis qu'ils sont nés. C'est leur deuxième maison. Et comme on n'a pas de clientèle, ils me voient comme jamais."

Le jeune femme ne s’ennuie jamais. Comme tous les confinés du monde, elle s'astreint à un rythme de journée active. Le matin, il y a toujours du bois à couper ou des devoirs à faire avec l’aîné. Des travaux devaient se faire sur dix ans, et, confinement oblige, ils avancent très vite, peintures, menuiserie, pour rendre encore plus beau le refuge qui n’attend que la fin du confinement pour revivre.

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