Insolite

À vendre dans le Calvados, un blockhaus de 1943 pour habitation

Par Adrien Bossard, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu lundi 24 octobre 2016 à 6:00

Le blockhaus date de la Seconde Guerre mondiale.
Le blockhaus date de la Seconde Guerre mondiale. © Radio France - Adrien Bossard

L'annonce peut faire sourire : "Blockhaus de 1943 à vendre pour usage d'habitation". Ce n'est pas une blague, mais une réelle annonce immobilière du cabinet Pozzo basé à Caen. Il met en vente un bunker allemand de la Seconde Guerre mondiale sur la commune de Ver-sur-Mer, dans le Calvados.

Situé au bout d'un chemin, dans un quartier résidentiel, difficile de le rater. Le blockhaus dénote un peu, à côté des maisons de plein pied. Il date de 1943, construit lors de la Seconde Guerre Mondiale. Cet ancien de poste de tir est aujourd'hui transformé en habitation. Le propriétaire, un Caennais, l'utilise comme sa résidence secondaire. Mais il souhaite aujourd'hui et s'en séparer et s'en remet au cabinet immobilier Pozzo.

75 m² habitable

Jérémy Roussel, montrant l'escalier qui permet de monter sur le terrasse. À gauche, on remarque l'impact d'un obus tombé pendant la guerre. - Radio France
Jérémy Roussel, montrant l'escalier qui permet de monter sur le terrasse. À gauche, on remarque l'impact d'un obus tombé pendant la guerre. © Radio France - Adrien Bossard

"C'est la première fois en six ans de carrière que je dois vendre un blockhaus", s'amuse Jérémy Roussel. Le négociateur immobilier en charge des visites. Clés à la main, il ouvre la porte, après avoir remonté le store, "forcément pas d'origine" et rajouté par le propriétaire. L'intérieur est très sobre. "Donc, on a ici une superficie de 75 m² habitable, tout confort. Une grande pièce à vivre, avec cuisine équipée et aménagée. Une douche meuble vasque et un toilette indépendant." Particularités du bunker : pas de chambre et du chauffage via une pompe à chaleur aérothermique. Dehors, un escalier a été construit pour amener sur une terrasse "avec vue sur la mer".

Prix d'achat : 214.000 euros

L'annonce est en ligne depuis un mois et demi. - Radio France
L'annonce est en ligne depuis un mois et demi. © Radio France - Capture d'écran

Les visites, Jérémy Roussel, n'en fait pas tous les quatre matins. Mais il a déjà reçu une offre concrète. "Un Rennais qui souhaitait en faire un gîte, l'idée était très bonne mais ça n'a pas convenu au vendeur, à cause du prix." Jérémy Roussel ne perd pas espoir. Des demandes d'information, il assure en recevoir plein. "Des Suisses, des Australiens se sont renseignés. Des gens plus passionnés par la Seconde Guerre mondiale qu'autre chose. Et rien qu'en signant le compromis de vente, j'ai vu des Jeep américaines passer et s'arrêter, comme quoi il y a un attrait."

"La première fois de ma carrière que je dois vendre un bunker" Jérémy Roussel, négociateur immobilier.

Le négociateur immobilier est persuadé de pouvoir vendre. Les voisins, eux, sont moins optimistes. Notamment Pierrot, il habite juste derrière et selon lui, il n'aurait pas fallu dénaturer le blockhaus. "Ces ouvertures, là, c'est une connerie de les avoir faites. Et puis l'escalier, pour faire une terrasse là-haut, n'importe quoi !" Pierrot vit là depuis toujours, c'est un peu "son" blockhaus, il jouait dedans quand il était petit, et il est très remonté contre le propriétaire. "Je me prends la tête avec lui tout le temps, c'est un fou ce mec ! Alors, si il arrive ça à vendre 214.000 euros, bah je lui tire mon chapeau."

"Je trouve ça glauque d'habiter dans un bunker", Virginie, une voisine

L'intérieur du bunker, aménagé par l'actuel propriétaire. - Radio France
L'intérieur du bunker, aménagé par l'actuel propriétaire. © Radio France - Adrien Bossard

L'autre voisine, Virginie n'investirait pas non plus. Mais pour d'autres raisons. "Je trouve ça glauque d'habiter dans un bunker. Il y a trop d'histoire derrière tout ça, je trouve ça même dommage d'en faire une habitation". Alors si des personnes viennent à s'y installer... "J'irai dire bonjour aux nouveaux voisins, mais je n'irai pas manger chez eux ! (rires)"

Le reportage d'Adrien Bossard

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