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Affrontements à Jérusalem : pourquoi assiste-t-on à un regain des tensions entre Israéliens et Palestiniens ?

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Par , France Bleu

Plusieurs dizaines de personnes sont mortes et des centaines blessées dans des affrontements opposant Palestiniens et Israéliens depuis une semaine. À l'origine de ces violences, le statut de Jérusalem, qui divise les premiers et les seconds depuis 1967.

Echanges de tirs entre Israël et le mouvement Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, le 11 mai 2021.
Echanges de tirs entre Israël et le mouvement Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, le 11 mai 2021. © Maxppp - Khaled Omar / Xinhua News Agency/Newscom

Depuis une dizaine de jours, de violents affrontements opposent Israéliens et Palestiniens. Jeudi le bilan officiel faisait état de 83 morts à Gaza, enclave palestinienne contrôlée par le Hamas, et 7 décès côté israélien. À Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville illégalement occupé et annexé par Israël selon le droit international, des affrontements ont fait des centaines de blessés depuis le 3 mai. Comment expliquer cette nouvelle escalade meurtrière ? France Bleu fait le point.

Premiers affrontements à Jérusalem-Est

Le statut de Jérusalem, considérée comme capitale "indivisible" par les Israéliens, est à l'origine de ces nouvelles violences, les plus graves depuis 2017. Depuis la guerre des Six Jours en juin 1967 la partie orientale de la ville, peuplée de Palestiniens, est annexée par Israël. Une occupation illégale au regard du droit international. 54 ans après, les Palestiniens contestent toujours la souveraineté de l'État hébreu sur Jérusalem-Est, dont ils veulent faire la capitale de l'État auquel ils aspirent.

En début d'année, une décision de justice favorable à des familles juives qui revendiquent des droits de propriété dans un quartier de Jérusalem-Est a ravivé les tensions entre communautés. Le 3 mai, dix personnes ont été blessées selon le Croissant-Rouge palestinien en marge d'une manifestation de soutien à des familles palestiniennes menacées d'expulsion au profit de colons juifs. Depuis les tensions n'ont cessé de s'intensifier poussant Paris, Berlin, Londres, Rome et Madrid à demander à Israël de mettre fin "à sa politique d'extension des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés" et de cesser les expulsions à Jérusalem-Est. 

"À Jérusalem-Est, il y a ce que les Palestiniens appellent une judaïsation progressive, c'est la politique israélienne", a commenté Charles Enderlin, ancien correspondant de France 2 à Jérusalem, ce mardi sur franceinfo. "Jérusalem, c'est un million d'habitants. 60% sont juifs, 40% sont arabes, chrétiens et musulmans. La population arabe de Jérusalem ne décroît pas. Et les Palestiniens se battent d'abord et souvent devant les tribunaux israéliens pour empêcher les expulsions de familles palestiniennes de leur logement ou selon une loi israélienne, les organisations de droite peuvent récupérer des terrains, des propriétés qui appartenaient à des Juifs avant 1948, avant la première guerre israélo-arabe."

"C'est à la fois un conflit immobilier, un conflit juridique et un conflit politique", a résumé lundi sur franceinfo Vincent Lemire, historien spécialiste de Jérusalem.

Plus de 200 blessés sur l'esplanade des Mosquées

Les appels au calme de communauté internationale sont restés lettre morte. Dans la soirée du 7 mai, alors que des dizaines de milliers de fidèles s'étaient réunis sur l'esplanade des Mosquées (troisième lieu saint de l'islam, aussi nommé Mont du Temple par les juifs) pour la dernière grande prière du vendredi avant la fin du mois de jeûne musulman du ramadan, de nouveaux heurts ont éclaté entre policiers israéliens et Palestiniens. Plus de 200 personnes ont été blessées. Selon la police israélienne, des Palestiniens ont lancé des projectiles sur les forces de sécurité qui ont répliqué avec des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc.

Plus de 500 blessés en marge de la "Journée de Jérusalem"

Lundi 10 mai, date de la "Journée de Jérusalem" qui célèbre chaque année la conquête de Jérusalem-Est par les forces israéliennes en 1967, des affrontements ont fait plus de 500 blessés sur l'esplanade des Mosquées. Selon Charles Enderlin, "au début, c'était une fête relativement bon enfant, mais depuis, les mouvements nationalistes religieux l'ont en quelque sorte annexée, organisant une marche de milliers de jeunes militants venus d'écoles talmudiques, allant de la porte de Damas au mur des Lamentations, en passant par le quartier musulman. Le tout parfois en scandant des slogans antiarabes. Pour les Palestiniens, c’est devenu la journée symbole de l'occupation."

Pour le journaliste, les événements des derniers jours illustrent aussi qu'il est "impossible de mettre le problème palestinien au placard". "Depuis plus de dix ans, la politique [du premier ministre israélien] Benyamin Netanyahou était de répéter que le problème palestinien n'avait plus de réelle importance. La communauté internationale, selon lui, ne s'y intéressait même plus et il pouvait donc conclure des accords de normalisation avec des États arabes sans faire la moindre concession aux Palestiniens. Le tout en poursuivant la colonisation sur le terrain sur 60% de la Cisjordanie. Les événements de ces derniers jours ont démontré qu'il a échoué", a-t-il indiqué sur franceinfo.

Des roquettes tirées depuis la bande de Gaza vers Israël

Lundi soir, des salves de roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza vers Israël. Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans l'enclave palestinienne, avait menacé plus tôt l'État hébreu d'une nouvelle escalade militaire si ses forces ne se retiraient pas de l'esplanade des Mosquées. Des centaines de tirs ont été entendus dans la nuit de lundi à mardi.

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