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Alep : un universitaire syrien réfugié à Clermont-Ferrand témoigne

Par Juliette Micheneau et Eric Le Bihan, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu jeudi 15 décembre 2016 à 12:12

Scène de destruction à Alep, Syrie. 13 décembre 2016.
Scène de destruction à Alep, Syrie. 13 décembre 2016. © Maxppp - Kyodo/MAXPPP

Alors qu'Alep agonise sous les bombes du régime syrien, Mouhammad Alda'boul essaie de garder le contact avec ses proches. Ancien maître de conférence à l'université d'Alep, il a fui la Syrie il y a une dizaine d'années pour s'installer à Clermont-Ferrand. Il témoigne.

"Merci à vous d'accepter de parler de la Syrie". Les remerciements de Mouhammad Alda'boul sont sincères lui qui depuis des années maintenant, s'inquiète pour le sort de son pays d'origine. "J'étais maître de conférence à la fac de lettres à Alep. Je suis déclaré contre Bachar Al Assad donc ils m'ont viré de l'université". Malgré tout, l'universitaire a gardé beaucoup de contacts dans la ville assiégée. Réfugié à Clermont-Ferrand, il a monté une association pour venir en aide aux Syriens : "On a réussi à envoyer pas mal de colis alimentaires mais c'était il y a bien longtemps".

Mouhammad Alda'boul échange avec ses proches via Internet et les applications Skype ou Whatsapp. Il y a deux jours il a appris que son appartement d'Alep avait été bombardé par l'aviation russe. Pour s'informer de la situation heure par heure, il est aussi en contact avec un journaliste syrien sur place, Hadi Al Abdullah : "Il nous a transmis ces derniers temps qu'il y a au moins 100 000 personnes qui sont piégées dans un tout petit quartier. Ils attendent la mort à tout moment." La dernière vidéo reçue par le réfugié clermontois viennent d'un orphelinat d'Alep : "Ça fait trois jours que les enfants n'ont rien à manger".

Réécoutez le témoignage de Mouhamad Aldaboul, ancien universitaire à Alep, réfugié à Clermont-Ferrand.

Bien sûr, Mouhammad Alda'boul est choqué par l'inaction de la communauté internationale. "Là ça dépasse toutes les valeurs de l'humanité. Quand on voit des enfants déchirés en plusieurs morceaux, et on ne fait rien ? Comment on peut résister à ce spectacle ?" L'universitaire blâme les veto russes et chinois qui ont empêché notamment la France de venir en aide au peuple syrien. Quand on lui demande s'il envisage une solution : "La solution ? La réalité aujourd'hui c'est la mort des gens. Si on voulait d'autres solutions ce serait au moins qu'on les aide à sortir, de faire des passages humanitaires pour ramener de quoi boire et de quoi manger."