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International

Algérie : Abdelaziz Bouteflika officiellement candidat à un 5e mandat, qu'il promet de ne pas finir

lundi 4 mars 2019 à 7:59 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

L'équipe du président algérien Abdelaziz Bouteflika a officiellement déposé, dimanche, sa candidature à la présidentielle du 18 avril dans le pays. Le chef de l'État promet que s'il est réélu pour un cinquième mandat, il n'ira pas jusqu'au bout de celui-ci et organisera une présidentielle anticipée.

Abdelaziz Bouteflika en novembre 2017 à Alger.
Abdelaziz Bouteflika en novembre 2017 à Alger. © AFP - RYAD KRAMDI

L'équipe de campagne du président algérien Abdelaziz Bouteflika a officiellement déposé dimanche son dossier de candidature à la présidentielle du 18 avril, pour un 5e mandat massivement contesté en Algérie et qu'il s'est engagé à ne pas terminer. Le message n'a apparemment pas convaincu, et de nouvelles manifestations se sont tenues dans la nuit dans le centre d'Alger, où plusieurs centaines de jeunes défilaient dans le calme, et dans plusieurs autres villes.

Bouteflika hospitalisé depuis une semaine en Suisse 

Dimanche en fin d'après-midi, c'est donc le directeur de campagne d'Abdelaziz Bouteflika qui s'est chargé de déposer au Conseil constitutionnel à Alger le dossier du président algérien, hospitalisé il y a une semaine en Suisse et dont le retour n'a toujours pas été annoncé.  Il a ensuite lu devant la presse d'une lettre du candidat Bouteflika, dont de larges extraits avaient été auparavant diffusés à la télévision. "J'ai écouté et entendu le cri du cœur des manifestants et en particulier des milliers de jeunes qui m'ont interpellé sur l'avenir de notre patrie", y assure Bouteflika, qui ne s'est pas adressé de vive voix aux Algériens depuis un AVC en 2013 et qui n'apparaît plus que rarement en public. 

Une présidentielle anticipée... s'il est réélu 

Les Algériens ont manifesté massivement ces dix derniers jours à Alger et dans le reste du pays contre la perspective d'un 5e mandat du chef de l'Etat âgé de 82 ans, élu pour la première fois en 1999 et réélu depuis sans discontinuer et toujours avec plus de 80% des voix au 1er tour. "J'ai le devoir et la volonté d'apaiser les cœurs et les esprits de mes compatriotes" et de répondre à "leur exigence fondamentale (...) le changement du système", poursuit le président algérien qui prend "l'engagement", s'il est réélu, d'organiser "une élection présidentielle anticipée" à laquelle il ne sera pas candidat. La date de cette élection sera fixée par une "conférence nationale" mise en place après le scrutin et chargée de préparer des "réformes politiques, institutionnelles, économiques et sociales" devant déboucher sur un "nouveau système".  Cette élection anticipée "assurera ma succession dans des conditions incontestables de sérénité, de liberté et de transparence", affirme Bouteflika, qui annonce aussi la rédaction d'une nouvelle Constitution, consacrant "la naissance d'une nouvelle République" et qui sera soumise à référendum.

Nouvelles manifestations dans le calme 

Cet engagement du chef de l'Etat à n'exercer qu'un mandat abrégé vise à désamorcer une contestation inédite de son pouvoir, sans pour autant reculer face à la rue qui réclame en premier lieu l'abandon de sa candidature. Dans la journée puis dans la nuit, des centaines d'étudiants ont à nouveau protesté, sans incidents, dans la rue et sur les campus, à Alger et dans plusieurs autres villes, scandant "Non au 5e mandat !", 48 heures après des manifestations monstres en Algérie. "Bouteflika, dégage!", "Algérie libre et démocratique !", ont martelé les protestataires dans la capitale, beaucoup d'automobilistes klaxonnant au passage en signe de solidarité. Des milliers de manifestants se sont également rassemblés dimanche en France.