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International

Algérie : Abdelaziz Bouteflika poussé vers la sortie, le parti allié du président réclame sa démission

mercredi 27 mars 2019 à 7:52 - Mis à jour le mercredi 27 mars 2019 à 12:54 Par Anne Orenstein et Raphaël Cann, France Bleu

Le parti RND, principal allié du président algérien, réclame ce mercredi la démission d'Abdelaziz Bouteflika. La veille, l'armée a demandé le déclenchement d'une procédure pour déclarer inapte au pouvoir le chef d'État affaibli par la maladie et contesté par la rue.

Le président Abedelaziz Bouteflika est affaibli par la maladie et contesté par la rue
Le président Abedelaziz Bouteflika est affaibli par la maladie et contesté par la rue © Maxppp - Bensalem

La pression s'accentue sur Abdelaziz Bouteflika, affaibli par la maladie. Après près d'un mois de contestation populaire, le parti Rassemblement national démocratique, principal allié du président algérien, réclame aussi ce mercredi sa démission.

Son secrétaire général, Ahmed Ouyagia, demande "la démission du président de la République (...) dans le but de faciliter la période de transition." Premier ministre d'Abdelaziz Bouteflika à trois reprises depuis 2003, il est pourtant un fidèle du chef d'État. 

Très impopulaire auprès de l'opinion publique, il était encore à la tête du gouvernement avant son limogeage le 11 mars dans l'espoir de calmer la colère de la rue. Son bras droit va même plus loin en comparant le régime en place à un "cancer."

L'armée le lâche

La veille, l'armée a également contesté le président. Le vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaid Salah a demandé l’utilisation de l’article 102 de la Constitution. 

Cet article s’applique quand le président de la République est dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions "pour cause de maladie grave et durable", ou quand il démissionne. Dans ces deux cas, le poste de président est déclaré vacant. Il est attribué au président du Conseil de la Nation, la chambre haute du parlement, le temps d'organiser une nouvelle élection présidentielle.

La balle est maintenant dans le camp d’Abdelaziz Bouteflika qui peut choisir lui-même de démissionner ou dans celui du président du Conseil constitutionnel, un proche du chef d'État, à qui il revient de lancer la procédure. 

Une demande qui ne convainc pas tout le monde

Le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), principale formation islamiste opposée à la majorité depuis 2012, a estimé que l'article 102 "ne permet pas la mise en oeuvre de réformes" une fois appliqué et empêche de futures "élections libres".

La Ligue algérienne de défense des droits de l'homme dénonce également cette proposition : "Il semble bien que les décideurs, par cet ultime subterfuge, s’octroient le pouvoir de perpétuer le système décrié et rejeté par le peuple."

La rue reste prudente

Quelques klaxons ont retenti dans la capitale algérienne pour accueillir la décision de l'armée, mais les manifestants restent malgré tout prudents. Cette annonce "ne va pas régler la crise. Le peuple ne réclame pas uniquement le départ de Bouteflika, mais de tout le système au pouvoir", déclare Oumeima Khellaf, une jeune étudiante en tourisme. 

Pour Mohand Chertouk, électricien de 36 ans, il s'agit "juste d'une tentative de gagner du temps. Le départ de Bouteflika peut constituer un début de solution, mais il faut ensuite un changement profond, sinon la crise va perdurer".