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Attaque meurtrière au Niger : ce que l'on sait ce lundi

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu

Six Français et deux Nigériens ont été tués ce dimanche par des hommes armés venus en moto dans la zone de Kouré, au sud-ouest du Niger. Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête ce lundi. Le président Macron a réagi sur les réseaux sociaux. On fait le point ce lundi sur ce que l'on sait.

Six Français ont été tués dans la zone de Kouré, au sud-ouest du pays.
Six Français ont été tués dans la zone de Kouré, au sud-ouest du pays. © AFP - BOUREIMA HAMA / AFP

Huit personnes, dont six humanitaires français, ont été tuées par des hommes armés ce dimanche au Niger, dans la région de Kouré. "Il y a huit morts : deux Nigériens dont un guide (touristique) et un chauffeur, les six autres sont des Français", a déclaré dimanche un gouverneur local. Le parquet antiterroriste français a ouvert une enquête.

France Bleu fait le point sur ce que l'on sait de cette terrible attaque.

Que s'est-il passé ?

Le drame s'est déroulé vers 12h30 heure française dans la zone de Kouré, située au sud-ouest du Niger, à 60 kilomètres à l'est de la capitale Niamey. Des hommes armés, venus à motos, ont surgi alors que les victimes étaient parties en excursion touristique.

Niger : 8 personnes, dont 6 Français, tuées par des hommes armés
Niger : 8 personnes, dont 6 Français, tuées par des hommes armés © Visactu

"La plupart des victimes ont été abattues par balle et une femme qui a réussi à s'enfuir a été rattrapée et égorgée. Sur place, on a trouvé un chargeur vidé de ses cartouches", a détaillé une source à l'AFP. Cette source a décrit les corps gisant, côte à côte, près d'un véhicule 4x4 à moitié incendié et aux portières ouvertes. Des traces de balles étaient visibles sur la vitre arrière du véhicule. L'un des corps était carbonisé. D'autres présentaient des blessures mortelles à la tête.

C'est la première attaque visant des touristes occidentaux depuis une vingtaine d'années dans cette zone instable.

Qui sont les victimes ? 

Selon l'ONG Acted, qui a donné une conférence de presse ce lundi après-midi, les victimes sont quatre hommes et quatre femmes "entre 25 et 50 ans". Sept d'entre elles étaient salariées de l'organisation, des humanitaires présents au Niger depuis "quelques mois à deux ans". Six victimes étaient françaises, leur chauffeur et le guide touristique étaient tous deux Nigériens.

"Le staff victime de l'attaque était basé à Niamey et occupait des fonctions de support", a déclaré la directrice générale d'Acted Marie-Pierre Caley. "C'était surtout des fonctions administratives, a développé, Frédéric Roussel, le directeur du développement de l'ONG. Du support logistique, financier, administratif."

Parmi elles, figurait un volontaire international basé à Niamey. C'était semble-t-il la première fois qu'il quittait la capitale nigérienne. "Il était formé, a souligné Frédéric Roussel. En général, les volontaires passent six mois à Paris avant d'être envoyés sur le terrain".

Qui sont les assaillants ? 

Pour le moment, on ne connaît pas l'identité des auteurs de l'attaque, les meurtres n'ont pas été revendiqués. Mais ils surviennent dans un pays régulièrement frappé par les groupes jihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). "Ils sont venus à moto à travers la brousse et ont attendu l'arrivée des touristes", a déclaré une source à l'AFP. 

"_Une enquête et des opérations de ratissage, en collaboration avec nos partenaires (français, ndlr) sont en cours en vue de dénicher les auteurs de ces actes ignobles et de renforcer la sécurité dans la zon_e", a indiqué le ministère nigérien de l'Intérieur. L'armée française a confirmé apporter son appui, notamment aérien, aux troupes du pays.

Le parquet antiterroriste ouvre une enquête 

Le parquet antiterroriste français a annoncé ce lundi l'ouverture d'une enquête suite à cette attaque, pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste".

Acted a également indiqué ce lundi qu'elle allait déposer une plainte pénale dans les prochains jours "pour que les familles sachent ce qu'il s'est passé", "une attaque d'opportunité ou planifiée", a souligné l'avocat de l'ONG, Joseph Breham.

La zone était-elle dangereuse ?

L'ONG a expliqué que le dimanche "dans certains cas, nos expatriés sont autorisés à visiter les endroits les plus sécurisés du pays". La zone où a eu lieu le drame est "une zone où vont les expatriés de Niamey", devenue une attraction touristique il y a une vingtaine d'années, quand un petit troupeau de girafes peralta y avait trouvé un havre de paix. Il s'agit, selon le cofondateur d'Acted de la seule zone "jaune" du pays, c'est-à-dire où les déplacements sont possibles avec une "vigilance renforcée".

Jusqu'à ce dimanche, cette zone "n'avait connu aucun incident de sécurité". "D'où le terrible paradoxe que ce drame ce soit produit dans la zone présumée la plus sécurisée du pays", a déploré Frédéric Roussel, co-fondateur d'Acted.

Pour le député Agir des Français établis hors de France (Maghreb et Afrique de l'Ouest) M'jid El Guerrab, invité sur franceinfo ce lundi, "à partir d'aujourd'hui, il ne faut plus aller dans cette zone", selon lui. "Peut-être que les humanitaires ont été un peu naïfs et que dans cette zone-là, il va falloir renforcer les protocoles de sécurité", estime M'jid El Guerrab.

Les réactions suite à l'attaque

Le président de la République s'est entretenu au téléphone avec son homologue nigérien, Mahamadou Issoufou, ce dimanche soir. Sur Twitter, Emmanuel Macron a dit partager "la douleur" des familles des victimes et de leurs proches, "certains étaient engagés pour la plus altruiste des missions : aider les populations".

Le chef de l'Etat a affirmé que "tous les moyens" seront mis en oeuvre pour "élucider" les circonstances de cet "attentat". Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a également prévenu que "les responsables de cette attaque abjecte devront répondre de leurs actes". Un conseil de défense est prévu ce mardi.

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a présenté ses condoléances aux  familles des victimes, ainsi qu'"au président Macron dont l'engagement à nos côtés dans la lutte contre le terrorisme est sans faille".

Le combat se poursuit aussi pour la ministre des Armées, qui l'annonce ce lundi sur Twitter. "Cette tragédie ne fait que renforcer notre détermination à poursuivre le combat contre les groupes terroristes, avec nos partenaires sahéliens, a souligné Florence Parly. L'opération Barkhane - à la demande du Niger - est en mesure d'aider à suivre la trace des meurtriers."

"Nous sommes devenus les cibles les plus faciles"

Lors de la conférence de presse ce lundi, l'ONG Acted a jugé "déporable" que la communauté internationale ne garantisse pas davantage la sécurité des travailleurs humanitaires déployés dans les pays à risque. Perdre sept membres de l'organisation est "un drame sans précédent" pour l'ONG.

"La communauté internationale (doit réaliser) la contradiction qu'il y a entre nous demander de soutenir ces populations qui vivent de façon dramatique et nous laisser seuls confrontés à une violence où nous sommes devenus les cibles les plus faciles", a déclaré le cofondateur d'Acted Frédéric Roussel.

Il est de notre devoir de continuer à aider les populations les plus menacées sur la planète. - Frédéric Russel, confondateur d'Acted

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