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Ouagadougou : trois salariés d'une même société du Val d'Oise tués

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris Région, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu dimanche 17 janvier 2016 à 11:17

Thierry Costard, le PDG de Scalès
Thierry Costard, le PDG de Scalès © Radio France - Rémi Brancato

Parmi les 29 personnes tuées dans l'attentat contre un hôtel et un restaurant de la capitale burkinabé, trois travaillaient pour une société du Val d'Oise. Ces deux Français et ce Portugais de la société Scalès, basée à Saint-Ouen l'Aumône, étaient partis en mission au début du mois.

Ce sont trois salariés d'une même entreprise qui ont été tués dans l'attentat contre un restaurant et un hôtel de Ouagadougou vendredi soir. Ils travaillaient pour la société Scalès, basée à Saint-Ouen l'Aumône, dans le Val d'Oise. Cette entreprise, spécialisée dans le transport d'objets très lourds, envoie régulièrement des salariés pour des missions à l'étranger. Les trois hommes devaient rentrer ce lundi en France.

Le PDG de l'entreprise leur a rendu hommage, ce dimanche, dans une brève allocution lue devant le siège de la société. "Leur disparition dramatique est une grande perte pour notre entreprise et  pour nous tous qui les côtoyions depuis de nombreuses années" a déclaré Thierry Costard, très ému avant d'ajouter :

"Nos pensées vont à leurs familles dont nous partageons la douleur dans ces moments tragiques".

"Notre entreprise est endeuillée" Thierry Costard, PDG de Scalès.

Antonio Basto, chef d'équipe, de nationalité portugaise, avait intégré la société il y a presque 12 ans. Ses deux collègues, français, Arnaud Cazier et Eddie Touati travaillaient chez Scalès depuis bientôt 9 ans. 

Une habitante de Saint-Ouen l'Aumône est venue déposer une bougie dimanche matin, devant l'entreprise, avec un message, scotchée à la boîte aux lettres. On peut y lire : "Eddie, Arnaud, Antonio : une pensée pour nos compatriotes lâchement assassinés hier."

Dimanche matin, un collègue, sous traitant de la société, a tenu à venir saluer les dirigeants : "ce sont des gars avec qui j'ai travaillé", lâche-t-il, les yeux rougis. "Ils adoraient faire des déplacements à l'étranger pour leur boulot, ajoute-t-il, c'est une énorme perte".

Rémi Brancato s'est rendu devant l'entreprise ce dimanche

Antonio Basto habitait à Bosc-Hyons, en Seine-Maritime, entre Beauvais et Rouen avec son épouse et ses quatre enfants. L'une de ses filles, Angélique, 31 ans, a accepté de témoigner au micro de Coralie Moreau de France Bleu Haute-Normandie :

"Maman l'a eu au téléphone pour la dernière fois vendredi soir (...) dès le départ j'ai eu un pressentiment."  

"J'ai eu un pressentiment" raconte Angélique, qui a perdu son père.

Eddie Touati habitait près d'Amiens, dans la Somme et Arnaud Cazier, vivait, lui, dans l'Oise, près de Beauvais.

Des familles en deuil

Samedi après-midi, les proches des trois victimes ont publié des messages sur les réseaux sociaux. Ils étaient alors sans nouvelles des 3 hommes. Peu après, ces appels à témoins ont laissé la place aux manifestations de tristesse.

Avant de s'installer dans la Somme, Eddie Touati avait vécu dans l'agglomération de Beauvais, dans l'Oise. La maire de la ville, Caroline Cayeux a fait part samedi soir de son "immense tristesse", sur Facebook.