International

Les élections américaines vues du Berry

Par Mathilde Choin, France Bleu Berry lundi 7 novembre 2016 à 19:03

"Si Donald Trump est élu, je vais pleurer", affirme Kathy, une américaine installée dans l'Indre depuis 11 ans.
"Si Donald Trump est élu, je vais pleurer", affirme Kathy, une américaine installée dans l'Indre depuis 11 ans. © Radio France - Mathilde Choin

J-1 avant les élections présidentielles aux États-Unis. Après des mois de campagne, les américains vont enfin savoir qui d'Hillary Clinton ou de Donald Trump va succéder à Barack Obama. À quelques heures des résultats, nous avons pris le pouls auprès de berrichons exilés outre-Atlantique.

Ils vont être rivés sur leur poste de télévision ou leur poste de radio : les américains - berrichons d'adoption - risquent d'être nombreux à suivre les élections présidentielles aux États-Unis : dés demain soir pour les premières estimations et surtout mercredi au petit matin pour les résultats. Des élections qui sont suivies dans le monde entier et en Berry aussi où de nombreux américains sont installés.

"Si Donald Trump est élu, ça sera une catastrophe"

Kathy, une américaine tient des chambres d'hôtes depuis onze ans à Celon, près d'Argenton-sur-Creuse, au Sud de l'Indre. Après des mois de campagne et à quelques heures des résultats, Kathy elle se dit désespérée : "Au début, j"aimais beaucoup Hillary. Donald Trump, non. Jamais, jamais, jamais. Mais j'aime de moins en moins Hillary". Cette berrichonne d'adoption ne peut pas voter pour ces élections pour une question d'adresse mais si elle avait pu, elle aurait voté pour Hillary Clinton : "Elle est le meilleur choix des deux mais peut-être pas le meilleur président pour les États-Unis."

Toute ma famille aime Donald Trump. C'est gênant pour moi, c'est terrible", Kathy, une américaine installée dans le Berry

Kathy est originaire de l'Ohio, un État considéré comme un Swing state, là où le vote change à chaque élection. Mais en ce qui concerne la famille de Kathy, elle, elle est sûre de son choix : "Toute ma famille aime beaucoup Donald Trump et je suis très très étonnée. Je leur ai demandé pourquoi. Son discours sur les frontières, les immigrés... Pour ma famille, c'est une bonne idée... C'est gênant pour moi, c'est terrible". Kathy ne compte pas restée éveillée cette nuit. Elle connaîtra le résultat comme beaucoup de français demain matin, au réveil : "Peut-être que quand je vais me lever Donald Trump sera président. Ça sera une catastrophe. I will cry !

Une atmosphère "inhabituelle et jamais vue"

Pierre Sauvaget - originaire de Châteauroux - est chef de cuisine dans un restaurant franco-californien à Los Angeles. Il nous décrit une ambiance un peu tendue : " Y'a un climat d'incertitude que je n'ai jamais connu, qui est désagréable, une Amérique qui est divisée : en général, le peuple américain est très soudé, les gens sont dégoûtés par cette politique et surtout la politique de Trump. Les gens ont peur de cette montée du fascisme. La droite de Trump est quand même assez inquiétante. Faut que les espagnols, les mexicains, toute l'Amérique centrale vote, parce que sinon Trump va passer. Et il ne faut pas qu'il passe."

Il règne un climat d'incertitude. L'Amérique est divisée et ça ne lui ressemble pas", Pierre, un berrichon installé à Los Angeles

Martin Lumet, berrichon originaire de Buzançais, a quitté la France il y a 35 ans pour vivre le rêve américain et ouvrir son restaurant de spécialités françaises à Washington. Martin résume cette campagne en deux mots : "Inhabituelle et jamais vue". Comme la majorité des citoyens américains, ce restaurateur de 52 ans n'est pas prêt de l'oublier : "C'est un peu honteux tout ce qui se dit, tout ce qui se passe. Il est temps que ça se termine, ça fait six mois qu'on en bave. "

Si Donald Trump est élu, on déménagera au Canada", Martin, un berrichon installé à Los Angeles

Entre la vidéo machiste de Donald Trump et les e-mails Hillary Clinton, ces élections ont été marquées par les nombreux scandales et les coups bas. Ce berrichon originaire de Buzançais a la nationalité américaine depuis 2001. Aux États-Unis, les bureaux sont ouverts pendant cinq jours avant les élections pour éviter qu'il n'y ait trop de monde le jour J. Martin a donc déjà voté : "J'ai voté pour Hillary Clinton. J'ai choisi le moins pire des deux pires". Pour lui, Donald Trump est beaucoup trop dangereux : "Il n'a aucune connaissance de quoi que ce soit. C'est un peu effrayant quand vous l'entendez parler de politique étrangère, d'économie et de tous les autres sujets". Tellement dangereux que s'il est élu : "On déménagera au Canada", conclut-il.

Le reportage de Mathilde Choin