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BNP Paribas visée par une plainte pour complicité de génocide au Rwanda

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Par , France Bleu

Trois associations ont déposé plainte contre la BNP Paribas pour "complicité de génocide, de crimes contre l'Humanité et de crimes de guerre" au Rwanda, selon les informations de la cellule investigation de Radio France révélées ce jeudi.

La banque française BNP Paribas est visée par une plainte pour complicité de génocide au Rwanda
La banque française BNP Paribas est visée par une plainte pour complicité de génocide au Rwanda © AFP - Philippe HUGUEN

La BNP Paribas a-t-elle contribué à armer les génocidaires au Rwanda ? C'est la question soulevée par la plainte qui vise la banque, déposée par trois associations avec constitution de partie civile. Cette plainte, révélée jeudi par la cellule investigation de Radio France, est déposée précisément pour "complicité de génocide, de crimes contre l'Humanité et de crimes de guerre" au Rwanda.

Un versement en Suisse pour acheter des armes au Rwanda ?

Ces associations (Sherpa, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda et Ibuka) accusent le groupe bancaire d'avoir "participé au financement de l'achat de 80 tonnes d'armes, ayant servi à la perpétration du génocide", alors"que la banque ne pouvait douter des intentions génocidaires des autorités du pays pour qui elle a autorisé le transfert" de fonds en juin 1994. C’est la première fois qu’une telle plainte est déposée contre une banque, en France.

Dans le détail, la BNP aurait "autorisé en juin 1994 deux transferts de fonds du compte, que la Banque nationale du Rwanda (BNR) détenait chez elle, vers un compte de la banque suisse UBP" au nom de Willem Tertius Ehlers, un intermédiaire sud-africain "propriétaire à cette époque d'une société en courtage d'armes nommée Delta Aero". Selon elles, ces transferts pour plus de 1,3 millions de dollars (1,14 millions d'euros), sont intervenus alors que l'ONU avait décrété depuis un mois un embargo sur les livraisons d'armes au Rwanda, où avait débuté le génocide des Tutsi qui fera 800.000 morts entre avril et juillet 1994. Le lendemain, M. Ehlers et le colonel Théoneste Bagosora, un militaire rwandais hutu depuis condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), auraient conclu une vente d'arme aux Seychelles aux côtés d'intermédiaires zaïrois, affirment les associations.

Environ 25 dossiers liés au génocide au Rwanda sont actuellement instruits en France par un pôle d'enquêteurs et de magistrats spécialisés sur les crimes contre l'humanité. Contactée, BNP Paribas déclare ne pas disposer pour le moment des éléments suffisants pour répondre à ce dépôt de plainte.

Une autre plainte visant les politiques et militaires français

Une autre plainte pour "complicité de génocide et complicité de crimes contre l’Humanité" a été déposée auprès du doyen des juges du tribunal de grande instance de Paris, par l'association Survie, toujours selon la cellule investigation de Radio France jeudi. Cette plainte contre X avec constitution de partie civile vise particulièrement les "responsables politiques et militaires français" en fonction pendant le génocide au Rwanda, en 1994.

L’association de lutte contre la Françafrique souhaite faire la lumière sur les livraisons d’armes aux génocidaires, de janvier à juillet 1994, y compris après l’embargo sur les armes décidé par les Nations unies, le 17 mai 1994. En déposant une plainte avec constitution de partie civile, l’association espère qu’un juge d’instruction sera désigné pour enquêter sur ces trafics d’armes pendant le génocide au Rwanda. "À travers cette plainte, nous visons l’aveuglement d’une politique africaine de la France, le soutien à un régime qui bascule vers le génocide. Tous les signaux d’alerte remontent vers Paris mais les responsables politiques ne veulent pas en tenir compte. Ils maintiennent un appui à un régime qui commet un génocide", a déclaré Thomas Borrel, le porte-parole de Survie

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