Infos

Brésil : Dilma Rousseff fait appel de sa destitution et demande un nouveau procès

Par Raphaël Godet, France Bleu mercredi 31 août 2016 à 20:06 Mis à jour le jeudi 1 septembre 2016 à 16:54

 Le verdict est tombé au sixième jour d’un procès marathon.
Le verdict est tombé au sixième jour d’un procès marathon. © Maxppp - FERNANDO BIZERRA JR

Au lendemain de sa destitution par le Sénat brésilien, Dilma Rousseff annonce ce jeudi faire appel auprès de la cour suprême du pays pour demander un nouveau procès et l'annulation de la sentence qui l'a écartée du pouvoir hier.

Dilma Rousseff ne compte pas en rester là. Quelques heures après avoir été destituée par les sénateurs, l'ancienne présidente brésilienne fait appel de cette décision auprès de la cour suprême (STF), et demande un nouveau procès. Elle dénonce "un coup d'Etat parlementaire" et réaffirme qu'elle est innocente.

Qui a voté la destitution de Dilma Rousseff ?

L'issue était attendue hier mercredi. Les 81 parlementaires devaient répondre à la question : "Dilma Rousseff a-t-elle commis un crime de responsabilité ?" Les deux tiers des sénateurs (soit 54) devaient voter "oui" pour valider la destitution. Le résultat a été sans appel : 61 d'entre eux ont voté "oui", 20 ont voté "non". Le verdict est tombé au sixième jour du procès. Elle a réagi dans la soirée sur Twitter. Comme celui-ci : "Ils ont condamné une innocente et ils ont créé un coup d'Etat parlementaire."

Que reproche-t-on à Dilma Rousseff ?

La dame de 68 ans est accusée d'avoir maquillé les comptes publics en 2014 pour dissimuler aux Brésiliens l'ampleur des déficits publics. Un "mensonge" qui lui aurait permis de se faire réélire en octobre de la même année.

Qui dirige le pays maintenant ?

C'est son ancien vice-président, Michel Temer, qui a pris la suite à la tête du pays dès mercredi soir. L'homme de 75 ans assurait déjà l'intérim depuis que Dilma Rousseff avait été écartée du pouvoir. Tout aussi impopulaire qu'elle, il a prêté serment au Parlement.

Que signifie cette destitution ? 

Elle met fin à 13 ans de gouvernements de gauche dans le plus grand pays d'Amérique Latine, initiés en 2003 par Lula. Une période marquée par une conjoncture socio-économique favorable aux débuts des années 2000, pendant laquelle 29 millions de Brésiliens sont sortis de la misère, avant un retournement brutal.

  - Aucun(e)

Partager sur :