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Carles Puigdemont, président surprise pour la Catalogne

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon dimanche 10 janvier 2016 à 6:42 Mis à jour le lundi 11 janvier 2016 à 10:34

© Maxppp

Le maire de Gérone est devenu dimanche soir président de la Generalitat de Catalogne, après trois mois de tractations entre indépendantistes. Le désistement du sortant Artur Mas à son profit est inattendu.

De la mairie de Gérone au Palau de la Generalitat à Barcelone. Carles Puigdemont, 53 ans, a été investi dimanche soir président de la Catalogne. L'élu est soudainement projeté au premier plan, alors que son nom n'avait pas été cité pendant les trois mois de négociations ardues entre indépendantistes de droite et de gauche.

Sa candidature à la présidence de la Generalitat, évoquée samedi lors des ultimes heures de tractations, a le don de rassurer les militants de la CUP, la gauche radicale séparatiste, qui rejette depuis le début l'idée d'un renouvellement de la présidence du sortant Artur Mas, controversé, et critiqué pour sa politique d'austérité.

Ancien journaliste, fils de pâtissiers

Carles Puigdemont, maire de Gérone depuis 2011, est élu de la CDC (Convergence Démocratique de Catalogne), le parti conservateur d'Artur Mas. Il est député au Parlement Catalan depuis 2006.

Marié, père de deux filles, le futur président catalan est issue d'une famille de pâtissiers d'Amer, son village natal. Journaliste de profession, il a été rédacteur à El Punt Avui, un quotidien catalan, et a dirigé l'Agence Catalane de Presse (ACN) de 1999 à 2002. Il est pleinement engagé en politique depuis 2006. Indépendantiste convaincu, il est président de l'Association des municipalités catalanes pour l'indépendance.

Carles Puigdemont est polyglotte : il parle catalan, espagnol, anglais, français, et même roumain, sa femme étant d'origine roumaine.

En tant que maire de Gérone, il est venu plusieurs fois à Perpignan. Lors de sa dernière visite, en mai dernier, il regrettait une relation "a minima" entre les deux villes.

"Gérone et Perpignan sont à 80 km l'une de l'autre et pourtant les villes s'ignorent", jugeait-il dans les colonnes de L'Indépendant. Il estimait pourtant qu'il y avait des similitudes entre les deux territoires "proches linguistiquement, culturellement, socialement". Mais désormais, c'est à Barcelone que le destin de Carles Puigdemont se joue.