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Colère et inquiètude des travailleurs frontaliers après la votation suisse contre l'immigration

Par Christophe Tourné et Virginie Salanson, France Bleu Pays de Savoie mardi 11 février 2014 à 10:47

La Suisse
La Suisse © Creative commons - BKP

Ils sont près de 150.000 à vivre en France et à travailler chaque jour en Suisse. Depuis dimanche et le vote suisse en faveur d'un coup d'arrêt à l'immigration, les travailleurs frontaliers français s'inquiètent pour leur avenir professionnel.

Incrédules et en colère Les travailleurs frontaliers français ont du mal à accepter le résultat de la votation suisse de ce dimanche, qui entend limiter l'immigration de masse. Beaucoup s'inquiètent pour leur avenir professionnel, d'autres sont carrément furieux.

"Je m'attendais pas du tout à ce que la Suisse vote comme ça, je suis un peu sidérée. La Suisse sans les frontaliers et les étrangers ne s'en sortirait pas ! " s'enflamme Martine, qui travaille à l'aéroport de Genève. Comme elle, près de 145.000 Français traversent la frontière suisse chaque jour. 

On me dit "rentrez chez vous" Ce climat de défiance envers les étrangers, Aimé, 45 ans, travailleur frontalier depuis presque 10 ans, le ressent de plus en plus : "tous les jours on le voit avec certains collègues, (on nous dit) rentrez chez vous des trucs comme ça" .

Thierry Repentin, ministre des affaires européennes et élu de Savoie, tient à rassurer les 150.000 frontaliers français sur les conséquences de ce référendum : "la France regrette ce vote" mais il n'y aura pas d'implications immédiates " a-t-il ajouté, en précisant que le gouvernement suisse avait "trois ans " pour tenir compte des résultats du vote.

La Suisse veut revenir à un système de quotas. Les électeurs suisses ont dit oui dimanche, à une courte majorité de 50,3%, à une limitation de l'immigration, comme le demandait le parti UDC (droite populiste), excédé par la forte hausse du nombre des immigrés depuis l'adhésion de la Suisse à la libre-circulation dans l'Europe, appliquée depuis 2002.> Lire aussi : Limitation de l'immigration : le vote suisse, "préoccupant" ou "naturel" ?

Frontaliers ENRO

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