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Dossier : Coronavirus Covid-19

"Effet d'annonce", "course géopolitique" : que penser du vaccin russe contre le coronavirus ?

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Par , France Bleu

La Russie a affirmé ce mardi avoir développé le "premier" vaccin contre le coronavirus. C'est le président lui-même, Vladimir Poutine, qui l'a annoncé lors d'une vidéo-conférence. "Des intentions clairement politiques" et "une course géopolitique" entre les grands États, estiment les scientifiques.

La Russie a annoncé ce mardi avoir développé le "premier" vaccin contre le coronavirus (photo d'illustration).
La Russie a annoncé ce mardi avoir développé le "premier" vaccin contre le coronavirus (photo d'illustration). © Maxppp - Arnaud Journois

La Russie a annoncé ce mardi avoir développé le "premier" vaccin contre le coronavirus. C'est le président Vladimir Poutine lui-même lors d'une vidéo-conférence qui l'a affirmé, assurant qu'il donnait une "immunité durable". Mais les scientifiques, comme l'Organisation mondiale de la Santé, restent prudents. 

"Une annonce précoce"

Pour le professeur Jean-Michel Pawlotsky, virologue et chef du service biologie et pathologie à l'hôpital Henry Mondor de Créteil, ce ne sont que des effets d'annonce : "Ce sont des intentions clairement politiques de dire que la Russie est en avance sur le reste du monde", estime-t-il. "Pour le moment, on a que très peu d'informations scientifiques sur ce vaccin et ce que l'on comprend, c'est que les études les plus importantes, celles qui permettent la mise sur le marché, les études de phase 3, n'ont pas commencé, donc c'est une annonce qui me semble très précoce". 

Un point de vue identique à celui de l'Organisation mondiale de la Santé, qui dans la foulée des annonces russes a rappelé de son côté que la "pré qualification" et l'homologation d'un vaccin passaient par des procédures "rigoureuses".

Une course géopolitique au vaccin

Outre la question de l'efficacité potentielle du vaccin, la Russie est-elle capable de produire prochainement des milliers de doses de vaccins, et "plusieurs millions" dès le début de l'année prochaine ? "On voit qu'il y a trois types d'annonces", continue le professeur Pawlotsky, "annonce politique, comme celle du président Poutine, économique, qui permet de faire monter le prix des actions et puis il y a l'annonce scientifique, avec des travaux bien menés". Ce sont ces derniers, "publiés dans des revues scientifiques", qui doivent faire foi. "C'est vraiment là-dessus qu'on va pouvoir s'appuyer pour avoir des certitudes. Aujourd'hui, il faut qu'on fasse attention aux effets d'annonce précoces sans données scientifiques solides derrière pour les étayer".

L'infectiologue à l'hôpital Poincaré de Garches, Benjamin Davido, rappelle par ailleurs que cette annonce intervient dans un contexte bien particulier, "une course géopolitique entre tous les grands : les États-Unis, la Chine, l'Europe et maintenant la Russie", qui rapportera gros au vainqueur en terme d'image. Mais il est moins sceptique sur ce vaccin russe. 

"Les protocoles de sécurité ont été pour l'instant parfaitement respectés", a-t-il expliqué à franceinfo. "Les premiers vaccins candidats sont relativement efficaces avec plus de 90% d'immunité et surtout, il n'y a pas de danger pour l'instant de cette nouvelle technique de vaccination. Si on pouvait avoir un vaccin en 2021, ça serait une excellente nouvelle", conclut-il.

Janvier 2021, une échéance "prématurée"

La Russie prévoit en effet une probable mise en circulation du vaccin "le 1er janvier 2021", selon le registre national des médicaments du ministère de la Santé du pays, consulté par les agences de presse russes. C'est un peu prématuré et même "hallucinant", estime Jean-Michel Pawlotsky. "C'est un pays qui n'a pas les mêmes standards de transparence et de sécurité sanitaire que nous avons nous en Europe de l'Ouest ou aux États-Unis donc on verra bien ce qu'ils feront et comment ils avanceront". 

Mais il se veut rassurant sur le fait que "les autorités de l'Union Européenne et celles des États-Unis sont extrêmement regardantes sur la sécurité et l'efficacité d'un vaccin avant de le mettre sur le marché". Pour lui, "personne n'a envie de mettre sur le marché quelque chose qui est non-efficace et composé d'effets secondaires importants".

Les progrès c'est une chose, les miracles c'en est une autre. - Le virologue Jean-Michel Pawlotsky

Où en est-on en Europe ?

Le virologue Jean-Michel Pawlotsky met en parallèle les annonces russes avec l'état de la recherche en Europe. "On est dans les phases 1 ou 2. La phase 1 est l'administration du vaccin à des volontaires sains pour voir s'il est "safe" [sans danger, NDLR] , pour voir s'il n'induit pas d'effets secondaires majeurs, et la phase 2 est la preuve de concept, qui en général est réalisée sur un petit nombre de malade et c'est après que l'on va rentrer en phase 3. Donc nous on est plutôt en amont des phases 3 et certaines vont démarrer dans les semaines et les mois qui viennent"

Pressentant une annonce russe, d'autres scientifiques étrangers avaient exprimé leur préoccupation ces dernières semaines. Il faut effectivement rester prudent, confirme Jean-Michel Pawlostky. "Rien n'est fait, on ne sait pas encore quand on aura un vaccin, quelle sera l'efficacité de ce vaccin, quelle sera la durée de la protection, est-ce qu'il faudra se vacciner plusieurs fois ou est-ce qu'il faudra se vacciner tous les ans", précise-t-il. "Tout ça on en sait rien, il faut être extrêmement prudent, c'est une maladie que l'on ne connaît que depuis six mois. On a déjà fait énormément de progrès pendant ces six mois, mais les progrès c'est une chose, les miracles c'en est une autre"

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