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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : un Sétois confiné en Inde décrit des scènes de répression et une chasse aux étrangers

Matthias, un jeune sétois de 29 ans qui travaille dans la coopération internationale est actuellement en vacances dans la province de Goa, sur la côte indienne. Des vacances qui, avec la crise du coronavirus, ont vite tourné au cauchemar. Il était notre invité ce mercredi matin. Témoignage.

La police indienne n'hésite pas à recourir à la violence pour dissuader la population de sortir de chez elle
La police indienne n'hésite pas à recourir à la violence pour dissuader la population de sortir de chez elle © Maxppp - Maxppp

Quand la crise du coronavirus a éclaté en Inde ou il se trouvait en vacances depuis plusieurs semaines, Matthias a aussitôt décidé, faute de pouvoir rentrer en France dans l'immédiat, de rejoindre la province de Goa, sur la côte ouest du pays, croyant y retrouver un peu de sérénité. Cette province, assez cosmopolite, est en effet bien connue pour accueillir de nombreux étrangers.

Au lieu de cela, son séjour est rapidement devenu un enfer.

Ce jeune Sétois, diplômé en Science des Organisations et des Institutions, travaille dans la coopération internationale et l'aide au développement. Il raconte le traitement dont font désormais l'objet les étrangers, mais aussi la population indienne.

Matthias, dans la province de Goa
Matthias, dans la province de Goa - Matthias

"Cette dégradation des conditions d'accueil est apparue de façon très soudaine et abrupte. Et je ne m'y attendais pas du tout. 

J'avais choisi Goa parce que je sentais que l'ambiance se tendait au niveau international. Et Goa est un petit état indien très international, avec beaucoup d'étrangers. Je me suis dit que je ferais bien de m'y rendre, si jamais cela venait à dégénérer. 

Mais tout s'est dégradé très vite et je ne suis plus du tout tranquille, puisque du jour au lendemain j'ai commencé à ressentir de réelles différences de traitement de la part des gens dans la rue, des gens qui me traitaient de 'corona' à mon passage ou bien qui s'enfuyaient en me voyant. 

Plusieurs hôtels ont refusé de m'accueillir et l'un m'a carrément expulsé parce que les voisins ont protesté en bas de l'hôtel contre ma présence dans le même immeuble. Ils pensaient que j'allais contaminer les parties communes, alors que je ne suis pas malade. 

On assiste donc aujourd'hui à une espèce de psychose, qui s'est très rapidement installée. Je suis en sécurité grâce à un ami indien qui a pu m'accueillir chez lui, mais dehors, c'est vraiment extrêmement hostile."

Des étrangers se font arrêter et matraquer !,

Matthias a bien essayé de sortir de chez son ami, mais une fois dehors, il a vite renoncé.

"J'ai essayé une fois. Dès que j'ai fait quelques pas dehors, la police m'est aussitôt tombée dessus en me disant que les voisins m'avaient dénoncé. Ils avaient peur de me voir errer dans la rue et pensaient que je m'étais sans doute enfui d'un hôpital. 

Les policiers m'ont donc aussitôt raccompagné chez mon ami, en me demandant de ne plus en sortir. Quand mon hôte sort pour tenter de nous ravitailler, il me décrit des scènes terrifiantes avec des étrangers qui se font arrêter, matraquer parce qu'ils cherchent à se ravitailler eux aussi. Non seulement des étrangers, mais aussi des Indiens."

Depuis quelques jours, les chaînes de télévision françaises diffusent des images de la population indienne qui se fait matraquée en pleine rue par la police. Des scènes dont Matthias confirme la réalité.

"J'ai aussi des témoignages directs de Français qui se font tabasser parce qu'ils ont mis les pieds dehors, parce qu'ils cherchent à se ravitailler en eau et en nourriture. Parce qu'ici, les commerces ont fermé du jour au lendemain, c'est-à-dire qu'on a été pris au piège. 

Le gouvernement a pris des mesures pour enfermer les citoyens à domicile sans les prévenir. Donc, c'est une situation critique aussi bien pour les touristes, que les locaux

Les locaux qui, pour la plupart, sont évidemment en situation de pauvreté, qui n'ont pas forcément de quoi faire des provisions pour plusieurs semaines. Assez désespérés, ils essaient de chercher de la nourriture dehors, de trouver un commerce ouvert, mais très rapidement, ils se font arrêter par la police, tabasser ou ramener chez eux."

Une situation explosive

"Cette crise, c'est une grande première aussi pour ce pays, et les autorités ne sont visiblement pas prêtes à la gérer.  Il y a des milliers de gens qui se sont retrouvés coincés à des centaines de kilomètres de chez eux et qui sont en train de rentrer à pied pour rejoindre leurs familles. 

L'État d'urgence a été instauré. L'armée a été déployée depuis quelques jours dans les rues et les autorités ont déclaré qu'elle avait "carte blanche". J'ai vraiment très peur que cela aille trop loin...." 

Fort heureusement pour Matthias, cette situation ne devrait pas durer.  Dès les premiers jours du confinement, il a réussi à obtenir l'aide des services de l'ambassade de France qui de son coté, avait cartographié et recensé tous les Français coincés en Inde et à Goa. 

"À Goa, nous sommes près de 300, et l'ambassade a réussi et en quelques jours à affréter un avion spécial pour nous ramener à Paris. L'ambassade a été très disponible et très rassurante."

Si tout va bien, le jeune Sétois devrait donc être de retour en France en ce milieu de semaine.

Matthias: "La situation a dégénéré du jour au lendemain !"

Matthias a eu la main tamponnée par la police après être sorti dans la rue
Matthias a eu la main tamponnée par la police après être sorti dans la rue - Matthias
Tampon de près
Tampon de près - Matthias
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