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International DOSSIER : Grande Guerre : les commémorations de l'Anzac Day 2018 dans la Somme

Dans la Somme les descendants des soldats australiens de la Grande Guerre reviennent sur les pas de leurs ancêtres

mercredi 25 avril 2018 à 7:00 Par François Sauvestre, France Bleu Picardie

En cette année de centenaire de la Grande Guerre, France Bleu Picardie part sur les traces des soldats australiens qui ont combattu sur le front occidental et notamment dans la Somme. Certains étaient des Français ayant émigré et qui se sont engagés pour retourner se battre dans leur pays d'origine.

Pauline Georgelin sera à Villers-Bretonneux le 25 avril pour rendre hommage à Joseph, son grand-père
Pauline Georgelin sera à Villers-Bretonneux le 25 avril pour rendre hommage à Joseph, son grand-père - Photos transmises par Pauline Georgelin

Villers-Bretonneux, France

L'Australie est un jeune Etat de 117 ans composé d'une population aux origines multiples, les  aborigènes ou les colons, arrivés à partir du début du 17e siècle. Si l'émigration vers les antipodes a concerné davantage les Britanniques qui ont pris possession de l'île au nom du Royaume, des Français ont aussi tenté l'aventure

Joseph Georgelin, Français d'Australie

Au début du 20e siècle, c'est ce que fait Joseph Georgelin, un jeune breton né en 1891 à Ploeuc-sur-Lié dans les Côtes-d'Armor. Après avoir vécu un temps à Jersey pour y travailler comme jardinier, Joseph choisit, en 1913 de tenter sa chance vers une île beaucoup plus lointaine : l'Australie.

La chronique Anzac Day de France Bleu Picardie

"Il y débarque seul en 1913", raconte aujourd'hui sa petite-fille, Pauline Georgelin. Cette Australienne, chercheuse universitaire à Melbourne vit aussi en partie à Paris où elle travaille à la rédaction d'une thèse sur les Français qui ont émigré en Australie avant de revenir en France pour participer à la Grande Guerre entre 1914 et 1918.

160 Français sous les drapeaux australiens

"Selon le recensement du début du 20e siècle, il y avait à peu près 900 Français installés en Australie", détaille Pauline Georgelin. Soumis au service militaire et à la conscription, certains sont rentrés pour intégrer l'armée française. D'autres, "environ 160", selon l'universitaire ont fait le choix de s'engager volontairement sous les drapeaux de l'Australie.

Joseph Georgelin (assis à droite) avec son cousin et ses deux frères - Aucun(e)
Joseph Georgelin (assis à droite) avec son cousin et ses deux frères

C'est ce qu'a fait Joseph Georgelin en octobre 1916. Il a alors 25 ans et débarque en juin 1917 sur le front français après un passage dans un camp d'entraînement militaire en Angleterre. "Il faisait partie du 14e bataillon de l'Australian Imperial Force, mobilisé pour renforcer les effectifs après la bataille désastreuse de Bullecourt", raconte Pauline Georgelin qui a mis la main sur le carnet militaire du bataillon de son grand-père.

Dans le carnet du bataillon, on lit le plaisir des soldats de dormir sous la tente plutôt que dans les tranchées.

A partir de juin 1917, Joseph Georgelin combat donc dans le Pas-de-Calais et en Belgique. Il est blessé au front. En avril 1918, le 14e bataillon participe aux combats autour de la commune d'Hébuterne, au nord-ouest de Bapaume avant d'être envoyé un peu plus au sud, dans la Somme, sur le front de Villers-Bretonneux.

Les carnets du bataillon de Joseph Georgelin décrivent assez précisément ces jours du printemps 1918. "La nuit du 24 avril, ils étaient en route pour Villers-Bretonneux via Allonville",  détaille Pauline Georgelin. Cette même nuit de l'Anzac Day, Joseph Georgelin et ses frères d'armes campent dans une forêt toute proche de la commune. Le carnet récupéré par sa petite fille évoque "le plaisir de dormir sous la tente plutôt que dans les tranchées"

Je serai à Villers-Bretonneux à 3 heures du matin pour l'Anzac Day. A la même heure à laquelle mon grand père était à Allonville, le même jour il y a cent ans.

Grâce au carnet, Pauline Georgelin connaît les détails de la vie du bataillon. "Ils sont arrivés à 3 heures du matin à Allonville cette nuit-là". Et comme un symbole, c'est à cette même heure que la descendante se rendra mercredi prochain aux cérémonies de l'Anzac Day de Villers-Bretonneux. Pauline Georgelin considère ces hommages dans la Somme comme "un pèlerinage"

Cette nuit du 24 au 25 avril 1918, le 14e bataillon n'a pas eu le temps de célébrer la mémoire des soldats Australiens et Néo-Zélandais tués au front. "Contrairement à 1916 et 1917, l'Anzac Day 1918 n'a quasiment pas eu lieu à cause des nécessités de services", explique Pauline Georgelin. 

Joseph et ses camarades sont chargés d'assurer la relève en première ligne sur le front de Villers-Bretonneux. "Ils y sont arrivés dans la nuit du 27 au 28 avril. C'est à l'aube qu'ils découvrent la mort et la destruction après la bataille", raconte Pauline Georgelin d'après ce qui est décrit dans le carnet de bord militaire. Son grand-père a ensuite participé à plusieurs batailles, Albert, Le Hamel, Amiens.