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Des footballeurs américains posent le genou à terre pour défier Donald Trump

Par Germain Arrigoni, France Bleu Poitou et France Bleu lundi 25 septembre 2017 à 14:54

Des joueurs de l'équipe Detroit Lions avec un genou à terre dimanche
Des joueurs de l'équipe Detroit Lions avec un genou à terre dimanche © AFP - Rey Del Rio / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Après les propos de Donald Trump incitant à boycotter les équipes de football américain dont les joueurs ne respectent pas l'hymne national, des joueurs ont massivement posé un genou à terre au début des matches dimanche pour protester. Un nouveau symbole anti-Trump ?

Le bras de fer entre le football américain et Donald Trump est engagé. Le président des Etats-Unis a mis le feu au poudre vendredi soir en suggérant aux amateurs de boycotter les équipes dont les joueurs ne respectent pas l'hymne national.

"Si les fans de NFL (championnat de football américain, Ndlr) refusent d'aller aux matches jusqu'à ce que les joueurs arrêtent de manquer de respect à notre drapeau et notre pays, vous verrez rapidement un changement. Virez ou suspendez!", a ainsi tweeté dimanche le président américain, arguant que "les propriétaires (des clubs) doivent faire quelque-chose".

Genou à terre, poing levé

Dimanche, dans les 14 matches de NFL, plus de 150 joueurs ont posé un genou à terre et nombre d'entre eux se tenaient par les bras durant l'hymne américain, traditionnellement interprété avant le début de la rencontre où joueurs et public se tiennent debout, la main droite sur le coeur.

Certains joueurs noirs ont également levé le poing, imitant le geste des deux athlètes afro-américain gantés durant les jeux Olympiques de 1968.

Autre forme de protestation : lorsque l'hymne s'est fait entendre à Nashville, ni les Seattle Seahawks, ni les Tennessee Titans n'étaient présents sur le terrain. "Nous ne nous lèverons pas pour l'injustice qui a accablé les gens de cette couleur (de peau, ndlr) dans ce pays", ont affirmé les joueurs de Seattle dans un communiqué.

L'origine du genou à terre remonte à 2016

L'origine du genou à terre remonte à l'été 2016, lorsque l'ancien "quarterback" des San Francisco 49ers Colin Kaepernick l'avait effectué - et provoqué un scandale national - pour protester contre les meurtres de plusieurs Noirs abattus par des policiers blancs.

Le président Trump, élu sur un discours populiste et nationaliste, s'en était pris sans le nommer à ce joueur vendredi lors d'un meeting: "Est-ce que vous n'aimeriez pas voir un de ces propriétaires (d'équipe) de NFL dire, quand quelqu'un manque de respect à notre drapeau, +sortez-moi ce fils de pute du terrain, il est viré, viré!+".

Nouveau symbole anti-Trump ?

Dimanche, avant de monter à bord d'Air force one, dimanche soir dans le New Jersey pour revenir à Washington, Donald Trump a réitéré que ces marques de protestation étaient "irrespectueuses". Et d'ajouter : "Nous avons un grand pays. Nous avons un grand peuple qui représente notre pays, spécialement nos soldats et nos premiers intervenants. Ils doivent être traités avec respect", a-t-il dit à des journalistes.

Donald Trump s'en était pris samedi au basket, en retirant l'invitation à la Maison Blanche à Stephen Curry, le meneur de l'équipe de NBA des Golden State Warriors vainqueur du dernier championnat, qui avait exprimé sa défiance à l'égard de la nouvelle administration.

Et la polémique semble avoir créé un effet boule de neige, le geste polémique s'étant propagé samedi soir au baseball, avec le premier joueur de la ligue professionnelle, Bruce Maxwell des Oakland Athletics, à s'agenouiller durant l'hymne. La star de l'athlétisme Allyson Felix a apporté son soutien au mouvement. "Reconnaissante à tous ceux qui s'expriment à ce moment-charnière. Trop c'est trop. Nous avons le pouvoir de créer le changement", a-t-elle écrit sur Twitter.

Au-delà des frontières du sport, Stevie Wonder a lui aussi posé un genou à terre durant un concert samedi soir à New York. Signe que le geste pourrait devenir un symbole anti-Trump.