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Syriza remporte les élections législatives anticipées en Grèce

Par Camille Magnard, France Bleu dimanche 20 septembre 2015 à 18:48

Alexis Tsipras
Alexis Tsipras © Max PPP - Pacific Press

On le disait contesté par l'aile gauche de son parti Syriza, après les concessions faites à Bruxelles cet été. Le Grec Alexis Tsipras remporte d'une courte tête les élections législatives anticipées qu'il avait lui-même déclenché avec la démission de son gouvernement.

Le pari était risqué pour Alexis Tsipras, mais c'était sans doute pour lui la seule manière de conserver le pouvoir: démissionner en pleine tourmente en Août et convoquer des élections législatives anticipées ce 20 Septembre. La prise de risque semble avoir payé: les premiers résultats officiels donnent son parti de gauche radicale Syriza vainqueur ce dimanche soir, avec au moins sept points d'avance sur** la droite conservatrice Nouvelle démocratie**. Syriza récolte 35% des votes et devrait obtenir 145 sièges sur 300 au Parlement.

Aube dorée arrive en 3e position

Dans ce contexte politique très troublé en Grèce, après un été marqué par les très âpres négociations avec les créanciers du pays pour obtenir un troisième plan d'aide financière, Alexis Tsipras limite la casse, lui qui est très contesté par l'aile gauche de son propre camp. on lui reproche d'avoir accepté des conditions beaucoup trop dures, un plan de réforme économiques marqué du sceau d'une nouvelle austérité inacceptable pour ces dissidents qui se sont réunis dans un nouveau parti, Unité populaire. Ce dernier obtiendrait entre 2,5 et 3,5% des voix, ce qui pourrait lui permettre d'entrée au Parlement grec, la Vouli.

L'extrême-droite  d'Aube dorée, elle, arrive en troisième place du scrutin, autour de 6,5% des votes pour la formation clairement néo-nazie. Cette dernière a profité du débat sur l'arrivée de milliers de réfugiés sur les îles et les côtes grecques ces dernières semaines.

Coalition reconduite

Pour Alexis Tsipras, le défi à présent va être de rassembler la coalition dont il va avoir besoin pour pouvoir gouverner. Pendant la campagne, il a refusé l'idée d'une union nationale par-delà les clivages politiques, proposée par le leader de Nouvelle Démocratie Vangélis Meïmarakis. On pensait qu'il irait chercher des alliés du côté des centristes de To Potami (environ 5,5% des voix) et les socialistes du Pasok (7%). Ces deux partis avaient soutenu le Premier ministre cet été au moment d'accepter le plan d'aide imposé par les créanciers de la Grèce. Mais finalement dans la soirée Tsipras a annoncé qu'il va reformer la même coalition que celle qui composait son précédent gouvernement, avec les souverainistes des Grecs Indépendants.

Ce scrutin législatif a aussi été marqué par une forte absention, environ 40% des électeurs grecs n'y ont pas participé.