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International

Deux Mayennais traversent le détroit de Gibraltar en kayak pour alerter sur le sort des migrants

samedi 2 septembre 2017 à 5:00 Par Charlotte Coutard, France Bleu Mayenne et France Bleu

Romain Chaupitre et Fanny Pirotais, deux salariés de la communauté Emmaüs de la Mayenne, participent avec une cinquantaine d'autres personnes à une traversée du détroit de Gibraltar à la nage ou en canoë kayak. Objectif : sensibiliser les autorités et l'opinion publique à la question des migrants.

Romain Chaupitre et Fanny Pirotais vont traverser le détroit de Gibraltar en canoë kayak.
Romain Chaupitre et Fanny Pirotais vont traverser le détroit de Gibraltar en canoë kayak. © Radio France - Charlotte Coutard

Laval, France

"Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État". Voici l'Article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Un article qui n'est pas respecté dans la gestion actuelle de la crise des migrants selon Emmaüs. Une expédition baptisée Article 13, organisée par l'association, part donc ce dimanche 3 septembre, pour demander le respect de cet article, et sensibiliser les autorités et l'opinion publique à la question des migrants.

Seize kilomètres en canoë kayak ou à la nage

Une centaine de personnes, bénévoles et salariés d'Emmaüs, partent ce dimanche direction Tarifa, au sud de l'Espagne. Quarante-deux traverseront le détroit de Gibraltar en canoë kayak, huit le feront à la nage le jeudi 7 septembre, les autres s'occuperont de l'organisation et resteront à Tarifa. La traversée prendra environ 6 heures pour 16 kilomètres jusqu'au Maroc. Les participants n'ont pas de visa en règle, ils ne savent donc pas comment ils seront accueillis sur les plages marocaines.

Parmi les kayakistes, deux Mayennais, Romain Chaupitre et Fanny Pirotais, salariés d'Emmaüs en Mayenne, qui se préparent depuis près d'un an toutes les semaines pour cette expédition. Ils ont enchaîné les kilomètres, d'abord sur la Mayenne, puis en pleine mer, dans le Golfe du Morbihan. Une préparation très physique, mais nécessaire selon Romain Chaupitre, directeur adjoint d’Emmaüs en Mayenne : "Certains pensaient partir en balade, à l'aventure, et se sont très vite rendus compte que la condition physique devait être au moins bonne pour prétendre à faire la traversée".

Romain Chaupitre et Fanny Pirotais, salariés d'Emmaüs en Mayenne. - Radio France
Romain Chaupitre et Fanny Pirotais, salariés d'Emmaüs en Mayenne. © Radio France - Charlotte Coutard

Car cette expédition de 16 kilomètres, d'environ 6 heures en pleine mer, ne sera pas une partie de plaisir. "Dans le détroit de Gibraltar, la Méditerranée rencontre l'Atlantique, il y a des courants très importants, et un vent qui sera probablement au rendez-vous, d'autant plus que c'est l'un des endroits au monde où il y a le plus de trafic maritime", ajoute Romain Chaupitre. "C'est peut-être le chemin le plus court, mais c'est l'un des endroits les plus dangereux au monde"'.

Plus de 4000 migrants morts en Méditerranée en 2016

Des migrants qui ont risqué leur vie en Méditerranée, dans le détroit de Gibraltar ou ailleurs, Fanny Pirotais, coordinatrice Réemploi, en a rencontré à la communauté Emmaüs de la Mayenne. C'est pour eux qu'elle va monter dans ce canoë, pour tenter d'alerter sur leur sort. "Ils n'ont pas le choix en fait, ils ne partent pas par plaisir. On voit ce qui se passe, on ne peut pas être dans le déni aujourd'hui, ce n'est pas possible. Il y a une urgence. Les témoignages concrets sur les détails de comment se passent ces traversées, en tant qu'humain on ne peut pas laisser faire ça. C'est dans nos tripes, c'est dans notre cœur, c'est dans notre tête, c'est viscéral", lance Fanny Pirotais, prête à tout pour défendre cette cause.

"On ne peut pas être dans le déni aujourd'hui, il y a une urgence. En tant qu'humain, on ne peut pas laisser faire ça !" - Fanny Pirotais.

Romain Chaupitre estime également que les migrants "ne migrent pas par choix, ils ne se déracinent pas par choix. Ils ne laissent pas leur femme, leurs enfants, leur famille à des milliers de kilomètres par choix. C'est un déchirement, ils le font parce qu'ils n'ont pas d'autres solutions."

50 salariés et bénévoles d'Emmaüs vont traverser le détroit de Gibraltar. - Radio France
50 salariés et bénévoles d'Emmaüs vont traverser le détroit de Gibraltar. © Radio France - Charlotte Coutard

Il demande la mise en place de "politiques d'accueil un peu dignes". Selon lui, en 6 ans, le budget de l'agence qui gère les politiques migratoires en Europe, est passé de 86 millions d'euros en 2010 à 286 millions d'euros en 2016. "C'est un budget qui est exponentiel, et qui sert à construire des murs, des centres de rétentions, et à priver les gens d'une certaines dignité. Nous on est persuadé que face à la pression de la vie, aucun barbelé, aucun mur ne pourra retenir le passage. Quand on est poursuivi par des situations dramatiques, voire la mort, on n'a pas d'autres choix que de pousser les murs, passer en dessous ou traverser des océans".

"Quand on est poursuivi par la mort, on n'a pas d'autres choix que de traverser des océans" - Romain Chaupitre.

L'année dernière en 2016, plus de 4000 morts sont morts lors de leur traversée de la Méditerranée.