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"Nous étions devenus des pestiférés" : la douloureuse fermeture des frontières entre la France et l'Allemagne

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu

Si la réouverture des frontières est accueillie avec joie des deux côtés du Rhin, la fermeture de trois mois laisse un goût amer pour certains Alsaciens. Une rancœur due à la stigmatisation qu'ils ont subie par les Allemands.

La frontière franco-allemande sur le point de rouvrir avec un sentiment de rancœur chez certains alsaciens
La frontière franco-allemande sur le point de rouvrir avec un sentiment de rancœur chez certains alsaciens © Maxppp - Darek SZUSTER

Beaucoup d'Alsaciens attendent avec impatience la réouverture des frontières allemandes, prévue dans la nuit du dimanche au lundi 15 juin, pour aller faire leurs achats outre-Rhin. Alain de Colmar est lui loin d'être pressé. Pour ce travailleur transfrontalier, l'attitude de certains Allemands pendant le confinement ne passe toujours pas

Des Alsaciens pris pour cible

"Du jour au lendemain, on était des pestiférés", lâche Alain de Colmar. Depuis 20 ans, ce monteur dans l'industrie mécanique passe quotidiennement la frontière franco-allemande pour se rendre à Offenbourg, à 30 minutes de Strasbourg. Un trajet pendulaire qui est devenu de moins en moins agréable avec la fermeture des frontières à la mi-mars : "Quand on faisait le plein en Allemagne, au retour du travail, il y avait des gens qui téléphonaient à la police pour dire : "Il y a des alsaciens". 

Alain de Colmar, travailleur transfrontalier ne pardonne pas l'attitude des Allemands

Un climat hostile qui l'a poursuivi jusqu'à son travail. "Des collègues me demandaient pourquoi je revenais travailler alors que ça fait des années qu'on travaille ensemble", décrit Alain de Colmar.

Crispation à Scheibenhard

Il n'est pas le seul à avoir connu cette stigmatisation pendant la crise du coronavirus. A Scheibenhard, commune traversée par la frontière dans le nord du Bas-Rhin, Gérard, retraité, n’a lui toujours pas digéré le regard des Allemands sur les Français : "Les Alsaciens qui allaient en Allemagne se faisaient traiter : reste chez toi dans le coronaland". 

Il y a des gens à qui on a rayé la voiture parce qu'ils étaient Français. - Gérard Helffrich, maire de Scheibenhard

Malgré ces tensions les deux maires de la commune, Allemand et Français, espèrent que leur village retrouve son unité d’avant avec la réouverture de la frontière. Mais Gérard Helffrich, maire de Scheibenhard, en est convaincu : cette séparation laissera des traces dans la mémoire des habitants. 

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