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VIDEOS - Élection de Donald Trump : l'extrême-droite, seule à se réjouir en France

Par Thibaut Lehut et Ludovic Pauchant, France Bleu mercredi 9 novembre 2016 à 10:02 Mis à jour le mercredi 9 novembre 2016 à 17:14

 Réactions politiques en France.
Réactions politiques en France. © Maxppp -

Donald Trump a remporté ce mercredi l'élection présidentielle américaine, renversant la tendance qui donnait Hillary Clinton favorite. Des félicitations de Marine Le Pen à l'inquiétude du ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault : découvrez les réactions que suscite l'élection en France.

Le républicain Donald Trump a remporté l'élection présidentielle américaine ce mercredi. Il l'a emporté sur la démocrate Hillary Clinton qui espérait devenir la première femme présidente des Etats-Unis. Une victoire qui entraîne de nombreuses réactions, notamment en France.

Service minimum pour François Hollande

François Hollande a très sobrement félicité Donald Trump pour sa victoire en fin de matinée, "comme il est naturel entre deux chefs d'Etats démocratiques". Dans une allocution très courte, le président de la République a évoqué la "période d'incertitude" qui s'ouvre, a appelé l'Europe à rester unie et estimé qu'il fallait trouver "les réponses capables de dépasser les peurs tout en respectant nos principes". Il en a profité au passage pour manifester "une pensée pour Hillary Clinton", et rappelé que "les Etats-Unis constituent un partenaire de tout premier plan".

Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a de son côté estimé que "beaucoup de questions" se posaient suite à la victoire de Donald Trump, s'inquiétant notamment de l'avenir de l'accord de Paris sur le climat ou de l'accord sur le nucléaire iranien. "Il va falloir essayer de savoir ce que veut faire ce nouveau président".

"Ce qu'il a dit jusqu'à présent provoque bien des inquiétudes", a ajouté le ministre sur France 2, tout en assurant que la France, "alliée des Etats-Unis", continuerait à travailler avec son partenaire américain. Autre ministre à réagir : Ségolène Royal. La ministre de l'Ecologie a appelé à la "vigilance" pour que l'accord de Paris conclu au terme de la Cop 21 ne soit pas remis en cause. C'était en effet l'une des promesses de Donald Trump, qui a plusieurs fois remis en cause les effets du dérèglement climatique.

Dominique de Villepin, ex-ministre des Affaires Etrangères, a lui aussi souligné sur Europe 1 "la période d'incertitude" qui s'ouvre, en déplorant le fait que "nous avons joué avec les colères et les peurs" durant la campagne.

Marine Le Pen, première en France à féliciter Trump

Plus tôt dans la matinée, Marine Le Pen s'est fendue de la première réaction officielle : la présidente du Front national Marine Le Pen a ainsi adressé ce mercredi matin sur Twitter ses "félicitations au nouveau président des Etats-Unis Donald Trump et au peuple américain, libre" .

Les élus frontistes ont d'ailleurs été prompts à réagir dans son sillage, à l'image de Florian Philippot ou Fabien Engelmann, maire de Hayange (Moselle).

Le spectre d'une transposition en France

Manifeste dans les réactions des responsables frontistes, l'hypothèse d'une transposition de la victoire d'un candidat populiste en France était présente également dans bon nombre de déclarations à droite et à gauche. "La Gauche est prévenue! Continuons nos enfantillages irresponsables et ça sera Marine Le Pen", a notamment écrit sur Twitter le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis.

Même son de cloche du côté de Jean-Pierre Raffarin, invité de RTL. "La grande leçon du Brexit et de Trump, c'est que Marine Le Pen peut gagner en France", a estimé l'ancien Premier ministre. Nicolas Sarkozy a de son côté considéré que l'élection de Donald Trump exprimait "le refus d'une pensée unique". "Il appartient maintenant au nouveau président des Etats-Unis d'apporter aux attentes immenses qui se sont exprimées des réponses crédibles, et qui soient fidèles aux idéaux de la grande démocratie américaine, conformes à la place qu'est celle des Etats-Unis d'Amérique", a ajouté l'ex-chef de l'Etat.

Alain Juppé a profité de l'occasion pour faire une allusion à Nicolas Sarkozy, son principal adversaire dans la primaire à droite. "Je ne veux pas que la France s'engage dans la voie de l'extrémisme et de la démagogie. Je ne veux pas que l'avenir ce soit le Front national et tous ceux qui sont à la remorque de ses idées", a-t-il déclaré.