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International

Élection présidentielle en Algérie : pourquoi la situation est explosive ?

vendredi 1 mars 2019 à 17:25 - Mis à jour le samedi 2 mars 2019 à 8:15 Par Raphaël Cann, France Bleu

Plusieurs dizaines de milliers d'Algériens ont défilé dans la capitale ce vendredi pour protester contre un 5ème mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Il est à la tête du pays depuis 20 ans et son état de santé inquiète. Cette crise dure depuis plusieurs semaines.

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé à Alger
Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé à Alger © Maxppp - Billel Bensalem

Les rues d'Alger se sont remplies de plusieurs dizaines de milliers d'Algériens pour protester contre un 5ème mandat du président Abdelaziz Bouteflika à 48h de la date butoir de dépôt de candidatures. Les précédentes manifestations se sont déroulées relativement dans le calme, mais ce vendredi les policiers ont dû faire face à des débordements, certains manifestants forçant des barrages pour se rapprocher du palais du gouvernement. 

Un mort ce vendredi

Des grenades lacrymogènes ont été tirées pour disperser la foule amassée devant le bâtiment, ainsi que sur la place du 1er Mai en début d'après-midi. Des affrontements entre policiers et groupes de jeunes ont eu lieu en marge des manifestations.

Un homme est décédé. Il s'agit d'un fils de Benyoucef Bekhedda, président du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), le bras politique du Front de libération nationale (FLN) pendant la guerre d’indépendance de l’Algérie. Au moins une dizaine de personnes ont été blessées. 

Parmi les cris dans le cortège : "Le peuple veut la chute du régime", "On ne va pas s'arrêter", ou encore "Non au 5ème mandat." Cette mobilisation s'est déroulée au même moment dans plusieurs villes du pays comme Oran, Tizi-Ouzou, Bouira et Sétif selon la presse locale.

Un ras-le-bol contre le président

Ce mouvement de contestation contre le gouvernement a débuté le 10 février. Ce jour-là, le chef de l'État, Abdelaziz Bouteflika, annonce sa candidature à la présidentielle du 18 avril.  Ce serait le 5ème mandat pour cet octogénaire à la tête du pays depuis 20 ans.

Rapidement, les critiques affluent. Malgré un système de suffrage universel et direct, le caractère démocratique de ces élections est contesté. Abdelaziz Bouteflika n'est pas le seul candidat à cette élection, mais ses dernières réélections ont été marquées par des scores écrasants : 81% en 2014 et 90% en 2009. Une révision de la constitution en 2016 instaure une limite de deux mandats consécutifs, mais cette réforme n'entrera en vigueur qu'en 2024, pour la prochaine élection.

Un fantôme à la tête de l'Etat ?

Les capacités du président algérien à gouverner sont aussi remises en question. Victime d'un AVC en 2013, Abdelaziz Bouteflika n'apparaît presque plus en public. Quand c'est le cas, l'homme de 82 ans est affaibli et ne quitte pas son fauteuil roulant. Ses opposants le décrient comme un homme de paille et soupçonnent son "clan" de tirer les ficelles. 

Le président Abdelaziz Bouteflika lors d'élections locales à Alger en 2017 - Maxppp
Le président Abdelaziz Bouteflika lors d'élections locales à Alger en 2017 © Maxppp - Bensalem

La stabilité de l'Algérie inquiète Paris

Le régime Bouteflika a survécu à la vague des printemps arabes en 2011 qui a balayée plusieurs régimes dans la région, mais la patience des Algériens semblent être à bout. Ce mouvement de colère contre le président se veut pacifique. Les habitants du pays sont nombreux à ne pas avoir oublié la guerre civile, la "décennie noire" entre 1991 et 2002, où de nombreux Algériens ont péri dans des attentats.

Les diplomates français suivent la situation de près. Ce pays est un partenaire de la France dans de nombreux domaines comme l'énergie :  le gaz algérien représente 10% des importations françaises. Les échanges commerciaux entre les deux pays pèsent près de 5 milliards d'euros et sur le plan militaire Alger a un rôle crucial en Méditerranée. La Libye voisine ayant sombré dans le chaos, l'Algérie est la gardienne des portes du Sahara où l'armée française combat Al-Qaïda.