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Dossier : Élections américaines 2020

Élections américaines : les clés du scrutin du 3 novembre

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Si, à trois jours de l'élection présidentielle américaine, la plupart des sondages donnent Joe Biden gagnant face à Donald Trump, plusieurs incertitudes pèsent sur le scrutin du 3 novembre. Décryptage.

Donald Trump face à Joe Biden
Donald Trump face à Joe Biden © AFP - JIM WATSON, SAUL LOEB

Il y a quatre ans, les sondages annonçaient une victoire écrasante de la candidate démocrate Hillary Clinton face au républicain Donald Trump. Et le magnat de l'immobilier conservateur l'avait emporté, à la surprise générale. Depuis, les instituts ont revu leurs méthodes d'enquête et avancent avec prudence. S'ils prédisent quasi unanimement une victoire de Joe Biden, plusieurs inconnues de taille planent sur le scrutin.

Vote populaire VS collège électoral

Le vote populaire importe peu dans l'élection présidentielle américaine. En effet, le président peut être élu avec moins de voix que son adversaire. Ce fut le cas de Donald Trump en 2016 (avec trois millions de voix de moins qu'Hillary Clinton), ou de George W. Bush en 2000 (avec 500.000 voix de moins qu'Al Gore). Les électeurs donnent leurs voix à des grands électeurs, dont le nombre diffère d'État en État selon leur densité de population, et qui à leur tour élisent le président des États-Unis. Le candidat arrivé en tête dans un État y récolte toutes les voix des grands électeurs. Au total, 538 grands électeurs font partie du collège électoral et il faut au moins 270 de leurs votes pour être élu président. 

Les États clés

Les États les plus peuplés ayant le poids électoral le plus important, l'élection se jouera dans une dizaine de gros États, qui peuvent faire basculer le scrutin. Ces "swing states" sont scrutés à la loupe depuis plusieurs semaines et le seront encore plus dans la nuit du 3 au 4 novembre. 

Donald Trump ne peut pas se permettre de perdre la Floride (29 grands électeurs), qui compte une large communauté d'origine cubaine et de très nombreux retraités, deux groupes traditionnellement conservateurs. Mais les séniors ont été les plus touchés par la pandémie de Covid-19, qui a déjà fait près de 230.000 morts dans le pays. Ils pourraient faire payer à l'actuel locataire de la Maison blanche sa catastrophique gestion de la crise sanitaire. En Pennsylvanie (20 grands électeurs), traditionnellement démocrate, Donald Trump l'avait emporté de justesse en 2016, mais depuis, la crise économique a durement frappé cet État et le démocrate Joe Biden pourrait en tirer profit. Le Texas (38 grands électeurs), fief républicain, a vu depuis plusieurs années sa population changer avec l'arrivée de jeunes diplômés urbains, électorat prisé des démocrates. L'Ohio (18 grands électeurs) et sa démographie diverse est tous les quatre ans considéré comme "l'État oracle" car le candidat qui y arrive en tête est toujours assuré de s'assoir dans le Bureau ovale. Parmi les autres "swing states", l'Arizona, la Caroline du Nord, la Géorgie, l'Iowa, le Michigan ou le Wisconsin.

L'explosion du vote anticipé

Le vote anticipé bat des records cette année aux États-Unis : à ce jour, plus de 68 millions d'électeurs ont déjà voté, par correspondance pour la plupart ou en personne. Mais cette donnée reste difficile à analyser : les électeurs ont-ils voté en avance pour se protéger du coronavirus ou se sont-ils davantage mobilisés ? Et que dire de la forte présence des jeunes parmi ces "early voters" ? Feront-ils pencher la balance dans le camp de Joe Biden ? 

Les suffrages par correspondance restent possibles jusqu'au jour-même de l'élection et leur décompte est généralement plus long que celui des suffrages exprimés dans les bureaux de vote. Avec ce boom des votes anticipés, le décompte durera t-il des jours ou des semaines après le 3 novembre ? Tous les bulletins seront-ils pris en compte ? Depuis plusieurs mois, Donald Trump répète, sans preuve tangible, que le vote par correspondance risque de mener à des "fraudes d'une ampleur inédite". Utilisera t-il cet argument pour s'opposer à un résultat qui lui serait défavorable ?

Un pays fracturé

Jamais depuis les années 1960, le pays n’a été aussi divisé. L'élection présidentielle 2020 se tient dans un contexte de tensions extrêmes, avec un président provocateur et populiste qui monte les Américains les uns contre les autres. Première division, celle entre les villes et les campagnes, avec un monde rural majoritairement pro-Trump et des zones urbaines plutôt pro-Biden. Deuxième division, celle entre communautés. Les afro-américains et les latinos soutiennent en majorité Joe Biden, et davantage depuis la montée en puissance du mouvement Black Lives Matter ou l'opposition au projet présidentiel de construction d'un mur anti-immigrants à la frontière mexicaine. La crise sanitaire a encore exacerbé les tensions, entre les pro-science et les adeptes des théories du complot, les pro et les anti-masques, les pauvres sans couverture maladie et les riches bénéficiaires de mutuelles privées.

Et le président souffle en permanence sur les braises, principalement par la voie de son compte Twitter, en mentant effrontément, en alimentant la méfiance envers les médias et les scientifiques, en méprisant les victimes de violences policières, en diabolisant tous ses adversaires, ou encore en apportant son soutien aux positions et groupuscules extrêmes. 

Une stratégie de la peur et de la haine qui pourrait se retourner contre lui le 3 novembre. Dans le cas contraire, ou dans l'option d'un résultat serré, plusieurs analystes craignent des explosions de violence dans le pays. Les armureries enregistrent d’ailleurs une augmentation de leurs ventes ces derniers jours. De son côté, la chaîne de supermarchés Walmart a décidé jeudi de retirer toutes les armes à feu et les munitions de ses rayons, justement par crainte de troubles à l’ordre public.

Présidentielle aux États-Unis : que disent les derniers sondages ?
Présidentielle aux États-Unis : que disent les derniers sondages ? © Visactu
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